Le mercredi 17 février dernier, les spectateurs du centre Wallonie Bruxelles de Kinshasa ont assisté à un ‘’match d’improvisation’’. Celui-ci avait opposé deux groupes d’acteurs qui improvisaient des paroles et des signes sur un thème choisi spontanément sur le podium.

La première équipe s’appelait Lions (habillée en rouge) et la deuxième, Taureaux (en bleu). Ces deux dernières ont été composées de six joueurs (acteurs ou joueurs) chacune, qui devraient s’improviser, avec des paroles ou des signes selon la catégorie et le thème choisi par l’arbitre et ses deux assistants. Et c’est le public qui était le dernier à se prononcer pour apprécier la prestation de l’une ou de l’autre équipe. Le vote se faisait au moyen d’un bulletin rouge (pour Lions) ou blanc (pour taureaux).

Devant un public peu nombreux, timide et attentif, cet événement a eu lieu grâce à la collaboration entre le centre Wallonie Bruxelles et la fédération congolaise d’improvisation qui a son siège dans la commune de Ndjili.

Les joueurs ont eu à inventer des paroles sur place, suivant les thèmes ci après : la politesse, faisons la paix, la bombe, l’oreille du sourd, l’eau dans le cinquantenaire de la Rdc, la patrouille, l’ingratitude en riant,… L’objectif poursuivi par ce genre de spectacle est d’apprendre aux peuples congolais le sens de l’improvisation dans la vie quotidienne. Ce spectacle a eu comme particularité, la participation de Mme Véronique Hocq, une joueuse professionnelle évoluant en Belgique, mais pour cette soirée, elle a été aux côtés des joueurs kinois.

Pour ces derniers, le match d’improvisation c’est une autre façon de faire du théâtre en sortant du train  habituel. Cet exercice ne se limite pas seulement sur la scène ; il peut aussi faire une affaire familiale. Parlant de signes, il sied de noter que, dans le choix du thème dans certaines catégories, il a été demandé aux joueurs de prester sur la scène en improvisant avec seulement des signes (mimique, onomatopées, gestes, danses) sans paroles. C’est-à-dire, ces artistes devraient recourir à la sémiologie : une étude des signes du langage humain.

Ces exercices artistiques permettent aussi aux acteurs comédiens de se surpasser. Plus encore, d’aller au delà de leurs forces sur la scène théâtrale en cas d’oubli ou de tâtonnement. Il faut signaler que, la Fédération congolaise d’improvisation a maintenant neuf équipes qui sont éparpillées et à pied d’œuvre dans la capitale congolaise. Et ce, pour apprendre aux congolais cette nouvelle façon de jouer sur la scène du théâtre.

Le match d’improvisation mérite un soutien énorme pour sa vulgarisation pour que même les congolais habitant les coins les plus reculés entrent en contact avec cette notion combien significative. Une chose est malheureusement vraie : plusieurs spectacles du genre ne se limitent qu’au centre ville de Kinshasa. Et pourtant, même la population la moins instruite a besoin  d’apprendre, de se divertir et même s’informer. Alors, une tournée ne fût-ce que dans toutes les communes de la capitale serait intéressante.

Onassis Mutombo/l’Avenir


(BT/TH)