Le choix judicieux des personnes a beaucoup joué dans la décision du président de la République pour procéder au remaniement du gouvernement et de son cabinet. Ce qui explique ce temps mis pour rendre effectif ce remaniement depuis l’annonce faite par le chef de l’Etat, dans une interview accordée à la presse belge en juin 2009. Interview portant sur ce remaniement, mais également sur le « choix de ses collaborateurs » pour l’accompagner dans sa lourde tâche de la refondation de la République démocratique du Congo. Pierre Lumbi, le nouveau Conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité est aujourd’hui considéré comme l’un de ces « rares 15 collaborateurs » recherchés par le chef de l’Etat pour faire partie de son pré-carré. Son poste est hautement stratégique, car il constitue la pierre angulaire de toutes les actions du président de la République et des institutions nationales.

Le dernier remaniement du gouvernement et du cabinet du chef de l’Etat a été caractérisé par le choix des personnes. L’on se rappellera que dans une interview accordée l’année dernière à un journal belge, le président de la République, Joseph Kabila Kabange, avait mis un accent particulier sur l’immensité de ses fonctions face aux attentes du peuple. A ce sujet, il avait affirmé qu’il ne ménageait aucun effort pour rencontrer les préoccupations des populations congolaises. Aussi, s’apprêtait-il à s’entourer des collaborateurs engagés, déterminés, convaincus de leurs convictions politiques pour l’accompagner dans sa mission. Dans un langage imagé, il avait alors fait allusion à « 15 collaborateurs », un noyau qui ne serait rien d’autre que la pierre angulaire, le fondement de toutes ses actions et celles des institutions nationales.

Le dernier remaniement ne fait que traduire cette volonté de changement et constitue à coup sûr ce signal tant attendu dans le choix des collaborateurs du chef de l’Etat. Des collaborateurs désignés à des postes clés. Mieux, à des postes stratégiques dans cette perspective de se doter de nouvelles stratégies de gouvernance pour relever les défis du 21ème siècle.
 
Pierre Lumbi occupe désormais l’un de ces postes stratégiques : conseiller spécial en matière de sécurité. Ancien ministre des Infrastructures, des Travaux publics et de la Reconstruction, un autre poste-clé qui sous-tend toutes les actions d’un développement durable, de la reconstruction nationale, Pierre Lumbi devient ainsi le centre de gravité de toutes les actions portant sur la sécurité politique, la sécurité économique, la sécurité sociale, la sécurité sécuritaire au plan de la protection et de la défense de l’intégrité territoriale en vue de préserver les attributs et les acquis de l’indépendance et de la souveraineté nationale.

Nouvelle feuille de route

Comme on peut déjà le constater, la tâche est immense. Et face à certaines échéances politiques immédiates, c’est à des travaux d’Hercule que le nouveau conseiller spécial du chef de l’Etat est appelé à s’adonner. Il s’agit pour lui de s’appuyer sur son intelligence doublé d’un esprit pointilleux à toutes les épreuves pour doter le chef de l’Etat d’une nouvelle feuille de route tant sur le plan politique, économique, social que sécuritaire.

Politique parce qu’il faut déjà préparer les prochaines élections générales et procéder à l’ouverture diplomatique. Economique dans la mesure où il faudra à tout prix atteindre le point d’achèvement, stabiliser le cadre macro-économique, poursuivre le programme de la reconstruction nationale et de la réalisation des 5 chantiers de la République par l’accélération de la croissance économique. Social pour autant que le président de la République a confié les missions suivantes au gouvernement : consolider les acquis dans le domaine de la paix, de la restauration et l’affirmation de l’autorité de l’Etat, améliorer le social des populations.
 
Sécuritaire, car il faut une vigilance tous azimuts qui repose sur une vraie politique de sécurité nationale. Il faut par conséquent tirer les leçons utiles de dernières guerres d’agression contre la RDC.
 
L’élaboration de nouvelles stratégies s’impose dans ces différents secteurs afin de gouverner autrement. Elles sont même une priorité. Plus que jamais, il faudra faire appel à ces valeurs de génie créateur, à ces réflexes prompts dans cet élan de donner une nouvelle impulsion tant à l’action du chef de l’Etat qu’à celles de toutes les institutions nationales.

Colombes et faucons de l'AMP

Outre ces objectifs qu’il faudra à tout prix atteindre, il y a lieu de reconnaître que le nouveau conseiller spécial du chef de l’Etat a un autre défi à relever. Il lui revient de savoir qu’il est aujourd’hui placé entre les Colombes et les Faucons de l’Alliance de la majorité présidentielle.

Au fait, ce poste de conseiller spécial du chef de l’Etat n’est pas du tout une partie de plaisir. Bien au contraire qu’il est très sensible. Car il faut avoir cette capacité à gérer les humeurs, à proposer des alternatives crédibles et réalisables à court, moyen et long termes au président de la République pour anticiper certaines actions. Cela ne se passe pas sans s’attirer des ennuis.

Certes, Pierre Lumbi n’est pas né de la dernière pluie. On dit de lui qu’il est un « grand stratège » depuis l’époque de la Conférence nationale souveraine (CNS). C’est lui la tête pensante de la grande Société civile apolitique et qui était à la base de l’organisation de la Marche pacifique du 16 février, réprimée dans le sang par la soldatesque de Mobutu.
 
Il a été l’adjoint de feu le professeur Samba Kaputo, alors conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité. A la tête du méga ministère des Infrastructures, des Travaux publics et de la Reconstruction, il a joué avec efficacité le rôle de cheville ouvrière des 5 chantiers, aujourd’hui une réalité. C’est donc la personne à toute épreuve, l’homme des défis. Un vieux singe à qui l’on n’apprend pas à faire des grimaces.
 
Mais les derniers développements des actions au sein de l’AMP sont révélateurs qu’aucune surprise désagréable n’est à écarter. Ils prouvent à suffisance que Pierre Lumbi pourrait être l’objet de crocs -en -jambe, et trouvera toujours en face de lui des personnes dont la zizanie est une seconde nature, clientélisme oblige. Partant, les faucons et les colombes de l’AMP s’adonneront, à la première opportunité, à leur « guerre de clans » pour s’attirer de la sympathie de l’Autorité morale de l’AMP.
 
Et pourtant, aujourd’hui plus que jamais, Pierre Lumbi a besoin de sérénité, d’un environnement sain où chaque partenaire, chaque collaborateur du chef de l’Etat devra apporter une contribution positive. Car il faut qu’on se le dise. Les défis à relever sont grands et nombreux. La tâche est immense.

Le Potentiel


(Ern/DN/PKF)