L’amphithéâtre de l’Isp/Gombe a été archicomble le samedi 20 février 2010  à la suite de l’assemblée générale de la Société civile Congo (Socico). Toutes les forces vives de la société civile ont répondu présents a cette grandiose activité, sous la houlette de l’honorable député Modeste Bahati Lukwebo, président de la Socico. Cette rencontre a permis à cette plate-forme d’analyser la situation globale du pays surtout en cette année du cinquantenaire de l’indépendance.

D’entrée de jeu, le président Bahati a félicité le Sénat pour « son patriotisme lors de l’adoption du projet de loi portant composition et organisation de la Commission électorale nationale indépendante par l’intégration de la société et la prise en compte du genre, tout en exhortant l’Assemblée nationale à faire de même.

Après avoir dressé un état de lieux, la Socico a fait une déclaration sur les problèmes de l’heure en attirant l’attention des opérations politiques sur le fait qu’elle ne se sentira pas concernée par une CENI qui ne comptera pas en son sein ses représentants.

La déclaration de la Socico a, par ailleurs, demandé à la Monuc de cesser de décourager les FARDC dans l’œuvre de pacification du pays, mais d’aider l’armée régulière à renforcer le système judiciaire pour combattre efficacement les violations des droits humains ; de renforcer la protection des populations civiles ; d’intensifier les opérations d’assistance humanitaire et d’appuyer la RDC dans la formation d’une armée républicaine en vue d’assurer durablement la protection des citoyens et de leurs biens ainsi que la préservation de l’intégrité territoriale.

Ci-après l’intégralité de la déclaration faite par le député Modeste Bahati :

Déclaration de la société civile du Congo, en sigle « Socico » sur les problèmes de l’heure à l’occasion de l’Assemblée Générale ordinaire du 20 février 2010.

Nous membres de la Société Civile du Congo, « SOCICO » en sigle, réunis en Assemblée Générale Ordinaire pour analyser la situation globale de notre pays en cette année du cinquantenaire de notre indépendance :

- Vu les conditions difficiles que vivent nos populations spécialement en zones des conflits caractérisées par des violences de toutes sortes faites à la femme et à l’enfant ainsi que des violations massives des droits humains ;
- Entendu que le pays se trouvant à la croisée des chemins est confronté à divers défis à la fois social, économique, politique et environnemental ;
- Constatant que la Mission de l’Organisation des Nations Unies au Congo, « MONUC » en sigle, au lieu de s’occuper des questions sécuritaires par l’éradication des groupes armés et d’autres forces négatives en l’occurrence les FDLR, s’évertuent à vilipender globalement les FARDC pour des infractions individuelles, pourtant prises en charge par la Justice Militaire Congolaise ;
- Considérant le retard pris par l’adoption de l’arsenal législatif indispensable à la poursuite du processus démocratique par des élections libres et transparentes ;

1) Encourageons et soutenons le Président de la République Chef de l’Etat dans sa détermination à pacifier le pays et à assurer la sécurité à tous les congolais spécialement dans les provinces de l’Equateur, Orientale, du Sud et du Nord-Kivu qui ont tant souffert des conflits armés ;
2) Exhortons le Parlement à accélérer l’adoption de l’arsenal législatif indispensable au renforcement du processus démocratique dans notre pays ;
3) Félicitons le sénat pour son patriotisme lors de l’adoption du projet de loi portant composition et organisation de la Commission Electorale Nationale Indépendante par l’intégration de la société civile et la prise en compte du genre, tout en exhortant l’assemblée nationale a faire de même ;
4) Encourageons le gouvernement de la République a :

- Poursuivre sans désemparer la pacification du pays,
- Mener de toute urgence des actions visant à améliorer les conditions sociales et à assurer le bien être de la population au cours de l’année 2010 décrétée « année du social ».
- Intensifier la mise en oeuvre des cinq chantiers de la République.

5) Attirons l’attention des opérateurs politiques sur le fait que la Société Civile ne se sentira pas concernée par une CENI qui ne comptera pas en son sein ses représentants ;
6) Demandons à la Mission de l’Organisation des Nations Unies au Congo « MONUC » de :

- Cesser de décourager les FARDC dans l’oeuvre de pacification du pays mais d’aider les FARDC à renforcer le système judiciaire pour combattre efficacement les violations des droits humains ;

- Renforcer la protection des populations civiles innocentes;
- Intensifier les opérations d’assistance humanitaire;
- Appuyer la République Démocratique du Congo dans la formation d’une armée républicaine en vue d’assurer durablement la protection des citoyens et de leurs biens et la préservation de l’intégrité territoriale.

                                                                                                                                                   Ainsi fait à Kinshasa, le 20 février 2010

Célestin Lutete/MMC


(CL/PKF)