Un groupe d’anciens Secrétaires généraux de l’Etat réunis au sein de l’Association des Secrétaires généraux retraités de l’Administration publique (Asgrap) se disent victimes de l’injustice de la part du ministère de la Fonction publique au sujet du paiement de leur pension de retraite.

« A ceux qui ont été mis en retraite avant 2003, la Fonction Publique paie mensuellement le montant de 5.982 Fc, soit l’équivalent de $ US. 5.53; tandis que ceux du groupe retraités en 2003, perçoivent le montant de 59.800 FC par mois c’est-à-dire dix fois plus que les premiers cités. Et cela, sur base d’aucun texte légal justifiant une telle discrimination, expliquent-ils dans un document remis à la rédaction de Digitalcongo.net.


Il s’agit là donc de l’arbitraire, estiment-ils, avant de fustiger : « Pour dissimuler un tel manège, les responsables du service de paie n’ont pas trouvé mieux que de créer autant de bureaux de paie qu’il y a des taux différents, lesquels bureaux sont disséminés à travers la ville de Kinshasa.  Après de multiples et infructueuses démarches effectuées en vue du déblocage et de l’amélioration de notre situation sociale désastreuse, nous Secrétaires Généraux de l’Administration Publique, retraités avant 2003, avons l’honneur de rédiger la présente lettre pour dénoncer l’injustice dont nous sommes victimes depuis plusieurs années.

Ils relèvent en plus la disparité du taux de pension de retraite appliqué à l’endroit des Secrétaires généraux retraités : « Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, nous connaissons actuellement plusieurs taux de pension de retraite payés pour le même grade de Secrétaire Général en retraite. C’est donc pour toutes ces raisons que nous n’avons jamais cessé de revendiquer à cor et à cri l’application pure et simple des textes légaux quel réglementent, une fois pour toutes, notre situation socio- administrative, ainsi justice sera rétablie ».

Ils déclarent en outre : « nous réclamons la normalisation du taux de pension de retraite en conformité avec l’ordonnance n° 93-039 du 29 mars 1993 portant fixation du traitement du Secrétaire Général de l’Administration Publique ».

Cette ordonnance qui a connu le début de son exécution dispose, en effet, d’un salaire de $ US 1.500 par mois pour le Secrétaire Général en activité, duquel salaire découlent les ¾ soit $ US 1.125 à toucher mensuellement par le Secrétaire Général en retraite.

Par ailleurs, peut-on lire dans le document, il est aussi bon de signaler que les mesures d’exécution de cette ordonnance sont reprises dans l’arrêté ministériel n° CAB/MIN/FF/246/94 du 13 janvier 1994 fixant le taux de retraite et de la rente de survie du Secrétaire Général de l’Administration publique.

En effet, poursuivent-ils,  nous avons la conviction que notre situation n’a jamais été présentée de manière correcte auprès du Président de la République, Chef de l’Etat. Sinon, il aurait réagi dans un sens comme dans l’autre pour porter la lumière sur un tel problème.

Par ailleurs, soulignent les membres du « Groupe de 57 », nous tenons à attirer la particulière attention de l’opinion sur le fait que les doléances dont il est question ci-dessous ont été a maintes reprises formulées auprès des Autorités gouvernementales responsables et même parlementaires, mais jusqu’à ce jour, aucune suite ne nous a été réservée.

Outre ce qui précède, soutiennent-ils, il existe également des litiges que l’Etat doit à certains groupes de Secrétaires généraux retraités, sans oublier les frais de rapatriement non encore liquidés pour tous les retraités depuis 1982 « Nous relevons ici le litige concernant d’abord le groupe de 57 secrétaires généraux retraités en 1982-1983, ensuite, le litige qui revient à 184 secrétaires généraux retraités ».

Pour l’Asgrap, il s’agit de la liquidation du reliquat de l’Allocation de fin de carrière dont le montant global est de $ US 902.439.89. Toutes les démarches effectuées pour ce litige n’ont jamais abouti, alors que toutes les preuves matérielles ont été fournies en bonne et due forme auprès de la Fonction Publique.

D’ailleurs, évoque cette structure, il se fait qu’à l’heure actuelle, le dossier se trouve au bureau de la paie, auquel l’ordre a été donné depuis longtemps, en relevant par la même occasion que le deuxième litige porte sur la liquidation des arriérés de salaire revenant à 184 Secrétaires généraux retraités dont le montant global est de $ US 734.160.

Selon les membres de l’Asgrap, ce montant a été validé par la Commission de la Banque Mondiale Price Water House Coopers et publié au Journal officiel Numéro Spécial du 28 juin 2004 - Fascicule II- Pages 279 - 288, notant : « jusqu’à ce jour, c’est le silence absolu qui fait suite à nos revendications ».

Ainsi ils tirent cette sonnette d’alarme :« Personnes vulnérables du 3ème âge, abandonnées à nous-mêmes sans moyens de subsistance, bon nombre de nos collègues sont morts sans avoir bénéficié de leurs droits légitimes, alors qu’ils ont rendu de bons et loyaux services à notre beau et grand pays ».

Puis de s’interroger : peut-on alors considérer que c’est la voie choisie par I’Etat celle d’envoyer à la mort lente, tous ces retraités de l’Administration Publique de manière à les rendre incapables de revendiquer leurs droits légitimes ?

G.Musasa/BTMMC


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