L’administrateur délégué général adjoint de la Société nationale d’électricité (SNEL), Mme Bernadette Tokwaulu, comparaît ce lundi 22 février 2010 à la barre. Cela, après que le ministère public ait brandi, vendredi 19 février devant la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe, son aveu concernant le détournement des deniers publics dont sont incriminés l’administrateur délégué général et l’administrateur directeur financier de cette entreprise publique.
La Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe a siégé, de nouveau hier vendredi 19 février, dans l’affaire opposant le ministère public à MM. DanieL Yengo Massampu et Nicolas Muhiya Lumbo, respectivement administrateur délégué général et administrateur directeur financier de la Société nationale d’électricité (SNEL).
Comme annoncé par la Cour lors de la précédente audience intervenue le 12 février, celle d’hier vendredi devait être consacrée aux plaidoiries des avocats. Seulement voilà : après annonce du début de l’audience par le président de la Court, le ministère public, représenté par une dame et intervenant immédiatement, à lâché une bombe : l’aveu de la déléguée générale adjointe de la SNEL concernant le détournement des deniers publics incriminé à l’équipe dirigeante de la SNEL.
Réagissant aux propos du ministère public, la défense a dit ne pas comprendre sa démarche. « Nous savons que le ministère public sollicite une remise au motif que Mme Tokwaulu a reconnu que l’entreprise a détourné », a fait observer la défense qui a aligné un certain nombre d’arguments pour montrer que le ministère public n’est pas sur le bon chemin.
Notamment le fait que lors de l’audience vendredi, c’est le même procureur général qui a instruit l’affaire qui va encore porter un nouvel élément dans cette affaire.
« L’élément nouveau (l’aveu de la déléguée générale adjointe de la SNEL concernant le détournement des fonds) soulevé par Mme (le ministère public) n’a rien à avoir avec la cause de cette affaire qui a été instruite lors de l’audience du 12 février 2010 », a fait remarquer la défense. Avant de rappeler que cette cause a été renvoyée à la huitaine (le vendredi 19 février 2010 : NDLR) pour réquisition du ministère public et plaidoiries des avocats.
« Cet élément avancé ne peut justifier une remise pour encore instruire cette affaire, a soutenu la défense qui a sollicité une très courte remise ne dépassant pas cinq jours. Toutefois, elle a estimé que comme cet aveu a été fait dans un journal, il doit faire une autre Instruction.
La Cour, qui a apprécié la sollicitation de la défense relative à la remise, a renvoyé la prochaine audience à ce lundi 22 février 2010. Mme Bernadette Tokwaulu va y comparaître, comme l’a exigé la Cour. Elle sera auditionnée au sujet de son aveu fait dans la presse locale concernant le détournement dont sont accusés l’administrateur délégué général et l’administrateur directeur financier de la SNEL.
Les deux prévenus qui ont comparu personnellement à la barre, assistés de leurs conseils maîtres Michel Shebene et Mabumina sont poursuivis pour un certain nombre de préventions. Ensemble, ils sont accusés de détournement, au préjudice de la Société nationale d’électricité, de la somme de 15.585.329,500 dollars américains financés par la société canadienne Mag Energy. Fait qui remonte aux années 2007-2008.
L’autre grief porte, quant à lui, sur le détournement, en 2008, des deniers publics de l’ordre de 6.500.000 dollars américains empruntés à la Banque internationale de crédit, (BIC) par la SNEL.
Le ministère public retient aussi, à leur charge, la prévention de détournement de la somme de 4.100.000 dollars américains empruntés auprès de Raw Bank. A lui seul, le prévenu Yengo Massampu est accusé d’avoir détruit ou supprimé, dissimulé ou caché la Convention de partenariat SNEL-Mag Energy pour la réhabilitation de quatre groupes d’Inga 2 B, qu’il avait reçue de l’autorité de tutelle administrative et financière de son entreprise.
Le Potentiel
(CL/Milor/Yes)