Déjà entendus le 12 février 2010 devant la Cour d’appel de Kinshasa Gombe, l’ADG de la SNEL Daniel Yengo Masampu et l’ADF Nicolas Muhiya Lumbu comparaissent ce vendredi 19 février par devant la même Cour.
Le ministère public a retenu solidairement à charge de deux prévenus le détournement des deniers publics et a charge de Yengo seul, l’infraction de dissimulation des documents, notamment la convention d’investissement négociée et signée le 14 septembre 2007 avec le groupe Mag Energy.
Ce document donné pour disparu était réapparu en photocopie lors d’un débat à l’Assemblée nationale avec une dernière page déjà falsifiée.
La nouvelle copie de cette dernière page remplaçait la mention « Pour approbation » par « Pour autorisation préalable ».
L’Assemblée nationale avait recommandé à Yengo de produire l’original de la convention mais rien n’y a fait. Yengo a préféré aller de mensonge en mensonge et faire la tête. Mais l’arnaque a été finalement découverte et confirmée par les inspecteurs déployés par l’officier du ministère public et le PGR Flory Kabange Numbi.
Sur base des renseignements recueillis à la suite de l’audition d’un chef de Division à la SNEL et membre du comité mixte de gestion du projet de fiabilisation Mag Energy SNEL, les investigateurs ont reçu confirmation du montant de USD 14.250.000 que Mag Energy a décaissé en faveur de la SNEL pour la fiabilisation du groupe III d’Inga 2.
Mais dans sa déposition, Yengo lui même reconnaît que la SNEL a reçu a peu près USD 15.000.000 du groupe canadien. Parallèlement, Yengo a négocié et obtenu de la Banque internationale de crédit -BIC- une somme de USD 6.500.000 pour prétendument financer les travaux supplémentaires de fiabilisation du même Groupe III d’Inga 2. Il doit s’en expliquer devant la Cour. C’est a cueillette de l’année.
Ministère public vs Daniel Yengo et Nicolas Muhiya dans une affaire qui concerne Mag Energy.
Encore un procès qui dénonce le mauvais climat des affaires en RD-Congo. Mais, c’est véritablement le premier procès test de l’ère Tolérance zéro.
Deux mandataires vont devoir s’expliquer sur leur gestion devant les juges. Chez les habitués des couloirs du crime et de la passion l’affaire est qualifiée d’arnaque de la décennie tant le scénario qui l’a suscité est complexe et digne d’un film hollywoodien. L’acteur principal: Daniel Yengo Masampu.
L’homme s’est joué de tous. Dans le traitement de la convention Mag Energy et son financement, il a menti à tous : au conseil d’administration, à la BIC, à Mag Energy... à la tutelle. Pour se couvrir, l’ADG a initié une vaste campagne de diabolisation du groupe canadien. Le dossier a atterri à l’Assemblée nationale où Yengo a déboulé avec la copie de la Convention.
Quel est le sort réservé à ces ministres qui ont fait du dossier Mag Energy une affaire personnelle? Salomon Banamuhere qui gérait le dossier en tant que ministre de l’Energie s’est perdu dans des conjectures devant l’Assemblée nationale, lors de cette question orale, contredisant les avis et considérations émises par lui même dans le passé.
On percevait une forte charge psychologique sur ce ministre qui avait perdu son latin. Sa piètre prestation lui aurait valu son poste. Son successeur n’a apparemment pas eu le temps de bien pénétrer le dossier qui n’était plus d’actualité.
De son côté, Jeannine Mabunda du Portefeuille s’est portée en obstacle contre toute proposition allant dans le sens de trouver une voie de sortie. Les milieux d’affaires internationaux ne s’expliquaient pas cette arrogance d’une ministre qui, à un moment donné, a boudé les instructions de son Premier ministre -de l’époque, le patriarche Antoine Gizenga- qui lui avait ordonné de rouvrir les négociations pour sauvegarder les intérêts des parties.
Africanews
(CL/PKF)