Le souvenir d’Al Patchino est immense surtout, au regard des deux orphelins dont les visages réincarnent sa présence sur terre et de la veuve à qui le soutien des mécènes, des admirateurs ainsi que des artistes- amis feront le grand bonheur.
Une année déjà s’est écoulée depuis que l’artiste musicien Nsimba Lufuakenda alias Al Patchino a quitté le monde des vivants. C’était le 16 février 2009 aux Cliniques universitaires de Kinshasa des suites d’une insuffisance rénale. Le chanteur s’en allait en laissant derrière lui une des oeuvres qui démontrent, jusqu’à ce jour, ses capacités artistiques considérables. La dernière en date s’intitule « Contre mur » (Chiffre 7).
Dans ce disque qui est, au fait, le deuxième dans sa carrière musicale, Al Patchino avait affiché ses ambitions qui, malheureusement, n’ont pu se révéler suite à son décès inopiné. Il sied de noter que « Contre mur » qui contient la chanson « Déception Manu Luvaka », avait fait sensation grâce à la diversité vocale qui caractérise celui-ci.
Parmi les chanteurs conviés à cette réalisation, on cite Ferre Gola, Manda Chante, Didier Lacoste, Jean Goubald Kalala, etc. qui, avec toute modestie, avaient répondu à l’appel de « Kome Kome », comme l’appelaient-il. Quoi de plus normal que de répondre à l’appel d’un ami comme Al Patchino. Tout d’abord, c’est un bosseur et c’est un garçon aimable. Raison pour laquelle je lui ai prêté ma voix », avait répondu Ferre Gola, au sujet du featuring réalisé avec le disparu.
C’est au fait le caractère que tous ses compères gardent de « Boulantoulou ». Notamment, ceux avec lesquels il a chanté dans le cadre de l’éveil patriotique en compagnie des « Léopards » : Godé Lofombo, Eldorado, Marie-paul MwatYav et autres. Ils avaient tellement pleuré à l’heure du souvenir de cette chanson à l’honneur des Forces Armées de la République Démocratique du Congo, « FARDC ».
« Moi, je l’avais connu à l’époque de Promise Musica dans la commune de Kasa-Vubu. Il chantait tellement bien que j’ai eu à l’apprécier et à exploiter son timbre vocal à mes débuts. A mon retour de Zénith de Paris, la coïncidence avait fait que nous ayons la même marque de voiture (Opel Calibra). Cependant, on n’avait pas eu l’occasion de mieux nous connaître en raison des guerres qui existent entre Viva la Musica et Victoria Eleison -je le regrette - mais, j’appréciais son talent. Que son âme repose en paix auprès de l’Eternel », a déclaré, à l’occasion de l’an un de sa mort Cédar Ankoura, chanteur au sein de Victoria Eleison.
Mais, il convient de signaler qu’à l’orée de sa mort, « Boulantoulou » travaillait au studio dans le cadre de l’enregistrement d’un opus, le troisième de sa carrière. Il s’agit de l’album « Victoire » qui, à en croire ses proches, était presque au dernier virage de sa conception. De sa vie, il sied de retenir que c’est vers les années 91, qu’Al Patchino s’est révélé au grand public au sein du groupe « Chic Choc Loyenge » de Ngadiadia Ngadios.
Il était chanteur, animateur et interprète. Cette qualité, il le développera davantage dans l’orchestre Viva la Musica de Papa Wemba.
Aux côtés de la star congolaise, « le capitaine de l’équipe » a sillonné les grandes villes du monde en déferlant ses décibels artistiques sur les podiums les plus prestigieux. Son passage au Zénith de Paris, à l’Olympia et à Bercy est une empreinte indélébile qui restera gravé dans les mémoires des amoureux de la bonne musique.
Le souvenir d’Al Patchino est immense surtout, au regard des deux orphelins dont les visages réincarnent sa présence sur terre et de la veuve à qui le soutien des mécènes, des admirateurs ainsi que des artistes- amis feront le grand bonheur.
Bob Ambongo/Uhuru
(Tkm/BT/TH)