Il règne une vive tension, depuis plus d’une semaine, entre les policiers et les jeu­nes du quartier Mapela et ses environs, dans la commune de Masina. A la base, la noyade d’un jeune diplômé de l’Insti­tut Supérieur de Techni­ques Appliquées (ISTA) poursuivi par un policier. D’après les témoi­gnages recueillis sur les lieux, ce jeune diplômé de l’ISTA et ses camara­des du quartier Mapela s’amusaient au jeu des dames, lorsqu’ils seront surpris par une poignée des policiers qui tentaient de les interpeller.

Dans ce sauve-qui-peut, ce jeune diplômé a pris la destination de la rize­rie de Masina commu­nément appelée « Lun­dula », poursuivi par un policier zélé, déterminé à le capturer. Minimisant la profondeur d’un marigot, il s’y embourbera et mourra sous l’oeil com­plaisant du policier. Un pêcheur qui a vécu le triste événement et qui n’a pu porter secourus au jeune diplômé suite au refus ca­tégorique du policier zélé, est allé alerter les camara­des et membres de famille de la victime. Furieux tels des lions blessés, ceux-ci ont effectué une descente punitive à la résidence du policier sise dans la com­mune de N’Djili. Ne l’ayant pas trouvé, ni son épouse, ils ont égorgé son fils.

De retour au quar­tier, ils s’en sont pris aux postes de police situés le long des rails de train, à commencer par celui du Petit marché de Masina (non loin du pont de la ri­vière N’Djili que l’on appelle communément Nguele) en remontant vers l’aéroport. Tous les bureaux ont été saccagés et une dizaine d’armes et des munitions emportées. Les badauds avec des bandes rouges sur les têtes en signe de deuil, ont déclenché une véritable chasse aux poli­ciers. Les postes de police ont dû être ainsi abandon­nés pendant plus d’une semaine et les policiers eux-mêmes évanouis dans la nature.

L’intervention du colonel Elvis Pangala du district de la Tshangu a failli dégénérer. Ses policiers venus en renfort se sont retrouvés en face des plusieurs centaines des badauds décidés d’en découdre avec eux. Heureusement que l’offi­cier de la Police nationale a joué la prudence et la sagesse. La situation du quartier Mapela, dans la commune de Masina pose dans toute son am­pleur le problème de la qualité intrinsèque non seulement des éléments de la Police nationale, mais également des hom­mes en uniforme. Nos policiers comme nos mili­taires savent-ils comment se comporter devant des situations sensibles.

M.L/Le Phare


(TH/GM/PKF)