Les kinois pointent du doigt, entre autres, le déficit de maintenance dans le chef de l’autorité urbaine.
Un débat s'est installé à Kinshasa sur la destination donnée par l'Exécutif provincial aux recettes de la vente des vignettes. A plusieurs reprises, le Gouverneur André Kimbuta Yango a déclaré que ces recettes ont été utilisées pour rétablir l'éclairage public sur les artères de la capitale. Des entreprises avaient, en effet, été recrutées pour ce travail. On attendra encore de savoir sous quelle forme leur recrutement avait été fait : gré à gré ou appel d'offres. Ensuite, il devra être question d'en évaluer le coût par rapport à la valeur du produit.
En attendant, il est bien indiqué d'évaluer les travaux pour juger de son impact sur les attentes de départ : embellissement de Kinshasa-by-night ou lutte contre la criminalité nocturne ? Pour le dernier aspect de la question, les Kinois répondraient que la vraie criminalité à combattre est celle des sombres rues et ruelles de nos quartiers complètement délestées à la fois de la fourniture de l'électricité et des patrouilles de police. Où en est-on aujourd'hui avec cette opération d'éclairage public ? Officiellement, il avait été indiqué que cette opération devait concerner une dizaine des grandes artères de la capitale. La Sonades avait obtenu un lot de 10 avenues, Malta Forrest 6 et Parisi 1, soit la longue avenue Kasa-Vubu qui traverse 7 communes.
Les travaux avaient été lancés voici deux ans. Aujourd'hui, les Kinois font un constat amer : alors que ces travaux ne sont pas exécutés à plus de 30%, les premières réalisations observées tombent déjà en panne. Plusieurs réverbères sont éteints depuis des mois, tandis qu'ailleurs ce sont des câbles qui sont volés et des poteaux arrachés câbles volés par des inciviques. Pire encore, le Gouvernement lui-même a choisi de démanteler une série de poteaux sur l'avenue des Huileries pour besoin d'élargissement de la chaussée. On a, à l'occasion, dit aux Kinois que cela n'implique pas de coûts particuliers, puisque ces poteaux seront réinstallés. Gratuitement ?
Avant cela, les Kinois ont constaté, selon des données reprises dans un article de radiookapi.net, que sur près de 130 poteaux installées sur l'avenue des Huileries, au moins 18 se sont éteints. Sur l'avenue Sefu à Lemba (entre la Foire et le Terminus), les populations riveraines croient vivre dans une boîte de nuit : les poteaux d'éclairage s'allument et s'éteignent comme un jeu de lumière en raison des délestages et des coupures intempestives du courant électrique. L'avenue By Pass n'est pas, non plus, logée à meilleure enseigne: 20 des 90 réverbères installés se sont aussi éteints. La situation s'observe jusqu'au rond point Ngaba, un grand carrefour de rassemblement des masses.
Mais la situation est pire sur l'avenue Université allant de l'avenue Sendwe au rond point Ngaba : sur 118 poteaux installés, 30 seulement sont restés en service. Plus loin, sur la longue avenue Kasa-Vubu, les poteaux s'allument par intermittence et par endroits. On peut l'observer sur les tronçons Kintambo magazin - station Macampagne et Bayaka - Bongolo. Sur l'avenue des Poids Lourds, précisément sur son tronçon du quartier Kingabwa, aucun réverbère ne s'allume depuis des mois. La raison est simple : ici, presque tous les câbles électriques ont été volés aussitôt après leur installation.
Au chapitre des avenues oubliées, on citerait les avenues Sendwe à Kalamu et Triomphal dans la commune de Kinshasa qui ne sont pas encore éclairées. Il en est de même de la deuxième entrée de N’djili. Après ce constat, les Kinois pointent du doigt la ville qui, d'une part, semble n'avoir pas organisé un système de maintenance et, d'autre part, aurait pêché par un déficit de planification pour couvrir l'ensemble de la ville grâce à une étude technique plus poussée.
Cela aurait été fait que les moyens engagés pour les réalisations visibles auraient pu servir à un éventail plus large d'artères à éclairer. D'autre part, les Kinois constatent un déficit de coordination des programmes entre la ville et le Gouvernement central par rapport aux travaux de réhabilitation et de modernisation des avenues. L'exemple du démantèlement des poteaux d'éclairage sur l'avenue des Huileries en est une preuve, et les Kinois veulent savoir quelle autre avenue subira le même sort aussi longtemps que la ville et le Gouvernement central n'auront pas harmonisé leurs programmes des cinq chantiers.
Jonas Eugène Kota/Forum des As
(TH/GM/PKF)