kinshasaKinshasa abrite du 05 décembre au 05 juin 2010, sur les places publiques, en plein air à travers, toutes les 24 communes de la capitale congolaise, 100 représentations de la comédie musicale Basal’ya bazoba, ceux qui travaillent pour des imbéciles.

Environ 40.000 personnes sont ciblées par les organisateurs. La tournée a démarré samedi 05 décembre à la place Sainte Thérèse de N’Djili. Mais toutefois, les élèves de l’Institut Lemfu 3 ont été marqués par la logistique déployée à cet effet, une scène mobile pourvu de deux podiums superposés. Les élèves de Lemfu se sont imprégnés de la maltraitance dont sont victimes les enfants dits sorciers. Mais également, ils ont été informés de la déviation de certains pasteurs.

Ces derniers appauvrissent des familles entières dans des cures d’exorcisme et leur bouc émissaire en fin des comptes, c’est l’enfant dit sorcier. Les pasteurs soupçonnent le plus souvent les enfants d’être la source de tous les malheurs, donc d’être des sorciers.

De fil en aiguille, c’est de cette manière que ces enfants se retrouvent non seulement rejetés par leur famille, mais également par l’Eglise censée les prendre en charge. Et à la fin du spectacle, il s’en suit des échanges et débats autour de cette problématique. Cette dernière a donc intéressé trois compagnies congolaises et hollandaises de théâtre qui depuis peu planchent sur le phénomène enfants sorciers.

Il s’agit de K-Mu Théâtre - kinois en mutation - de la RD Congo, de la compagnie Dakar et Théâtre Embassy du Pays-Bas. La ville de Kinshasa à travers ses communes abrite du début du mois de décembre 2009 jusqu’au mois de juin 2010, la tournée intercommunale de la comédie musicale Basal’ya bazoba.
Basal’ya bazoba, une fresque de la Kinoiserie

En effet, ce spectacle planche sur une réalité sociale dans la société congolaise. Hier, la sorcellerie était une histoire  d’adultes. Elle se transmettait de génération en génération entre les membres d’une famille, mêmes lignées. Mais aujourd’hui, la sorcellerie est devenue une affaire d’argent pour certains pasteurs véreux. Ceux-ci s’illustrent par l’appauvrissement des fidèles en vidant leurs poches par des séances d’exorcisme pour délivrer les enfants dits sorciers.

Et le sort des enfants? Ils sont exposés à des traitements dégradants, martyriser et marginaliser dans la société. L’objectif poursuivi est d’élargir la connaissance du public Kinois sur les mécanismes qui produisent ces accusations.

Un CD-Single sera produit par un groupe de musiciens kinois. La réalisation du C.D. élargira la connaissance de la problématique parmi le public Kinois et sera un moyen pour la promotion du spectacle.

Basal’ya bazoba est un projet de sensibilisation sur les mécanismes qui produisent les accusations de la sorcellerie contre des enfants à Kinshasa. La rédaction et la distribution de la pièce sont assurées par Toto Kisaku, Fabrice Bwabulamutima, Pasco Losanganya, Christian Bena et Guido Kleene. Ce dernier assure également la mise en scène du spectacle.

Saint Hervé M’Buy/Uhuru


(Tkm/BT/TH)