A la tête de la fronde contre le parti de JP Bemba figurent de gros calibres de l’opposition institutionnelle notamment l’Odr Roger Lumbala.
La fronde ne donne plus dans la dentelle. Refusant de raser les murs et de se chuchoter les choses, elle vient d’éclater sur la place publique. Plus rien ne va en tout cas au sein de l’opposition institutionnelle. Un groupe d’opposants, non des moindres, a décidé d’ouvrir la boîte de Pandore. A la tête de ces téméraires, on retrouve l’atypique et imprévisible Roger Lumbala, président de l’Odr.
Ancien allié inconditionnel de Jean-Pierre Bemba et du Mlc depuis 2002, celui-ci ne croit plus en ses alliés d’hier. Lui et ses pairs reprochent au parti cher à François Mwamba d’avoir anesthésié l’opposition institutionnelle. A cause d’un leadership borgne, limité aux actions ponctuelles et agissant par à coups, l’opposition a tout perdu sur le terrain politique. Il ne reste plus rien à croquer sur le plat. Le Bas-Congo a été perdu. Le Kasaï Occidental et la ville de Kinshasa de même. Pourtant à l’époque des scrutateurs avisés de l’horizon avait prévenu tout le monde de la catastrophe.
Malheureusement, ivre de son poids politique, le Mlc n’avait fait cas d’aucun appel à la raison. Ainsi, l’exemple, au Bas-Congo, convenait de présenter le candidat gouverneur sous la casquette qui convenait. En tout cas, pas celle du Mlc dont aucun des membres ne faisait le poids. La même logique s’appliquait en ce qui concerne la ville-province de Kinshasa. Mais décidé à ruer contre les évidences, le Mlc, et l’Union pour la nation dans son sillage, fit piètre figure face à sa rivale l’Amp.
Armée de réalisme conjugué à la pratique, la plate-forme présidentielle ne s’était nullement embarrassée des questions protocolaires. Peu lui importait que ses candidats portent officiellement la casquette présidentielle. L’essentiel était de trouver l’allié sûr, capable de ravir, au compte de la majorité, le fauteuil mis en jeu. La recette a payé cash au Bas-Congo. Ainsi le pragmatisme de l’Amp l’a emporté largement sur le formalisme du Mlc et de l’Union pour la nation. Eux qui tenaient avant tout à la représentativité et à la logique de préséance dans la désignation des candidats par formation politique ou par groupes d’opinion.
N’eût été cette impardonnable bavure, souligne aujourd’hui une bonne frange de l’opposition institutionnelle, la bataille du gouvernorat au Bas-Congo, aurait tourné en faveur de l’opposition. Il suffisait pour cela de faire une passe lumineuse à feu Kisombe Kiakumwisi. L’indiscutable ascendant que possédait ce dernier sur l’électorat au BasCongo se serait révélé très déterminant. Pour avoir voulu regarder la réalité en face, le Mlc a entraîné l’opposition dans une débâcle irrécupérable.
L’erreur du parti à Jean-Pierre Bemba serait restée humaine si l’on en était resté là. Mais la persévérance de ce parti dans les erreurs au point d’en faire finalement des fautes, a mis plusieurs membres de l’opposition sur les nerfs. Ils sont sur le point de constituer une majorité écrasante. De toutes les façons, à l’allure où vont les choses, le Mlc court vers une minorisation sans appel au sein de l’opposition constitutionnelle.
Ce n’est pas qu’il va perdre numériquement ses députés au Palais du peuple encore moins son poids politique moral tel que vêtu jusque là dans l’imaginaire populaire. Mais en terme de formations politiques constituant l’opposition, le parti piloté par Mwamba ne fera plus l’unanimité et se verra bientôt indexé et mis à l’écart. Une nouvelle configuration va faire inévitablement jour. Tous les indices désignent l’Union pour la nation nouvelle formule qui sera pilotée par Clément Kanku et Jean-Baptiste Bomanza. Il y a beaucoup, de surprises à l’horizon.
Le Palmarès
(TH/DN/GW/PKF)