Le gouvernement vient de décider de diligenter une enquête pour identifier les personnes physiques ou morales auteurs d’allégations de suspension, voire de retrait du soutien de la MONUC (Mission de l’ONU au Congo) à l’opération « Amani leo » (paix aujourd’hui), initiée par le haut commandement militaire congolais contre les FDLR au Kivu, en raison, selon elles, du maintien dans les effectifs des Forces armées de la RDC de trois officiers supérieurs « dont les noms n’ont été du reste rendus publics par personne », a annoncé mercredi, au cours d’un point de presse, le ministre de la Communication et des médias, Lambert Mende Omalanga, porte-parole du gouvernement.

« De telles légendes affabulatoires auxquelles certains ont de plus en plus l’habitude de recourir sont dangereuses et doivent être traitées comme telles », a déclaré M. Mende, qui a qualifié ces allégations de « véritable intoxication ». Il a affirmé que l’information a été démentie par toutes les sources autorisées de la MONUC, se demandant si une opération dont dépendent la vie et la sécurité des centaines de milliers de personnes et la paix pour tous les pays de la région des Grands lacs pouvait être sacrifiée pour « la présence de trois délinquants présumés dans un corps expéditionnaire.

Le ministre s’est interrogé sur les intentions réelles de ces personnes qui cherchent à semer la confusion entre le gouvernement et la MONUC et à provoquer une agitation à grande échelle de la population contre la mission de l’ONU.
Il s’est félicité que le soutien au déploiement des unités régulières d’intervention dans le cadre de Amani Leo se déroule conformément aux engagements pris avec la MONUC. « Il y a une emphase totale entre la perception des Nations Unies et le gouvernement et ses forces armées », a déclaré Lambert Mende.

La MONUC, sur base des dispositions de la Résolution 1906 du Conseil de sécurité, avait déclaré au cours de son point de presse du mercredi 13 janvier que le soutien de sa force aux opérations militaires menées par les FARDC était subordonné au respect du droit international humanitaire, du droit international des droits de l’homme et du droit international des réfugiés, a rappelé le porte-parole du gouvernement, qui a déploré que cette déclaration ait donné lieu à diverses interprétations dans certains médias nationaux et étrangers.

Le porte-parole a par ailleurs fait état du mouvement opérationnel mis en oeuvre à l’Est du pays par le Chef de l’Etat, pour éradiquer le terrorisme et le banditisme dans les provinces septentrionales du pays. Il a évoqué dans ce cadre le travail abattu par la justice militaire qui réprime les délits qui lui sont rapportés dans le chef des membres de l’armée en campagne. « Aucune catégorie de militaires ne fait l’objet d’un traitement de complaisance », a martelé le ministre Mende, qui a cité le cas de trois militaires condamnés le 12 février dernier à la peine capitale au conseil de guerre opérationnel du Nord-Kivu, siégeant en chambre foraine à Rutshuru-centre. « Une autre procédure est en cours contre huit militaires dans cette province », a révélé le ministre, avant d’évoquer l’arrestation et la comparution devant la justice militaire à Gemena d’un soldat qui s’était rendu coupable de viol à Bozene, dans le Sud Ubangi.

« La sécurité à l’Est du pays a connu des avancées significatives depuis les opérations Kimia I et II ainsi que Rudia I et II, a dit le porte-parole, tout en reconnaissant qu’il y a encore « des défis à relever ».

Appel aux compatriotes réfugiés au Congo/Brazzaville de regagner leurs villages

Le ministre de la Communication et des médias a évoqué par ailleurs la question des déplacés de Dongo (province de l’Equateur) où des insurgés Enyele ont provoqué dernièrement des incidents sanglants) ainsi que son récent voyage au Ghana. « Je tiens à réitérer encore et toujours l’appel adressé par le gouvernement à nos compatriotes de Dongo et des environs, réfugiés au Congo Brazzaville ou déplacés à l’intérieur de la province de l’Equateur, pour qu’ils regagnent leurs villages désormais sécurisés », a déclaré M. Mende.

Il a fait valoir une initiative du Chef de l’Etat consistant à faire participer les FARDC à la reconstruction des zones perturbées de l’Est et du Nord du pays. « Des moyens conséquents ont été mis par le gouvernement à la disposition du génie militaire pour des projets de reconstruction d’infrastructures et d’équipements collectifs dans les provinces du Sud Kivu et du Nord Kivu, dans les districts des Uélés et de l’Ituri, en province Orientale, ainsi que dans le territoire de Kiengo, dans la province de l’Equateur, touches par des conflits et des troubles », a-t-il annoncé. Le Rwanda, a-t-il ajouté, a conclu avec la RDC sous les auspices du HCR un accord aux    termes duquel 53.000 Congolais réfugiés au Rwanda et 89.000 Rwandais réfugiés en RDC seront rapatriés dans leurs territoires respectifs.

Le ministre a précisé d’autre part, concernant sa récente mission au Ghana, qu’il y avait participé a une réflexion conduite sous le patronage de l’Initiative Carter qui vise à pousser les lois garantissant l’accès des journalistes aux informations détenues par les pouvoirs publics. La rencontre, qui a connu la participation des associations de médias et des ministres d’Afrique centrale et de l’ouest en charge de la Communication, a épinglé le problème de logistique comme un obstacle déprimant à l’accès à l’information. Il a aussi stigmatisé ce qu’il a appelé « les mauvaises habitudes », pratiques qu’il entend éradiquer par des textes de loi et la pratique.

ACP


(Milor/DN/GW/PKF)