A cause de la lenteur accusée dans la mise en train de ses projets d’exploitation du pactole pétrolier du Lac Albert à la frontière avec l’Ouganda, la RDC est en train de louper l’investissement de l’ordre de 2,5 milliards USD que la firme anglaise Tullow Oil mise pour arracher ce marché.
La jeune compagnie pétrolière britannique Tullow Oil a décidé d’engager la bagatelle de 2,5 milliards\USD pour l’exploitation du pétrole en Afrique. Deux pays ont exclusivement bénéficié de cet investissement : l’Ouganda et le Ghana. Le patron de Tullow Oil, Tim O’Hanlon, vient d’en faire l’annonce par la presse internationale. Déjà, dans le sillage de cette spectaculaire annonce, l’un des géants du pétrole, l’Italien ENI, se lance dans l’affaire. Principal objectif: acheter les parts de certains actionnaires à l’instar de Héritage Oil.
Alors qu’elle devait logiquement faire partie de cette ronde financière, la République démocratique du Congo (RDC) se trouve fort malheureusement hors course! A cause, l’intolérable lenteur, à la limite de la culpabilité, accusée dans la mise en valeur de nos gisements pétroliers dans le lac Albert. Ayant vite et mieux compris l’enjeu de l’affaire que Kinshasa, Kampala a mis les bouchées doubles en vue de valoriser ses gisements.
Il a fait, sans délai, appel à des prospecteurs audacieux dont le désormais célèbre Tullow Oil. Après une étude rapide du terrain, il s’est avéré que l’Ouganda était assis sur une véritable fortune. La Britannique du pétrole ci-haut citée n’a pas hésité, un seul instant, à procéder à un appel des fonds en vue de financer l’exploitation du pétrole en Ouganda.
Les estimations font savoir que le pays de Museveni, fort de son potentiel pétrolier, va rapidement plastronner à la tête du hit des pays producteurs du pétrole sur le continent. Il est ainsi sûr que l’investissement initial de plus de 2 milliards USD va rapidement décupler, voire duo ou tri décupler. Quant au Ghana, pays que nul ne pouvait placer parmi les possibles producteurs du pétrole, il y a peu sa situation demeure une cinglante interpellation pour le Congo-Kinshasa. Avant la fin de l’année en cours, la première phase de production atteindra rapidement 120 mille barils par jour. Ensuite, le pays de Nkrumah atteindra aisément le seuil de 250 mille barils par jour.
Mais il est important de signaler que, dans l’investissement global consenti par Tullow Oil, c’est l’Ouganda, notre voisin et co-gestionnaire du lac Albert s’en tire avec la part du lion. Et de dire que les blocs pétroliers du Congo sont plus importants et de loin plus promoteurs que ceux mis en valeur par Kampala !
Le péché original
Cela fait exactement plus de trois ans que Kinshasa et Kampala se sont retrouvés par leurs chefs d’Etat interposées, en vue de définir les zones d’exploitation exclusive et commune sur le lac Albert ! Depuis lors, notre voisin s’est montré plus entreprenant que nous. Aujourd’hui des voix s’élèvent même pour dénoncer les incursions ougandaises dans la zone commune d’exploitation d’abord et même certaines velléités dans la zone exclusivement congolaise.
Le vrai problème, c’est que rien n’est plus aléatoire que l’exploitation de l’or noir. Il faut posséder un « véritable esprit d’aventure pour risquer dans l’affaire ». Bien souvent, on joue quitte ou double. Le patron de Tullow Oil résume la difficulté en ces termes : « Il n’y a plus d’afflux d’ingénieurs dans le secteur du pétrole, ces dernières années, et la moyenne d’âge en cours reste assez élevé. Face, à cette pénurie, les grandes compagnies se montrent très souvent réservées à prendre des risques dans de nouvelles zones d’exploitation. Elles aiment se cantonner autour des zones sûres, réputées telles sur le plan international ».
La difficulté donc, c’est qu’il est très difficile de convaincre les investisseurs dans le secteur. Surtout quand le pays ne possède aucune réputation internationale en matière de gisement pétrolier. Dans ce contexte, sans audace nécessaire, on peut bien « mourir » avec d’importants gisements d’or noir en main ! On croit savoir que tel a été l’handicap majeur du Gouvernement congolais.
Il s’est focalisé sur les géants traditionnels dans le domaine pétrolier. Face à la difficulté qui se présentait à convaincre ces derniers, les préposés à la tâche ne pouvaient que logiquement capituler. Mais avec l’engagement audacieux de Tuliow Oil sur le continent, il convient de se mettre, sans délai au travail, de sorte à valoriser dans un temps record nos gisements. Cela reste d’autant plus urgent que le Gouvernement congolais fait face au défi de mobilisation des ressources financières. Le Chantier du social étant devenu en outre l’urgence du moment par la décision du Chef de l’Etat.
Le Palmarès
(TH/DN/GW/PKF)