Mise en garde à peine voilée lancée au gouvernement par le Comité de pilotage monétaire réuni d’urgence pour statuer face à la nouvelle surchauffe qui se constate sur le marché de change : l’exécutif national est rappelé à ses responsabilités sur le dérapage de sa politique des dépenses non contenues.
La santé de la monnaie congolaise était au centre, hier, d’une réunion du Comité de politique monétaire. A lire certaines recommandations, le Gouvernement est invité à réduire ses dépenses. Le marché de change a connu une appréciation de 1,1% du taux de change tant sur les marchés interbancaires, libre que parallèle au 15 février 2010. Ce, après l’intervention de la BCC, le 28 janvier de l’année en cours, avec un montant de 10 millions de USD; c’est ce qui ressort de la réunion du CPM, tenue au siège de l’Institut d’émission.
Cependant, les membres du CPM notent, tout de même, « une petite dépréciation de la monnaie nationale. « On note, cependant, une résurgence de légères tensions sur le marchés de change, principalement sur le segment du marché parallèle à partir du 10 février. A la question de savoir ce qui explique ces légères tensions, le vice-président du CPM, Jean Louis Kayembe explique: « Il est vrai que le déficit des finances publiques conduit à des dépréciations de la monnaie nationale lorsque ce déficit implique un financement monétaire de la BCC. Ce qu’on appelle planche à billet ». Mais; il souligne qu’il y a d’autres facteurs externes: des anticipations, des asymétries d’information qui peuvent amener une effervescence sur le marché de change. Concernant le cas actuel, il reconnaît que le Trésor est en excédent, mais il y a lieu de signaler qu’il y a un autre facteur qui a joué.
Lorsque les excédents sont accumulés au cours d’une certaine période, ces excédants là sont consommés en une courte période, il y a lieu que cette accélération de la consommation peut avoir des répercussions sur le marché comme c’est le cas maintenant.
Sur le marché des biens et services, le CPM révèle qu’après avoir atteint le pic de 68,99% à la date du 15 janvier, l’inflation est tombée à 38,68% en février, contre un objectif de 15,0% fin décembre 2010.
Il a été observé que l’exécution du plan de trésorerie de l’Etat a dégagé des excédents de trésorerie aux 15 premiers jours du mois de février. Il a été noté l’augmentation des dépenses publiques avec risque de détériorer le solde des opérations financières de l’Etat et d’exercer des pressions sur la demande des devises au cours de la deuxième semaine du mois en cours.
C’est dans cette optique, au regard de la situation économique à la date du 15 février 2010, que le CPM a décidé de maintenir le niveau actuel du taux d’intérêt directeur à 70% et le maintien du coefficient des réserves obligatoires à 7,0%. Concernant les billets de trésorerie (BTR), le CPM a décidé de garder une fourchette crédible pour une meilleure régulation des liquidités. Les membres du CPM ont pris l’engagement de poursuivre des efforts visant le renforcement de la surveillance de l’encours de refinancement aux banques.
Au Gouvernement, le Comité de politique monétaire a recommandé la nécessité pour le Trésor de tempérer le rythme de consommation des excédents de trésorerie sur une courte période en limitant le volume des décaissements et ce, en raison de l’exiguïté du marché de change afin d’éviter de nourrir les anticipations. D’autre part, l’Etat devrait maintenir la gestion sur base caisse en vue de prévenir toute détérioration de la position nette du Gouvernement.
Dina Buhake/Forum des As
(Ern/DN/GW/PKF)