Après avoir dénoncé l’utilisation dans l’électronique des minerais provenant des zones des conflits armés de la région des Grands Lacs en l’occurrence, l’Ong Global Witnes s’est carrément prononcé pour le bannissement de ces minerais qualifiés de couverts de sang.
L’ONG Global Witness a appelé lundi les entreprises du secteur de l’électronique à « prendre au sérieux » l’élimination dans leurs chaînes d’approvisionnement des minerais exploités illégalement par les groupes armés dans l’Est de la RD Congo (RDC). « Il est grand temps » que ces entreprises « démontrent qu’elles prennent au sérieux l’élimination des minerais du conflit de leurs chaînes d’approvisionnement », plaide Daniel Balint Kurti, de Global Witness, cité dans un communiqué de cette ONG publié le jour de l’ouverture à Barcelone (Espagne) du congrès mondial de la téléphone mobile.
Selon Global Witness, des sociétés internationales de transformation achètent des minerais à des comptoirs congolais, « qui se fournissent dans l’Est de la RDC, dans des zones contrôlées par les rebelles rwandais ou des milices congolaises », mais aussi l’armée congolaise. Pour M. Balint-Kurti, les entreprises doivent « exiger » des fournisseurs qu’ils déclarent exactement de quelle mine proviennent ces minerais, et effectuer des contrôles ponctuels et des audits afin d’appuyer ces déclarations ».
Sans assurance, que leurs minerais ne participent pas au financement du conflit, les entreprises ne devraient pas en acheter, préconise Global Witness, selon qui « peu » voire « aucune d’elles n’ont pris de telles mesures ». Les provinces du Nord et Sud-Kivu sont riches notamment en cassitérite (minerai d’étain) et coltan (abréviation de colombotantale), qui sont utilisés comme composantes dans l’industrie électronique et la téléphonie mobile. Les groupes armés qui y sévissent depuis de nombreuses années exploitent ces mines pour se financer. En septembre 2009, le géant britannique des métaux Amalgamated Metal Corporation (AMC) a annoncé que sa filiale, la fonderie d’étain Thaisarco, avait décidé d’interrompre ses achats de cassitérite en provenance de la RDC.
La décision d’AMC, motivée par la crainte d’être exposé « à tort » à une mauvaise publicité, intervenait après des déclarations de Global Witness accusant Thaisarco d’alimenter le conflit en RDC en s’approvisionnant auprès de groupes armés. « La plupart des experts au Congo reconnaissent qu’il est impossible d’atteindre la perfection dans la vérification (des approvisionnements) en raison de l’énormité de la tâche », s’était défendu le groupe, soulignant que « les minerais sont produits par près de 2 millions de mineurs artisanaux (selon la Banque mondiale), opérant dans un pays de la taille de l’Europe de l’Ouest, avec une infrastructure limitée ».
APA
(TH/DN/GW/PKF)