Le chef d’état-major de l’armée ougandaise, le général Aronda Nyakirimana a réaffirmé di­manche à Kinshasa sa foi de voir la rébellion de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) complètement anéantie sur base des renseignements ob­tenus, rapporte Xinhua. Le général ougandais qui se confiait à la presse à l’is­sue des séances qu’il venait d’avoir lors de son séjour de travail de 48 heures à Kinshasa avec son homologue congo­lais, le Lieutenant Général Di­dier Etumba, a déclaré avoir appris que la LRA de Joseph Koni est assaillie par les forces de deux pays, l’Ouganda et la RDC et serait dans une passe difficile.

Aux abois, le chef rebelle de la LRA se serait réfugié sur le territoire Centrafricain. Les deux délégations, composées des experts en matière militaire, ont échangé sur la problématique de la LRA dans la partie Nord-Est de la RDC et Nord-Ouest de l’Ouganda où cette rébellion ougandaise sème la mort et la désolation.

Les deux hauts responsables militaires ont échangé sur les stratégies à mettre en place pour que la paix revienne définitivement dans cette contrée. Cette rencontre de Kinshasa intervient après celle de Matadi (Bas-Congo) qui a  réuni les chefs d’états-majors des armées rwandaise, burundaise et congolaise. Elle entre dans le cadre de la politique de concertation existant entre les différents responsables militaires en vue d’instaurer la paix dans les  pays concernés de la sous-région. Modification de la stratégie ougandaise contre la rébellion LRA qui sévit dans la Province Orientale

Les forces armées de l’Ouganda ont installé des avant-postes dans la Province Orientale, où elles pourchas­sent les rebelles ougandais de l’Armée de résistance du Sei­gneur (LRA) qui sèment l’insé­curité dans la région depuis 2005. Les troupes ougan­daises ont demandé aux mili­taires Congolais de rester con­finés dans leurs bases et ont entrepris leurs recherches dans les bois en direction de Duru et Ngilima, à une quarantaine de km de Dungu.

Ce changement de tacti­que adopté par l’armée ougan­daise a été rapporté  à l’agence de presse catholique MISNA par des  « sources locales bien renseignées », selon lesquelles les rebelles restent extrêmement dangereux malgré leur nombre de plus en plus restreint. « La situation humanitaire semble maîtrisée, a indiqué la source, mais les gens ne vont plus travailler aux champs car ils redoutent d’y être agressés par les rebelles.

Le problème c’est qu’on ne pourra pas éternellement continuer avec l’aide humani­taire dans un climat d’insécurité constante. De plus, nous ignorons ce qu’il en est dans les aires périphériques ». De­puis qu’une offensive militaire a été lancée dans la région en décembre 2008 contre les ba­ses de la Lra, une partie des rebelles s’est transférée au Sud-Soudan et en République Centrafricaine, tandis que ceux qui sont restés au Congo se sont divisés en petits groupes, restant en contact au moyen d’équipements très sophisti­qués, comme des téléphones satellitaires.

Selon l’armée, il ne s’agi­rait que d’une centaine d’hom­mes au maximum à opérer en­core au Congo - conclut la source - mais le véritable pro­blème réside dans les centai­nes d’otages qu’ils ont pris. Les rebelles capturent des mineurs pour les « éduquer », c’est-à-dire les former et les intégrer dans leurs rangs. S’ils continuent à ce rythme, on pourrait bientôt être confrontés à une nouvelle petite armée, malheureusement financée par certains pour déstabiliser la région. Selon les derniers chiffres diffusés par le Bureau de coordination des Affaires humanitaires (Ocha) de l’Onu, 849 personnes ont péri en 2009 dans des attaques de la LRA ; pendant la même périodes, 1486 civils ont été enlevés tandis que 365.000 autres ont pris la fuite.

APA


(TH/DN/GW/PKF)