16 février 1992 - 16 février 2010, 18 ans après : les Congolais se souviennent du massacre des Chrétiens
Kinshasa, 16/02/2010 / Politique
Il y a 18 ans la Société Civile avait organisé une inoubliable marche pour la réouverture de la Conférence nationale souveraine (Cns) fermée sous le gouvernement Nguz, marche au cours duquel les chrétiens ont été massacrés en victimes de la démocratie que le régime dictatorial agonisant de Mobutu a vainement cherché à mater. Gare à la récupération politicienne de ce jour de gloire nationale !
Le 16 février 1992, les Chrétiens s’étaient mobilisés dans la rue pour réclamer la réouverture des travaux de la Cns fermés par le Premier ministre Nguz. L’initiative est venue du comité laïc de coordination dont les acteurs sont Pierre Lumbi, actuel ministre des Infrastructures et François Kandolo. Les politiques eux, sont venus se greffer à cette initiative pour en tirer un quelconque dividende politique. De mémoire de journaliste dans ce pays, aucune organisation n’avait réussi de mobiliser telles foules. Aucun parti politique n’était capable de cet exploit. Ce qui était une organisation de la société civile est devenu une référence politique de certaines formations politiques.
Au moment où il est temps de rendre justice aux vrais combattants pour la cause de la Cns, on assiste à une honteuse récupération politicienne de cette journée. Il nous revient qu’une marche, non pas pour honorer la mémoire des morts qui avaient donné leur sang pour que se tienne la Cns, on apprend qu’il s’agirait de rendre hommage à un homme qui, à l’époque était dans le camp des bourreaux des chrétiens, un mobutiste actif. Quelle injure aux martyrs du 16 févriers ! Une marche pour ressusciter un clan politique à la recherche d’une bouée de sauvetage. Une marche gratuite. Ses organisateurs en sont conscients.
Ils partiront de la paroisse St Joseph à la place YMCA. Juste le temps de traverser l’avenue de la Victoire. Pour une si grande date, c’est maigre comme ambition. Ce qui est plus choquant, c’est qu’on ne dit pas l’objet de cette marche. Si c’est pour tester une certaine popularité à Kinshasa, c’est d’avance raté. On ne sait même pas qui d’autre est dans cette organisation. C’est un petit ligablo. C’est dommage. Car, si on a son ambition derrière son dos, cette ambition risque de vous jeter dans un trou. A propos du 16 février 1992, lire l’à propos à la page 4 de cette édition.
L’Avenir
(Milor/GTM/GW/PKF)
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