Le député national Cyrille Mbuembe mène une réflexion sur l’avenir de la Rdc en cette année jubilaire en mettant l’accès sur la position de l’Amp concernant le respect des accords signés avec les alliés.
En cette année jubilaire, les Congolais sont en droit de se poser des questions sur la destinée de leur pays. Cela au regard de la politique de la gouvernance du pays fondée sur les accords signés par l'Alliance de la Majorité présidentielle et Alliés. Les Congolais sont également en droit de se demander s'il faut continuer avec ces accords ou respecter les prescrits de la Constitution de la République du 18 février 2006 pour développer la RDC. Voilà qui amène le député Cyrille Mbuembue à penser aux idées développées par le grand philosophe et penseur grec, Platon, qui donne des leçons de bonne gouvernance d'un Etat.
« Si tu découvres pour ceux qui doivent commander une condition meilleure que le pouvoir lui-même, tu auras le moyen d'avoir un Etat bien gouverné, car c'est dans cet Etat seul que commanderont ceux qui sont vraiment riches, non en or, mais en vertu et en… Mais, là où des gueux et des gens affamés de richesses personnelles viennent aux affaires publiques, persuadés que c'est là qu'ils doivent faire leurs mains, il n'y a pas bon gouvernement possible ; car ils se battent pour commander et cette guerre domestique et intestine les perd, eux et tout l'Etat ».
Cette citation tirée de la « République » livre VII du philosophe grec Platon, à la page 279, révèle, il y a plusieurs siècles, une vérité qui ne semble pas encore intériorisée par certains acteurs politiques congolais. Elle doit aussi amener l'AMP et Alliés à s'interroger en ce moment où la République célèbre ses 50 ans d'indépendance le 30 juin 2010, date considérée comme le dernier virage pour le grand rendez-vous électoral de 2011.
En effet, la mise en place des Institutions politiques, à l'issue des élections démocratiques dans notre pays, avait suscité beaucoup d'espoir parmi le peuple congolais qui voyait en celles-ci un environnement susceptible d'accélérer son développement, bref, de mettre fin à sa misère multisectorielle de plusieurs décennies. Pour rappel, cette majorité constituée, dans son ensemble, des chefs des partis politiques et autres personnalités, a été mise en place pour, entre autres : faciliter l'élection de l'actuel chef de l'Etat à la présidence de la République au second tour et se constituer une majorité à l'Assemblée nationale pour lui permettre de bien exécuter son programme politique résumé en cinq chantiers.
Si le premier objectif a été atteint, le second, bien qu'en marche, rencontre des obstacles liés aux intérêts divergents qui perturbent la vision du chef de l'Etat vouée à la reconstruction nationale. Voilà le décor planté pour toutes les difficultés que nous constatons dans le fonctionnement des institutions de la République. Parce que lié au respect des accords politiques, le chef de l'Etat ne semble pas avoir de réels pouvoirs sur le Premier ministre.
Le Premier ministre aussi éprouve la même difficulté que le Président de la République vis-à-vis des ministres. Ces derniers sont, de par leur propre volonté pour les chefs des partis et les autres de par leurs partis. Ceci pose un problème d'homogénéité et de cohésion de l'équipe gouvernementale. C'est pourquoi l'on déplore plusieurs cas de rébellion et d'insoumission au Premier ministre. Le Parlement serait dans ce cas anéanti par les pressions de l'AMP et les intimidations que certains partis politiques de la majorité exercent sur l'organe législatif.
En effet, au nom d'un accord signé à l'époque par le Président de la République, encore candidat, et certains chefs des partis politiques, Joseph Kabila Kabange a cédé une partie de son pouvoir à un groupe d'individus qui s'évertuent à manifester des actes les érigeant, contre toute attente, en institution suprême. Pour preuve, le chef de l'Etat ne nomme pas le Premier ministre au sein de la Majorité parlementaire tel que prescrit par l'article 78 de la Constitution, mais selon les prescrits d'une clause dudit accord qui consacre le partage du pouvoir en cas de victoire de Joseph Kabila.
Conséquence logique : le Parti lumumbiste unifié (PALU) se choisit un Premier ministre qu'il présente au chef de l'Etat pour nomination par ordonnance avant d'être investi par l'Assemblée nationale. Cela vaut également pour la désignation, la nomination et l'investiture des membres du Gouvernement. Les ministres se recrutent, dans leur quasi-totalité, parmi les chefs des partis politiques constitutifs de l'AMP et les mandataires, parmi les cadres influents desdits partis. Faute de respect des prescrits de la Constitution en la matière, le succès des cinq chantiers paraît sacrifié sur l'autel des intérêts personnels des dirigeants et de leurs partis politiques.
Il ressort du comportement de l'Exécutif, un constat amer. Depuis trois ans, l'exécution de différents budgets de l'Etat se fait toujours attendre, sans respect pour l'autorité budgétaire qu'est le Parlement. C'est ici le lieu pour nous de dire au chef de l'Etat, garant de la Constitution, qu'il n'est jamais tard pour bien faire. Le Président de la République doit prendre la situation en mains en rentrant dans la Constitution, source légitime se don pouvoir. Le moment venu, il sera seul à répondre devant le peuple après cinq ans qu'il lui a accordés.
Tous ceux qu'il engraisse aujourd'hui lui feront porter toute la responsabilité de l'échec constaté aujourd'hui comme on le claironne déjà dans certains états-majors des partis alliés. Certains d'entre eux deviendront même ses adversaires politiques en 2011. Il appartient à lui et aux autres élus de chercher, dès maintenant, à tenir un discours adapté et d'empêcher l'AMP de se comporter comme un Parti-Etat. Il a plus besoin de se choisir un homme capable de se servir de la condition dont parle Platon, entendez les institutions démocratiques élues, pour assurer le bien-être de son peuple.
Honorable Cyrille Mbuembue Kaseu ;
Député national
Forum des As
(TN/TH/GW/Yes/PKF)