Ça ne tourne vraiment plus rond entre le leader du Mlc, Jean-Pierre Bemba, et son secrétaire général François Mwamba. Ce qui n’était que rumeur persistante, il y a peu, n’est pas loin de devenir réalité. A la recherche d’un nouveau leadership et surtout déçus par les contre-­performances de l’équipe pilotée par François Mwamba, Bemba semble avoir jeté son dévolu sur un autre cheval! Des signes précurseurs annoncent, presque sans hésitation, que l’Honorable Clément Kanku est en passe de ravir, non pas le parti, mais le leadership à François Mwamba.

Pour ne pas froisser certaines susceptibilités, l’ancien vice-président donne l’impression d’avoir choisi la méthode soit pour mettre l’actuel secrétaire général du parti à l’écart. D’un côté, ce dernier reste à la tête du parti. De l’autre, l’Union pour la Nation (UN) refait surface, alors qu’elle devait logiquement être pilotée par F. Mwamba. Cette superstructure fédératrice de l’Opposition sera conduite par Clément Kanku.

Ainsi, le Mouvement de libération du Congo (Mlc) et son actuelle équipe dirigeante se retrouvent phagocytés par le monstre en pleine renaissance. Ainsi, l’élu de Kabeya Kamwanga n’exercera plus son autorité directement sur le parti comme sur l’Opposition constitutionnelle. Le Mlc sera privé de sa précieuse autonomie et se verra contraint de s’exprimer suivant une rigoureuse restriction du groupe et de respect de la hiérarchie. Exactement comme c’est le cas à l’Alliance de la majorité présidentielle (Amp). Le Pprd a beau y constituer le parti phare, son secrétaire général une personnalité de premier ordre, il existe un secrétariat exécutif qui répond de tous et de chacun.

Le signe

Pour revenir à l’Union pour la Nation, il sied de rappeler qu’au lendemain du second tour de la présidentielle rd congolaise, cette plate­-forme avait littéralement rendu l’âme. Mais aujourd’hui, son retour sur la scène politique est annoncé avec pompe. Il interviendra ce mardi 16 janvier à la faveur de la commémoration des « martyrs » de la Cns.

La concordance de cette sortie politique avec une date qui sert, dans une mesure non négligeable, de balise au sein de l’opinion publique congolaise, mais surtout kinoise, reste un indicateur de taille.

L’opposition constitutionnelle tangue dangereusement sur les eaux de la confusion et de l’immobilisme. Coup sur coup, elle a enregistré deux échecs irréparables : une déconfiture sans égale dans la course pour la conquête du Bureau de la Chambre basse ainsi qu’une perte presque coupable du fauteuil provincial de l’Equateur. En faisant l’autopsie de cette double et cruelle défaite, tout le monde au sein de l’Opposition institutionnelle a mis en cause l’actuel leadership du Mlc.

C’est donc à ce niveau qu’il fallait agir. Et la parade à la crise semble avoir été trouvée. A ce propos d’ailleurs, le choix  d’un pion de contre-poids répond à la logique de maintien de l’équilibre. Mwamba est du centre. Le parti, par ricochet l’Opposition, a pris un important ancrage au centre, juste après l’ouest. Pour un besoin de cohésion et principalement dans le souci de conférer une stature nationale au parti, il fallait que Bemba soit secondé par un fils du centre.

Mais dans cette partie de la République, d’un pion de contre-poids répond à la logique de maintien de l’équilibre. Mwamba est du centre. Le parti, par ricochet l’Opposition, a pris un important ancrage au centre, juste après l’ouest.

Pour un besoin de cohésion et principalement dans le souci de conférer une stature nationale au parti, il fallait que Bemba soit secondé par un fils du centre. Mais dans cette partie de la République, justement, le Kasaï Oriental avait détourné un leadership qui ne lui revenait pas de droit.

Car, le plus grand score réalisé par le candidat de l’Union au premier comme au second tour de la présidentielle le fut au Kasaï Occidental.

En ce qui concerne strictement le centre, l’Oriental ayant remarquablement fait défection avec le Sankuru et le Kabinda. Fief national de Liliane Bemba, le Kasaï-Occidental vient de prendre sa revanche à travers l’Honorable Clément Kanku fils biologique de Tshibwabwa Ashita Pashi.

Celui-ci raconte à qui veut l’entendre qu’il agit avec le quitus de JP. Bemba en personne. Le jeu est ainsi remis au centre, mais au détriment de François Mwamba. Jusqu’ou ira le nouvel élan de réforme ? Nul ne le sait encore!

Le Palmarès


(DN/Milor/GW/Yes)