Préfacé par le directeur de cabinet du Chef de l’Etat, Adolphe Lumanu Mulenda Bwana N’sefu, l’ouvrage « Joseph Kabila : « l’Etat de la nation » est une compilation des discours du Chef de l’Etat de la République démocratique du Congo, depuis son investiture en 2006 comme premier Président élu démocratiquement, jusqu’à sa dernière apparition devant les deux chambres réunis en congrès qui remonte au mois de décembre 2009.

Paru aux Editions présidentielles de Kinshasa, ce chef-d’œuvre compte 109 pages seulement qui étaient quatre différentes grandes rhétoriques de celui que les Kinois appellent affectueusement « Le Raïs ».


Sur la couverture de cette oeuvre, on peut facilement voir le chef de l’Etat habillé en costume noir, position assise, une main qui soutient l’autre, un regard de plus en plus con­centré orienté vers l’avenir se disant : « l’objectif n’est pas en­core atteint, c’est donc ensemble et unis que nous connaîtrons le succès... ». Au total 4 discours sont contenus dans cet ouvrage. Le premier est celui du 06 décem­bre 2006, le deuxième du 06 dé­cembre 2007 du 13 décembre 2008 le troisième et enfin le qua­trième, le tout dernier date du 07décembre 2009.

A la volée, il sied de noter qu’à part l’allocution de son investiture le 06 janvier 2006, les trois discours restants ne trou­vent pas leurs origines par le gré du cabinet présidentiel. La constitution de la République, dans son article 77, stipule que le Président de la République adresse des messages à la na­tion. Il communique avec les chambres du Parlement par des messages qu’il lit ou fait lire et qui ne donnent lieu à aucun dé­bat. Il prononce une fois l’an, de­vant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès, un discours sur l’état de la nation ».

Cet article de la loi con­golaise a été scrupuleusement respecté durant les trois années de son mandat parce que le pré­sident de la Rdc s’était acquitté de ce discours constitutionnel où il a brossé le bilan de l’exer­cice annuel qui s’est achevé et fait la projection sur celui qui s’annonce devant les deux chambres du parlement, avec pour témoins privilégiés tous les autres corps constitués, des membres du gouvernement, de la magistrature et du corps di­plomatique.

Le 06 décembre 2006 : Discours d’investiture

Ce discours, pour rappel, a émaillé les élections libres en Rdc. Joseph Kabila avait rem­porté haut -les mains ces échéances électorales. Il a prêté serment au Palais de la nation devant des diverses per­sonnalités du monde. « Le moment que le peu­ple congolais vit aujourd’hui est un moment historique et restera longtemps gravé dans sa mémoire parce qu’il marque le com­mencement d’une ère nouvelle qui doit l’amener au bien-être et à son développement intégral.

Avant toutes choses, je me dois de remercier Dieu Tout Puissant de m’avoir soutenu, tout au long des cinq rudes années que d’aucuns croyaient incertaines, dans la réalisation des objectifs que je m’étais fixés le 26 janvier 2001. Je me dois également de remercier le peuple congo­lais pour m’avoir confié, de façon non équivoque, la marche de son destin pour un avenir que nous voulons tous radieux (...) » a pro­noncé le Président de la République lors de son in­vestiture. Et d’ajouter « Devant nous, s’ouvre une nouvelle page. Demain sera ce que nous aurons fait aujourd’hui.

Le Congo de demain, je le vois porter les espérances d’une Afrique renaissante, à l’aube de ce siècle aux grands dé­fis. Grâce à votre travail et à votre attachement à l’idéal de l’indépendance nous reconstruirons les conditions d’une société de tolérance ou l’amour de l’excellence sera une conviction partagée. Mon rôle dans la nouvelle configu­ration institutionnelle est de conforter la refondation de l’état et de susciter un véritable électrochoc pour une évolution profonde des mentalités. Veiller au maintien de l’unité et de la cohésion nationale retrou­vée sera l’épicentre de mon ac­tion politique. (...)

Le 06 décembre 2007: L’An 1 du mandat

La phrase marquante, sans doute, de cette allocution est celle que le Chef de l’Etat a dit. « La sécurité juridique et ju­diciaire fait cruellement défaut aujourd’hui ». Pendant son dis­cours de Ce jour, le garant de la nation a tenu à signaler que « Nous ne sommes pas encore à l’heure de la reddition des comptes », l’horizon convenu avec le peuple pour ce faire étant celui de l’année 2011.

Et il l’a conclu en ces ter­mes, « Avec l’engagement de chacun de nous et avec l’aide du Seigneur, lentement mais sûrement, la réalité est en train de rattraper le rêve. La nation congolaise se porte mieux qu’il y a un an, beaucoup mieux qu’il y a en a quinze et son état s’améliore chaque jour davan­tage ».

Le 13 décembre 2008: Une année de Nouvelles poches de non-droit

Ce discours présidentiel sur l’état de la nation de l’année 2008, selon cet ouvrage, est in­tervenu après deux premières années du quinquennat, qui se situent dans un contexte d’entrée progressive de la quasi- to­talité du territoire national dans l’ère post-conflit. Dans ce face à face du Président de la République et sa population à travers les deux chambres du parlement, l’Elu des congolais n’a pas manqué des mots justes et précis pour balayer du revers de la main les critiques à son action ;

« N’en déplaise aux incrédules par op­tion, la reconstruction du Congo est peut être lente à démarrer, mais elle a effectivement com­mencé les résultats accom­plis sont d’autant méritoires qu’ils l’ont été dans un environ­nement international où se dressent de nouveaux obstacles en matière de mobilisation des ressources financières (...) C’est le lieu pour moi de vous inviter à refuser tout défaitisme, le Cinq chantiers ne sont pas un slogan, admis plutôt une vi­sion d’un développement intégré de notre pays ». En guise de conclusion, le Chef de l’Etat a redonné l’es­poir au peuple congolais en di­sant ceci: « En effet, comme tout organisme vivant, la nation congolaise peut, à un moment ou un autre, premières des poussées de fièvres (...) Globa­lement, les signes vitaux de la nation congolaise sont donc plus porteurs d’espoirs que d’in­quiétudes ».

Le 7 décembre 2009 : Un rendez-vous pas comme les autres

Ici, cette rhétorique a été placée sous forme de démons­tration de force et de question­nement de la part du Chef. Il a fait voir à l’assemblée toutes ses réalisations significatives durant toute l’année 2009 : « Où en som­mes-nous aujourd’hui, dans la mise en oeuvre de cette vision à moyen et long terme ? », s’est il posé la question. L’heure n’est pas à l’autosatisfaction. La paix doit encore être consolidée, les con­ditions de vie des populations congolaises, tant du Kivu que partout ailleurs, demeurent lar­gement en deçà de leurs légiti­mes attentes. Nous ne pouvons donc pas ralentir nos efforts, moins encore baisser la garde.

Cela d’autant plus que ceux qui, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, vivent la rente de guerre et redoutent le retour à une pra­tique des affaires conformes aux règles de l’économie et aux lois de la République se réorgani­sent. Ils cherchent à rependre à nouveau le venin de la mé­fiance, de la suspicion et de la discorde, faute de mieux, à en­tretenir un climat de ni guerre ni paix dont les effets politique, économiques et sociaux sont aussi désastreux que ceux d’une confrontation armée (...) » a déclaré le chef de l’Etat dans son discours du 7 décembre 2009.

Et au Président de la Ré­publique Joseph Kabila de souligner que « près de quatre ans après la promulgation de la constitution du 16 février et au regard du bilan de son applica­tion, j’estime cependant, en ma qualité de garant du bon fonc­tionnement des institutions, que certaines dispositions de ladite constitution consisteraient à rechercher une adéquation en­tre les attentes des populations et la légitimité découlant des soufrages directement exprimés par le peuple, souverain primaire d’une part, et d’autre les pou­voirs confrères aux différents ac­teurs par le constituant »

Ce discours ne pouvait pas passer sans faire allusion aux exploits de l’année 2009 des équipe du football congo­lais, « Et parce que nous parlons de victoire, comment ne pas se souvenir des extraor­dinaires performances de nos équipes de football, les léo­pards du Championnat d’Afrique des Nations et le tout puissant Mazembe en coupe africaine des clubs cham­pions. Ces victoires constituent la preuve que quelles que soient les difficultés, quand les congolais s’unissent, redres­sent le front et font preuve de détermination. Ils sont capa­bles de déplacer les montagnes. Elles sont un signal fort que  tout un peuple adresse au monde pour lui signifier qu’en vers et cintre tout il croit en son destin et refuse d’être effacé de l’histoire. C’est cela qui conforte ma conviction que, dans la dure bataille pour la reconstruction du Congo, la victoire est à notre portée », a-t-il conclu.

Les chercheurs en ont  besoin

A part la compilation des discours, les lecteurs de cet ouvrage seront aussi attirés par les photos illustratives qui mon­trent toutes les étapes du par­cours diplomatique du Président sans oublier les réalisations de Cinq chantiers de la République. Ajouter à cela, les images du congrès des femmes africaines  avec comme à l’affiche la première dame Olive Lembe Kabila entourée de ses paires. Cet ouvrage mérite d’être mis à la disposition des chercheurs. Cela leur permettra d’avoir une source intarissables d’informations sur le Chef de l’Etat, car dit-on, communique, plus on vit plus longtemps.

Onassis Mutombo/L’Avenir


(DN/TH/GW/Yes/PKF)