Le ministre des Petites et Moyennes Entreprises (PME) Claude Nyamugabo a échangé jeudi à son cabinet de travail à Kinshasa avec le Conseiller principal du centre du Commerce international, M. Roger A. Megelas, autour d’un projet d’appui à l’accès au financement et d’encadrement de l’entreprenariat en RDC dans le cadre de l’amélioration du climat des affaires, projet que cette agence technique du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) compte lancer dans le pays au bénéfice des opérateurs économiques du secteur des PME.

Le représentant du Centre du Commerce International effectue depuis deux semaines une mission dans ce cadre en prenant contact avec les opérateurs visés en privilégiant ceux qui mènent des activités agricoles et les femmes se déployant aussi bien dans l’agriculture que dans le petit commerce. Plus d’une centaine de ces petits entrepreneurs ont été contactés directement ou indirectement par l’intermédiaire de leurs associations ou regroupements notamment au sein de la COPEMECO et même du Fonds de promotion industrielle (FPI).

M. Roger A. Megelas s’est entouré d’une première équipe de collaborateurs avec laquelle il va lancer le projet et dans lequel se retrouvent une très dynamique activiste encadreuse en la personne de Mme Charlotte Makulu, de même qu’un routier des milieux bancaires, en l’occurrence M. Selemani, et pour la supervision technique, Mme Silène Almeras Martino, Coordinatrice en Environnement des affaires au bureau de la Représentation du PNUD à Kinshasa.

L’objectif poursuivi parle projet que cette équipe va lancer est, comme le résume son promoteur du Centre du Commerce International, de parvenir au renforcement des la PME en RDC et ses capacités de production, non seulement dans le cadre de l’assainissement du milieu des affaires mais aussi en plus et surtout pour la réduction de la pauvreté qui constitue actuellement un leitmotiv de mobilisation mondiale. Parce que la grande difficulté qu’éprouvent les PME est l’accès au financement de leurs activités  à cause souvent des restrictions des institutions de financement et même du manque de connaissance dont accusent généralement le petit entreprenariat, le projet en lice compte aider ces petits opérateurs économiques de la RDC à accéder au financement recherché.

Le représentant du Centre du Commerce international révèle que son équipe va concentrer son action à transformer les projets des PME visées en projets bancables. Le premier champ d’expérimentation choisi est la ville de Kinshasa et ses environs. C’est sur les opérateurs de cet espace que va être attiré l’attention des donateurs à sensibiliser dans ce programme de micro-crédits à lancer. Il semble que la RDC n’est pas le seul terrain d’expérimentation du projet que M. Roger A. Megelas dit déjà en cours dans des pays comme l’Inde, l’Indonésie, le Laos, la Zambie et le Mali.

L’accueil favorable et le soutien total promis à ce projet par le ministre Nyamugabo dans le cas de la RDC est salué par le représentant du Centre du Commerce International qui rapporte la réaction en ce sens du titulaire des PME en RDC. Ci-après les confidences à ce sujet de M. Megelas au sort de l’audience lui accordée par le ministre

« Ce projet entrepris avec le PNUD au Congo vise à permettre la facilité à l’accès à la finance par la PME de la RDC. C’est un programme ambitieux qui vise à rapprocher les institutions financières des institutions d’appui et en même temps de faciliter le dialogue et le partenariat avec les institutions financières. L’accès à la finance est un problème fondamental à la croissance, un problème fondamental pour la PME, que ce soit en RDC et ailleurs ».

« La crise économique internationale, explique-t-il, a rendu l’accès à la finance et l’existence de la PME encore plus difficiles et donc le Centre du Commerce International que je représente a essayé de trouver une méthodologie, une approche qui vise à simplifier l’accès à la finance tout en présentant toutes les garanties nécessaires qui sont normalement demandés en tous cas par nos amis du secteur financier ».

Quant au message précis ou la réponse du ministre sur ce projet lui proposé, M. Megelas déclare que : « L’essentiel du message de Son Excellence Monsieur le ministre de la PME est un message d’appui. Nous avons découvert en fait qu’il y a une proximité de vues entre le Centre du Commerce International et celles des objectifs du ministère de la PME. Son Excellence M. le ministre nous a assuré de son appui total, de sa participation et de la participation du ministère aux activités de ce projet ».

« Le ministre a demandé expressément que l’équipe que nous sommes en train de mettre sur pied à Kinshasa et en RDC soit en contact étroit avec le ministère. Ma collègue à côté de moi, Mme Charlotte, et M. Selemani seront donc en contact avec ce ministère et j’espère qu’on puisse vraiment démarrer nos activités en étroite consultation avec ce ministère pour en assurer la pérennité des objectifs que nous nous sommes fixés »

Le ministre Nyamugabo séduit des entrepreneurs turcs prêts à investir en RDC

A côté  de l’audience accordée au représentant du Centre du Commerce International, le numéro 1 du secteur des PME en RDC révèle une remarquable offensive d’appel d’investisseurs crédibles qu’il vient de déployer dans une mission en Turquie toujours dans le cadre de la promotion des activités de son ministère.

« Oui, je viens la ville d’Izmir à l’Est de la Turquie où j’avais à répondre à l’invitation des jeunes hommes d’affaires de cette ville, la troisième en importance de la Turquie après Ankara la capitale et Istanbul. J’étais donc à Izmir pour répondre à l’invitation des opérateurs économique de cette ville qui est très industrialisée et où les PME sont florissantes. Ces opérateurs économiques m’avaient invité pour échanger avec eux sur les potentialités et le climat des affaires en République démocratique du Congo en vue d’entrevoir avec eux les mécanismes qui leur permettent de venir investir dans notre pays.

S’agissant des prédispositions favorables des partenaires économiques approchés à investir en RDC, le ministre Nyamugabo renchérit en s’étendant longuement sur les perspectives qui se présentent en indéniable succès de la démarche menée.

« Oui, j’ai eu l’occasion de tenir plusieurs conférences avec les opérateurs économiques de cette ville d’Izmir et même de visiter leurs entreprises. Vous savez qu’il y a eu beaucoup de missions à l’étranger mais parfois ces missions n’avaient pas de retombées positives sur le pays, parce que peut-être on n’avait pas rencontre les personnes qu’il faut. Et moi j’ai tenu à palper du doigt les activités de différents opérateurs économiques qui se proposent d’investir en RDC.

A cette occasion je peux annoncer à notre peuple qu’en mars arrive dans cette ville, la capitale Kinshasa une grande délégation d’opérateurs économiques turcs qui ont été séduits par l’assainissement du climat des affaires tel que proposé par le président de la République dans son discours du 7 décembre 2009 devant le Parlement, discours au cours duquel il a enjoint au gouvernement de tout mettre en œuvre pour assainir le climat des affaires et des investissements dans notre pays, afin de permettre aux investisseurs étrangers et congolais d’évoluer à l’aise dans notre pays de sorte à gagner des places dans Doing Business où le Chef de l’Etat Joseph Kabila a constaté que nous étions parmi les derniers, et que donc en RDC il ne faisait pas beau d’y entreprendre des affaires.

Le président de la république a refusé ce genre de situation pour ce pays qu’il veut un pays plus beau qu’avant. C’est ainsi que tout est en train d’être mis en œuvre pour corriger cette situation. Concernant donc les partenaires turcs que j’ai rencontrés, je leur ai parlé de tous les grands changements qui sont en train d’intervenir depuis que le Chef de l’Etat a donné des orientations au gouvernement. Je leur ai donc parlé de tous les changements qui sont en train d’intervenir.

Je leur ai dit que nous sommes en train de casser toutes les barrières au niveau du nombre de formalités à remplir pour investir en RDC. Ensuite au niveau du coût de ces formalités, et enfin au niveau de la durée des mêmes formalités. Le gouvernement est en train de s’attaquer à cela par l’entremise du Comité de pilotage pour l’assainissement du climat des affaires et des investissements créé par décret du Premier ministre et dont le ministre des Petites et Petites et Moyennes entreprises fait partie.

Je les ai donc rassurés par rapport à l’assainissement général du climat des affaires  en République démocratique du Congo. Sur le plan politique je leur ai dit que,  grâce aux efforts du Chef de l’Etat, il n’y avait plus de guerre dans ce pays, et donc la paix règne sur toute l’étendue du territoire.

Je leur ai présenté les grandes potentialités de notre pays et je les ai invités à venir en RDC où du reste ils ont déjà une ambassade et où il y a même une école internationale turque. Et donc je leur ai dit qu’ils avaient leur place en RDC. A condition qu’ils respectent les lois et les règlements de ce pays. Parce que nous avons besoins d’investisseurs sérieux qui viennent contribuer à l’exploitation des richesses du Congo pour le plus grand bien des Congolais.

Nous savons qu’en matière d’affaires ils viennent aussi faire des bénéfices, mais nous voulons que ces bénéfices profitent également à notre peuple qui par cette entremise va accéder au travail. Donc il y aura résorption du chômage dans notre pays. Vous savez que l’Emploi est une des priorités du Chef de l’Etat. L’Emploi fait partie des chantiers de la République. Ces entrepreneurs vont donner du travail à nos compatriotes. Ils se sont engagés à respecter les lois et règlements de la RDC.

Entretemps je peux annoncer que, concrètement, maintenant il y a une grande entreprise turque qui est en train de s’installer en république démocratique du Congo et qui va se spécialiser dans la transformation du café. Cette entreprise est aussi intéressée par le bois de la RDC. Elle est déjà en train d’importer à cet effet des machines pour monter des mobiliers à Kinshasa. Vous savez que notre bois est exporté et nous revient sous forme parfois de mobilier qui n’est pas de très bonne qualité. Cette fois nous voulons et nous avons obtenu de cet entrepreneur de travailler notre bois sur place, de monter des mobiliers de qualité.

Nous avons visité les installations de cette société va pouvoir monter son genre de mobilier dans notre pays parce que nous avons droit à un mobilier digne d’un pays qui a la deuxième forêt du monde après l’Amazonie : un mobilier de qualité. Cette usine va être installée à Kinshasa au courant de ce mois de février. L’entrepreneur turc dont il est question est le président de l’association des jeunes entrepreneurs de la ville d’Izmir

Daniel Nzuzi/MMC


(DN/Yes)