Un mois après la tenue du 1er Forum national sur la lutte contre la corruption, une réunion d’experts est prévue pour mars 2010, à Kinshasa, en vue de peaufiner les grandes lignes de la stratégie nationale anti-corruption dégagées lors de ces assises.

Les grandes lignes de la stratégie nationale anti-corruption dégagées lors du 1er Forum national sur la lutte contre la corruption, seront au centre des travaux d’une réunion d’experts prévue du 10 au 22 mars 2010, à Kinshasa. L’annonce a été faite en début de semaine par le directeur général de l’Observatoire congolais d’éthique et profession (OCEP) et coordonnateur du Comité de pilotage du forum.

L’objectif poursuivi par la réunion des experts sera de peaufiner les grandes lignes de la stratégie nationale anti-corruption qui ont été délibérées lors des plénières et des travaux en atelier du forum national organisé du 16 au 19 décembre 2009 au Palais du peuple de Kinshasa.

Selon Saint Augustin Mwendamabali, ces grandes lignes qui seront mises en musique par les experts, constitueront un document national de la lutte contre la corruption. Cependant, a-t-il précisé, ce document, qui constituera un draft consommable d’idées données pêle-mêle lors du forum, ne sera pas considéré comme un texte définitif.

Après avoir été peaufinées par les experts, les grandes lignes de la stratégie nationale anti-corruption seront présentées à une table ronde qui constitue la 3ème étape du Forum national. Pour le directeur général de l’OCEP, cette table ronde aura plusieurs missions. Il s’agira notamment de valider les grandes lignes de la stratégie nationale anti-corruption et de dégager un cadre légal et constitutionnel de la lutte contre la corruption en RDC.

« Au niveau du cadre légal, il faut élaborer le projet de lois pouvant accompagner la mise en place des structures de lutte contre la corruption », a expliqué le professeur Saint Augustin Mwendamabali. Et ce, avant d’ajouter : « Après avoir fixé le cadre légal, il faut ensuite fixer le cadre constitutionnel, c’est-à-dire, des organes. Si on a élaboré des lois sur la lutte contre la corruption, on doit prévoir qu’il ait le fonctionnement d’un service qu’on peut, par exemple, appeler la commission indépendante de la lutte contre la corruption ».

Dans le cadre constitutionnel, a-t-il poursuivi, il sera question de fixer une loi portant création et organisation d’une structure indépendante de lutte contre la corruption.

Des institutions et agents perçus comme les plus corrompus

Après avoir été dégagé au niveau de la table ronde, le cadre légal et institutionnel sera présenté auprès du gouvernement qui doit, à son niveau, en discuter les idées maîtresses. Et ce, avant de l’envoyer au parlement pour son adoption. « Nous espérons que le Parlement mettra les bouchées doubles pour adopter ces lois de manière à permettre au président de la République de promulguer des lois officielles sur la lutte contre la corruption dans notre pays », a souhaité le Coordonnateur du Comité de pilotage du forum.

Entre-temps, le chef de l’Etat Joseph Kabila ne ménage aucun effort pour décourager la corruption, a souligné le professeur Saint Augustin Mwendamabali. Car, a-t-il renchéri, le président de la République est déjà « en train de préparer la phase pré-repressive ». Et cela, « après avoir donné des avertissements contre les corrupteurs et leurs complices».
A en croire le directeur général de l’OCEP, la révocation, par le chef de l’Etat, des magistrats et hauts fonctionnaires qui « se sont mal comportés conformément aux règles déontologiques et éthiques de leur profession », est, à cet effet, un signal fort.

« Ils on été révoqués pour des actes d’anti-valeur, tels que la corruption, la concussion, la prise à partie, l’absentéisme pour le cas des hauts fonctionnaires. Toutes anti-valeurs sont décriées par les articles 17 et 18 du code de conduite de l’agent public de l’Etat ou du décret loi 017/2002 portant conduite de l’agent public de l’Etat », a déclaré le professeur Saint Augustin Mwendamabali. Et ce, avant d’annoncer : « l’OCEP publiera, dans les tout prochains jours, la liste des institutions les plus corrompues et des agents des institutions perçus comme les plus corrompus ».

A noter que le déclenchement de l’« Opération Tolérance Zéro » et la convocation, par le décret du Premier ministre, du Forum national sur la lutte contre la corruption en 2009, constituent deux signes des temps évidents marquant une rupture avec le passé et consacrant le début d’une nouvelle ère. Celle inaugurant le retour d’un Congo fort, puissant, prospère et dépouillé de la corruption.

Ludi Cardoso/Le Potentiel


(DN/TH/GW/Yes)