Le gouvernement a fait le point, à l’Assemblée natio­nale, sur l’état actuel de la situation des éleveurs Mbororo, en Province Orientale et de la situation des déplacés de Dongo, dans la province de l’Equateur. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Célestin Mbuyu et celui des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba, ainsi que le vice-ministre à la Défense, M. Masamba, ont apporté  « l’information juste » à la représentation nationale sur la situation sécuritaire qui prévaut dans la localité de Dongo à l’Equateur et dans le district du Bas-Uélé, dans la Province Orientale.

Au cours de la séance plénière du vendredi 12 février 2010, présidée par le président de l’Assemblée Nationale, Evariste Boshab, ces trois délégués du gouvernement ont, tour à tour, donné des précisions sur l’état actuel de la situation, mais aussi annoncé des mesures prises par le gouvernement pour éradiquer une fois pour toutes ces poches d’insécurité qui entravent gravement la paix et l’élan de la re­construction du pays.

Premier à prendre la pa­role, le ministre de l’Intérieur a confirmé que l’aide récoltée et destinée aux déplacés de Dongo est bel et bien arrivée à destina­tion. Cependant, Célestin Mbuyu a indiqué que le cas de ces dé­placés au Congo voisin a des répercussions graves sur les vil­lages d’accueil tant les déplacés sont plus nombreux que les autochtones.

Il s’est créé un déséquili­bre démocratique criant, faisant craindre aux autorités de Braz­zaville des conséquences sécuritaires imprévisibles. Les deux pays ont pris des dispositions nécessaires pour le rapatriement de ces concitoyens dans leurs ter­roirs.

Quant à la situation des éle­veurs Mbororo, le ministre des Affaires des Etrangères a annoncé la tenue d’une réunion spéciale, les 23 et 24 mars 2010, à Addis-Abeba (Ethiopie) consa­crée à la situation des Mbororo. « Le gouvernement congolais doit donc surseoir tout son programme avant cette date », a indiqué Thambwe Mwamba. Ce forum réunira tous les pays concernés par l’Affaire « Mbororo ».

Deux textes de loi adoptés

Au cours de la même plé­nière, les députés ont voté deux textes de loi soumis en plénière par la Commission Aménagement de territoire et Infrastructures. Il s’agit du projet de loi portant Code des marchés publics en Républi­que démocratique du Congo et la proposition de loi portant Pro­motion et utilisation de l’exper­tise et des compétences nationa­les.

Par rapport au Code des marchés publics, sur 383 votants, 379 oui, 3 non, et 1 abstention. Quant à la proposition de loi portant Promotion et utilisant de l’expertise et des compétences, sur 383 votants, 382 oui, 1 non et aucune abstention.

Ces deux textes de loi se­ront transmis au Sénat pour examen en seconde lecture, a conclu Evariste Boshab, président de la plénière. Après avoir félicité les membres de la Commission Aménagement de territoire et Infrastructures pour le travail abattu, le président de la Chambre basse du Parlement a annoncé la clôture de la session extraordinaire pour ce samedi 13 février.

Cas des intraitables éleveurs « Mbororo »

Nous étions loin de nous tromper sur les intentions des ressortissants de l’Equateur qui fuyaient les Enyele pour trouver asile au Congo Brazzaville. Alors que le nombre de combattants Enyele ne peut même pas être évalué à 5.000 personnes, cent mille réfugiés ont été enregistrés dans le district de la Likouala au Congo Brazzaville.

Le mystère s’est éclairci lorsque, en dépit de la sécurité qui est revenue dans cette partie du territoire de la Rdc, les réfugiés refusent de rentrer dans leurs villages. Cette situation est étonnante lorsqu’on connaît l’attachement des paysans à leurs terres.

A L’Avenir, on avait compris qu’il y avait une main noire. Une main politique qu’il fallait chercher si pas du côté des politiciens de la région, mais en tout cas des Ong qui font des déplacés leur fonds de commerce. La révélation que Alexis Thambwe Mwamba, ministre des Affaires étrangères, a faite devant l’Assemblée nationale lors de la plénière de vendredi donne raison à L’Avenir. En effet, trois membres du gouvernement Muzito ont été conviés à l’Assemblée nationale pour répondre aux préoccupations des députés.

Il s’agit du ministre de l’Intérieur, Célestin Mbuyu, du ministre des Affaires étrangères, Alexis Tambwe Mwamba et du vice-ministre de la Défense et Anciens combattants, Oscar Massamba. Ils ont donné aux députés l’état de la sécurité dans la province de l’Equateur et dans la province Orientale. Les questions auxquelles les ministres devraient répondre étaient posées par deux députés à savoir, Idambituo Bakaato, élu de la province Orientale et Jean Marie Gape Monoko de la province de l’Equateur.

Répondant à la question qui lui était posée, le Ministre de l’Intérieur, Célestin Mbuyu a fait savoir que la paix est revenue et le calme règne dans la cité de Dongo qui, on le sait, a été le théâtre des affrontements vers fin octobre 2009, entre communautés dont les Enyele et les autres ethnies de la région. Tout en déplorant les pertes en vies humaines, le ministre Mbuyu a affirmé que grâce au déploiement des unités de la police ainsi que celles des Forces armées, la paix est revenue à Dongo. Malgré cela, a-t-il fait remarquer, la population de Dongo se fait encore prier pour quitter le territoire du Congo Brazzaville et regagner leurs terres.

Pour le ministre des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba, la raison pour laquelle ces réfugiés refusent de rentrer en Rdc, tient au fait qu’ils ont, dans la grande majorité, demandé asile politique au Congo Brazzaville. Cette démarche, a rassuré le ministre Alexis Thambwe Mwamba, s’est heurtée au non catégorique des dirigeants du Congo Brazzaville. Il va de soi également que Kinshasa ne devrait pas encourager les dirigeants de Brazzaville à accéder à cette complaisante demande d’asile. Au cas contraire, le district de la Likouala connaîtra ce que la province du Nord-Kivu avait connu avec l’arrivée des réfugiés rwandais.

A ce sujet, l’on se souviendra des déclarations de Denis Sassou Nguesso en marge du dernier sommet de l’Ua en Ethiopie. C’est ce que le ministre congolais des Affaires étrangères a rappelé en disant que les autorités de Brazzaville sont préoccupées par la présence massive d’environ 114.000 personnes réfugiées sur le territoire du Congo Brazzaville. Car, cette présence est à la base d’une catastrophe humanitaire dans laquelle se trouvent aussi les populations autochtones qui ne s’y étaient pas préparées. Brazzaville, en plus du fait de voir Kinshasa venir au secours de leurs ressortissants, souhaitent aussi que soient créées des conditions de retour dans la province de l’Equateur.

Quant au vice ministre congolais de la Défense et des Anciens combattants, Oscar Massamba, il lui était demandé de donner la situation sur la traque de la Lra. Il a annoncé l’affaiblissement de la capacité de nuisance des rebelles ougandais de l’armée de résistance du seigneur. Mais cela n’a pas mis fin à l’existence sur le sol congolais de ces rebelles ougandais. Selon le vice-ministre, une quarantaine d’hommes de Lra se trouveraient encore sur le sol congolais.

Le Potentiel/L’Avenir


(DN/TH/GW/Yes)