Des informations alarman­tes parvenues jeudi au siège du journal Tempête des tropiques en provenance de Bukavu font état d’un dange­reux glissement de terrain sur­venu il y a quelques jours sur l’axe routier situé entre les lo­calités de Kalehe et Kiniezire au Sud-Kivu. D’après des spécialistes en pédologie qui se sont donné rendez-vous sur les lieux après l’incident, ce glissement de ter­rain est dû à un vieillissement de sol dans une région mon­tagneuse à haute fréquence sismique et partant fréquemment traversée par de puis­sants courants érosifs difficiles à maîtriser !

Suite à ce glissement, pour­suivent les mêmes informa­tions, les villes de Goma et Bukavu qui sont traditionnelle­ment reliées par une route ré­putée vitale, sont désormais coupées de contact, le lac Kivu restant l’unique voie de com­munication à privilégier notam­ment pour les échanges de personnes et de marchandi­ses.

Or, la flotte marchande qui dessert les deux capitales pro­vinciales du Nord-Kivu et du Sud-Kivu est très limitée aussi bien pour ses effectifs que par sa charge utile depuis que la société nationale de chemins de fer du Congo avait retiré ses grands bateaux du trafic au profit des particuliers en raison de leur vétusté très avancée.

Déduction faite de cette si­tuation, on peut affirmer sans crainte d’être contredit que le Nord-Kivu et le Sud-Kivu ver­ront leur crise multiforme actuelle s’aggraver par une ré­duction drastique de leurs échanges mais, évidemment avec plus d’acuité dans cette dernière province qui reste partiellement débutaire des pro­duits vivriers de base en pro­venance de la première citée et/ou des populations non autrement identifiées.

Selon des sources humani­taires de la ville de Bukavu, les experts de la province du Sud­-Kivu se sont déjà rendus sur l’endroit où le glissement de terrain s’est produit. D’après leur évaluation, la province ne dispose pas des moyens tech­niques appropriés pour faire face à la situation. En d’autres termes, les autorités du Sud-Kivu ne peuvent compter ac­tuellement que sur l’assistan­ce du gouvernement central.

Compte tenu de la distance qui sépare la capitale des lo­calités de Kelehe et Kiniezire au Sud-Kivu (il y a environ 2.500 Km), on estime que les moyens techniques dont le Sud-Kivu a urgemment besoin pour recouvrir l’axe Goma-Bu­kavu au trafic pourraient arri­ver à destination dans deux mois mais pas avant !

Il semble qu’en attendant de recevoir l’assistance technique du gouvernement central, le gouverneur du Sud-Kivu, Louis Léonce Muderhwa Cirimwami, et ses ingénieurs de l’Office de routes, de Travaux publics et de Voirie et Drainage, plantent déjà le décor des opérations à venir.

Bamporiki Chamira/La Tempête des Tropiques


(TN/TH/Yes)