Bailleurs et locataires se jettent la responsabilité quant au chaulage des maisons à louer.
Doit-on à la crise économique internationale l'état de vétusté que présentent les édifices publics et privés dans la ville de Kinshasa « Non », répondent des observateurs avisés, mettant cela sur le compte de la « pauvreté » récurrente de la majeure partie des Congolais. « A cause de la pauvreté, ils sont dépourvus de ressources financières pour acheter une ou deux boîtes de peinture pour rafraîchir les murs des maisons d'habitation ou de commerce », croient-ils savoir.
Une maison mise en location à Kinshasa est cédée au locataire « dans l'état où elle se trouve », généralement déplorable : peinture écaillée, murs lézardés et fenêtres défoncées. Pour les bailleurs, dont nombreux sont habités par un esprit mercantiliste, l'essentiel est d'empocher la garantie locative, peu importe le reste. Interrogée, Mado, une veuve bailleresse hébergeant quatre familles de locataires, s'interroge : « Mes maisons ayant vieilli, pourquoi devrais-je en badigeonner les murs ? ". Elle estime que, « si un locataire a ses moyens et cherche à rafraîchir les murs de la partie qu'il loue, on s'entend ».
« Mais, cela ne doit pas l'empêcher de payer la totalité de son loyer. Parce qu'il le fait pour son plaisir et son luxe. Les biens m'ont été légués par feu mon mari et mes enfants y ont grandi sans problème. Qui fait des insomnies ici parce que les murs sont sales ? Si quelqu'un m'oblige à peindre les murs de ces maisons, il faut qu'il m'apporte la peinture et paie les peintres. Mon loyer sert à m'alimenter, à nourrir mes deux derniers enfants et mes Koko (petits fils) », explique-t-elle.
Un locataire, agent de l'Etat, appelle le gouvernement à « bien payer les fonctionnaires, leur attribuer des lopins de terre ou à construire pour eux des cités modernes comme cela se fait ailleurs ». Ainsi pourvus de ressources financières conséquentes, « ils seront en mesure de badigeonner, comme devraient le faire également les opérateurs économiques, chauler régulièrement les maisons d'habitation et de commerce », soutient-il.
Réagissant aux propos de la bailleresse, il a affirmé que « c'est encourager le mal », arguant que le « bailleur est payé pour ça. Il n'a qu'à s'organiser pour rendre ses maisons attrayantes et habitables avec l'argent que nous lui versons mensuellement. Moi faire ça à sa place, c'est exclu ». Sur cette question sensible, les autorités municipales ont l'obligation de faire respecter les textes de loi, afin de préserver la santé de la population.
Stéphane Etinga/FL.NL-NS/Le Potentiel
(TH/GM/PKF)