La prise en compte des questions liées à la planification famille dans le budget national de la RDC est toujours au coeur des préoccupations du Fonds des Nations Unies pour la Popula­tion ( Unfpa). Avocat du planning, le représen­tant de l’Unfpa /RDC, Richard Dackam Ngat­chou est d’avis que sa concrétisation sur terrain sera une preuve de l’appropriation par le gouvernement congolais.

Ainsi, son agence et des autres partenaires, assurent leur disponibilité à soutenir les initiatives nationales pour l’amé­lioration des condi­tions de vie des popu­lations.« Ce soutien va également à l’en­droit des Ong qui tra­vaillent dans le domai­ne de la planification familiale, mais il faut une action synergique de plusieurs partenai­res au développement, a déclaré ce haut fonctionnaire onusien. C’était au cours d’un entretien avec les professionnels des médias, membres du Réseau des journalis­tes et communicateurs pour la population et le développement (RCP).


« La planification fa­miliale est déjà une priorité pour le gouvernement et les partenaires au dévelop­pement. Maintenant, il faut créer les besoins, la de­mande à travers des cam­pagnes de sensibilisation auprès de la population », a-t-il indiqué à l’endroit des médias.

A cet effet, les me­dias devront s’engager dans des campagnes de sensibilisations pour arri­ver à amener les popula­tions à l’accès aux produits de qualité. Ainsi, il estime que l’action des partenai­res et du gouvernement devra aussi être orientée vers l’amélioration de la qualité des services, un axe très capital, a souligné le représentant de l’Unfpa. Pour ce qui est de l’accès aux produits de qualité, Dackam Ngatchou a dit que son agence ne saura pas le faire seule. A côté, il y a d’autres bailleurs, comme l’agence américaine de développement (Usaid). « Le temps de discours est fini. Maintenant, il faut agir », a-t-il appuyé.

Rappelons que cet entretien est tombé à quel­ques jours seulement de la clôture de la conférence nationale sur le reposition­nement de la planification familiale dans notre pays. Au cours de ces assises, Dackam Ngatchou avait fait savoir que sur environ 3.160.200 accouchements attendus cette année en Rdc, 1.224.080 n’ont pas été désirés. Et plusieurs grossesses se sont terminées par des avortements clandestins et mortels, et 460.000 ont été des mater­nités à haut risque. 153.000 césariennes étaient atten­dues, mais les moyens disponibles n’ont pas permis leur prise en charges adéquates. « Le niveau de mortalité maternelle est lé­gèrement supérieur à 1100 décès maternels pour 100.000 naissances vivan­tes.

Ce qui signifie claire­ment que chaque heure en Rdc, 4 femmes meurt de suite des complications de la grossesse. Pour chaque femme qui meure, il y a, au moins, 20 à 30 femmes qui souffrent de graves com­plications liées à la gros­sesse, à l’accouchement telles les fistules obstétri­cales très fréquentes en Rdc ou aux complications des suites de couche, avait indiqué le représen­tant de l’Unfpa.

Ces statistiques ré­vélées par l’Enquête dé­mographique et en santé (2007) renseignent que la mortalité maternelle est élevée en Rdc, parce que les femmes accouchent trop, aussi par ce que les files accouchent très tôt, enfin parce que les femmes accouchent tard. Ainsi, parler actuellement du repositionnement de la pla­nification familiale en Rdc, s’avère indispensable, par­ce que le taux d’utilisation des contraceptifs est passé de 15,3% en 1984 à 5.8% en 2007 chez les femmes en union.

Mais aussi parce que plusieurs centres du Programme national pour la santé de la reproduc­tion (Pnsr) n’existent plus. Ceux qui tiennent encore le coup, fonctionnent grâce à l’appui qu’apportent les différents partenaires.

Tshieke Bukasa/Le Phare


(Milor/GM/PKF)