Grand espoir suscité auprès de la couche sociale congolaise défavorisée par la perspective de relance de la coopération belgo-congolaise particulièrement dans le secteur de la Santé, telle que la Vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires sociales et Santé publique l’a stimulée à sa récente visite en RDC
La visite de travail effectuée en RDC du 1er au 5 février 2010 par la vice-Premier ministre belge et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, en charge de l’Intégration sociale, Mme Laurette Onkelinx, a permis de relancer le partenariat entre la Belgique et la RDC dans le secteur de la santé, en particulier dans les domaines du contrôle de qualité des médicaments, de la structuration des mutuelles de santé et de la lutte et du contrôle du diabète.
La visite du Laboratoire Pharmaceutique de Kinshasa (LAPHAKI) le 2 février 2010 a permis à la ministre belge des Affaires sociales et de la Santé de se rendre compte de la situation très difficile de ce laboratoire spécialisé dans le contrôle de qualité des médicaments et la production des produits pharmaceutiques.
Depuis la rupture en 1990 de la coopération entre la RDC et la Belgique qui finançait le fonctionnement de ce laboratoire, son outil de production qui se trouve dans un état de délabrement avancé n'a jamais été renouvelé. Dans le cadre de l'accord de coopération signé le 03 février 2010 à Kinshasa entre la RDC représentée par le ministre de la Santé publique, Auguste Mopipi, et la Belgique par la ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Laurette Onkelinx, l'ancienne puissance coloniale du Congo-Kinshasa veut reconquérir ses anciennes prérogatives à LAPHAKI.
La ministre Onkelinx a aussi visité le 2 février 2010 l’Hôpital général de référence de Kinshasa où elle s'est rendue compte de la prise en charge difficile des malades souffrant de diabète. Elle a exprimé son admiration et son respect pour le personnel soignant et le personnel administratif de cet hôpital qui travaillent dans des conditions très difficiles. Elle a assisté le même jour au lancement officiel, à partir de Kinshasa, du projet « Excellensis-RDC» d'échange d'information par connexion Internet et par vidéo-conférence entre les institutions de santé de la Belgique et de la RDC à l’initiative de l'ONG Tshela. Il s’agit d’une ONG initiée puis lancée par les Congolais de la diaspora, vivant en Belgique, et qui a choisi de créer une plate-forme de formation continue via Internet basée sur l'utilisation du logiciel Excellensis en vue de redynamiser des hôpitaux en RDC.
Mutuelles de santé du Sud-Kivu méritent d'être soutenues
A l'étape de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, la ministre Laurette Onkenlix s'est particulièrement intéressée à l'expérience des mutuelles de santé encadrées par le Bureau diocésain des Œuvres Médicales (BDOM) de l'Archidiocèse catholique de cette ville. La ministre belge des Affaires sociales et de la Santé publique a été impressionnée par l'initiative de création et d'organisation des mutuelles de santé au sein des structures sanitaires gérées par l'Eglise catholique. Ces mutuelles de santé permettent, grâce aux cotisations des membres et à la solidarité, aux personnes démunies d'accéder aux soins de santé. Il arrive que 80% de personnes qui ont cotisé ne tombent pas malades.
Ainsi, les cotisations profitent à 20% d'adhérents aux mutuelles qui, par leurs propres moyens, ne peuvent pas accéder aux soins de santé de qualité. Le BDOM de l'Archidiocèse de Bukavu encadre actuellement 16 mutuelles de santé dans 10 zones de santé sur les 34 que compte la province du Sud-Kivu. Actuellement, 2% seulement de la population du Sud-Kivu, soit 11.000 personnes, sont couvertes par les mutuelles de santé. Les cotisations dans ces mutuelles varient entre 2 et 5 dollars US par personne et par an. La Belgique va apporter son appui à l'implantation et à l'extension de ce genre des mutuelles de santé en RDC, en commençant très probablement par le Sud-Kivu qui donne déjà un bon exemple.
Moment pathétique de la visite à l'hôpital de Panzi
L’Hôpital de Panzi
La visite le 5 février 2010 de l'Hôpital général de référence de Panzi, à 8 Km du centre ville de Bukavu, a été le moment le plus pathétique du séjour en RDC de Mme Laurette Onkelinx qui a vu une salle d'hospitalisation des femmes dont les organes génitaux ont été complètement détruits du fait de la cruauté des hommes en armes, essentiellement des rebelles hutu rwandais des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) qui se livrent aux viols à grande échelle.
L'hôpital de Panzi a déjà reçu et traité, depuis sa création en septembre 1999, au moins 30.000 femmes victimes des violences sexuelles. Cet hôpital reçoit en moyenne 10 nouveaux cas de violences sexuelles par jour. Tenant compte de la cruauté avec laquelle ces violences sexuelles se commettent, le médecin directeur de l'hôpital de Panzi, le Dr Denis Mukwenge, a dit qu'on a l'impression qu'il existe un plan de destruction de la population du Sud-Kivu à travers la destruction des femmes.
L'hôpital reçoit des femmes et des filles dont l'organe génital a été brûlé avec la matière plastique ou a été détruit quand on a tiré avec des balles réelles. Ainsi, sur 600 femmes qui vont subir une intervention majeure portant sur les organes génitaux dans cet hôpital, il faut compter 5%, soit 30 femmes, qui sont considérées comme incurables, a expliqué le Dr Mukwege. Ces femmes refusent de quitter l'hôpital parce qu'elles seront rejetées par leurs communautés.
Enfin au terme de son séjour en RDC, Mme Laurette Onkelinx a eu des entretiens fructueux avec le Chef de l'Etat congolais, le président Joseph Kabila, de même qu’avec le président de l'Assemblée nationale, M. Evariste Boshab, le vice-Premier ministre chargé des besoins sociaux de base, M. François Joseph Nzanga Mobutu, le ministre de la Santé publique, M. Auguste Mopipi, le ministre de l'Emploi, du Travail et de la Prévoyance sociale, M. Ferdinand Kambere, et la ministre du Genre, de la Famille et de l'Enfant, Mme Marie-Ange Lukiana Mufwankolo.
ACP
(DN/Milor/Yes)