L’annonce par la France qu’elle met la RDC sur la liste des pays émergents a à la fois surpris et étonné surtout les indécrottables torpilleurs du Congo démocratique qu’ils veulent voir vautré dans le blocage de son essor économique alors que le pays détient des atouts pour un décollage certain, de quoi voir dans l’appréciation de Paris l’encouragement aux Congolais à assumer leur destin.
L’engagement proclamé à ce jour de la France vis-à-vis de la Rdc aura pour conséquence des facilités financières à accorder à Kinshasa. Un accord visant l’amélioration du climat des affaires a été signé lundi entre la partie française et la Fédération des entreprises congolaises (Fec). Il va de soi que tous ces efforts s’avèreront vains si au niveau congolais une administration engagée et crédible tarde à se mettre en place et ne s’éloigne pas des pratiques de la corruption.
Après la Belgique et les autres pays, c’est le tour de la France d’apporter sa pierre dans la reconstruction de la Rdc. C’est dans ce cadre que la Secrétaire d’Etat française du Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, séjourne dans la capitale congolaise.
Elle conduit une forte délégation composée des responsables français d’entreprises. Son agenda prévoyait des rencontres avec des responsables congolais dont le chef du gouvernement, le Premier ministre Adolphe Muzito. C’est dans ce cadre que lundi elle avait été reçue par ce dernier à l’Hôtel du gouvernement.
Pour rappel, ce voyage de la Secrétaire d’Etat française en Rdc entre dans le cadre d’une tournée qui la conduira au Kenya et au Bénin. L’étape de la Rdc est une suite de la table ronde économique organisée à l’occasion du voyage de Nicolas Sarkozy en Rdc le 26 mars 2009. Lors de cette inoubliable tournée du président français, il avait, en effet, été beaucoup fait allusion aux investissements de certaines entreprises françaises dans certains domaines. Cela explique la présence remarquée dans la délégation de Anne-Marie Idrac des délégués de Areva et Alstrom, entreprises dont on avait beaucoup parlé jusqu’à la polémique. Il faut ajouter à cette liste les firmes comme Lafarge, Boloré, Adpe et Gemalto.
Anne-Marie Idrac avait déjà assumé dans son pays les fonctions de Secrétaire d’Etat aux Transports, de mai 1995 à juin 1997. Elle occupe ses fonctions actuelles de Secrétaire d’Etat en charge de Commerce extérieur depuis le 19 mars 2008. Une séance de travail a eu lieu à la primature avec les membres de la délégation française. Etaient conviés à cette séance de travail, les ministres congolais des Finances, de l’Energie, de l’Environnement, des Mines et de l’Industrie. Des membres de la Fec (Fédération congolaise des entreprises) étaient également associés à cette séance.
Priorités aux questions économiques
Tout indique que les problèmes économiques ont occupé l’agenda de deux parties. Il va de soi que le point d’achèvement, objectif derrière lequel la Rdc court, a été abordé par les deux parties. Cette question, on le sait, est largement liée à celle de l’allègement de la dette extérieure de la Rdc auprès des créanciers qui s’identifient dans le Club de Paris. L’autre dossier qui préoccupe le gouvernement congolais et pour lequel plusieurs stratégies sont mises en place, c’est celui de l’amélioration du climat des affaires. Les deux délégations ont également abordé ce dossier.
En résumé, les projets intégrateurs de développement dans la Région de Grands lacs, l’amélioration du climat des affaires et les investissements français en Rdc ont constitué le menu des entretiens entre Anne-Marie Idrac, Secrétaire d’Etat français en charge du Commerce extérieur auprès de la ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi et Adolphe Muzito, Premier ministre, chef du gouvernement congolais.
Parmi les retombées de cette rencontre, on signale la volonté de la France, exprimée au Premier ministre congolais, d’inscrire la RD Congo sur une liste des « Pays Emergents » dignes de bénéficier du soutien financier au titre de facilités financières. L’occasion était également belle pour annoncer la tenue le 30 mai prochain de la réunion France-Afrique. Ce sera l’opportunité, selon Anne-Marie Idrac, d’échanger sur l’économie de l’Afrique entre les chefs d’Etat et les donateurs. Un message du président français, Nicolas Sarkozy à son homologue congolais a été remis au Premier ministre Adolphe Muzito. On croit savoir que cette lettre dont la primeur est réservée à son destinataire, évoque tous ces projets.
Occasion spéciale de s’informer les uns sur les autres
La rencontre avec les hôtes français était également l’occasion pour le Chef du gouvernement congolais et la Secrétaire d’Etat française d’échanger avec divers membres des délégations dont les chefs d’entreprises françaises et les ministres du Gouvernement congolais invités à ces retrouvailles. Pour rappel, il s’agit des ministres de l’Industrie, des Mines, de l’Environnement, de l’Energie et des Finances. Comme souligné plus haut, les investissements français ont, certes, figuré en bonne place dans ces entretiens, mais, l’accent a été encore une fois de plus mis sur la nécessité d’améliorer le climat des affaires. C’est le moyen le plus sûr d’entrevoir des perspectives prometteuses pour l’économie congolaise.
A ce sujet particulièrement, le Premier ministre congolais a rassuré la partie française de la volonté politique du Président de la République, Joseph Kabila, et celle du Gouvernement, de créer des conditions rassurantes pour tous les investisseurs étrangers et nationaux. Pour preuve, une ordonnance du Chef d’Etat congolais marquant l’adhésion du pays à l’OHADA sera bientôt publiée. Dans le même cadre, le code des marchés publics sera mis en place, a insisté le Premier Ministre Adolphe Muzito. Ces efforts d’apprêter les meilleures dispositions législatives sont à saluer. Cependant, l’administration doit suivre. Les fonctionnaires doivent se dépouiller du vieil homme en se débarrassant des pratiques de la corruption. Dans le cas contraire, il faudra que la tolérance zéro impose à ces cadres incorrigibles la bonne gouvernance et le respect du bien public.
Les investisseurs qui viennent dans le pays doivent, dès l’aéroport de N’Djili, se sentir réellement pris en charge. Ils doivent, comme cela se fait dans d’autres pays, être capables d’avoir déjà au niveau de l’aéroport des informations dont ils auraient besoin. Un bureau, mieux un service, doit être installé aux aéroports pour ce faire.
Accord de financement avec la Fec
Les choses semblent aller très vite. Aussitôt après la rencontre avec Adolphe Muzito, la secrétaire d’Etat française s’est retrouvée au siège de la Fédération des entreprises du Congo (Fec) où a été organisée une cérémonie de signature d’un accord de financement. Cet accord a, du côté français, porté la signature de la secrétaire d’Etat tandis que du côté congolais celle du président de la Fec, Albert Yuma.
Il s’agit justement d’un accord visant l’amélioration du climat des affaires entre les deux pays, la France et Rdc. Il témoigne nettement du soutien de la République française aux entreprises privées de la Rdc. Il s’agit d’un engagement des entreprises françaises d’accompagner la fédération et les entreprises congolaises. Parlant de cet accord, Anne-Marie Adrac l’a qualifié de très important entre l’Agence française de développement et la Fec. La Secrétaire d’Etat française a épinglé l’implication personnelle du président français Nicolas Sarkozy dans cet accompagnement français. « C’est avec beaucoup d’enthousiasme et d’amitié que nous signons cet accord de financement », a-t-elle déclaré.
Quant au président de la Fec, il a estimé que l’accord qui vient d’être signé tombe à point nommé. Il le considère comme l’aboutissement d’un processus de financement amorcé entre les deux pays. Pour le patron des patrons congolais, son organisation, la Fec, s’engage à respecter les clauses de cet accord avant d’émettre le vœu de voir les investisseurs français s’engager effectivement en Rdc. Une conférence de presse animée par les deux personnalités a clôturé la rencontre. Les deux vedettes de la cérémonie ont répondu aux questions de la presse.
Joachim Diana G./L’Avenir
(DN/PKF/Yes)