«La RDC est une très belle fille. Quel est le niveau de la dot pour gagner la dulcinée ? C’est au gouvernement de le déterminer» à travers le Code de l’assurance, a déclaré Pathé Dione.

Fondateur de SUNU, le premier groupe d’assurance vie d’Afrique de l’Ouest, Pathé Dione dirige, depuis la France, un holding de quinze compagnies d’assurances.

En marge de la rencontre de la FANAF à Kinshasa, l’homme d’affaires qui traîne 40 ans d’expérience dans le secteur des assurances a salué la libéralisation promise par le gouvernement.

Doté d’une expérience dans neuf pays africains, il n’est pas exclu qu’il se mette au service de la RDC. «La RDC est importante. «Aucun investisseur sérieux ne peut manquer d’ambition d’opérer dans ce pays», a-t-il déclaré.

La structure monopolistique dans le domaine de l’assurance n’a pu permettre l’éclosion du secteur en RDC. D’ailleurs, il ne pouvait en être autrement, dans un environnement où les sinistres n’étaient pas régulièrement payés par l’assureur national, la Sonas. «Le marché de la RDC présente de réelles potentialités. Une fois la loi votée, nous manifesterons notre intérêt».

La pétition de principe à elle seule ne suffit pas. Le gouvernemental doit aller au-delà, en traduisant en acte ce postulat. Des investisseurs capables d’apporter leur expertise et des fonds sont disposés à opérer en RDC pourvu que le Code des assurances, tel que promis par le vice-Premier ministre Bongeli soit à la mesure des attentes.

Et les attentes dans ce secteur sont nombreuses pour amener la protection tant souhaitées des personnes assurées.

L’assurance étant une épargne publique, des investisseurs sérieux n’entendent pas se présenter en conquérant. Ils attendent que les règles du jeu soient fixées afin de se mouvoir dans un environnement clairement défini. C’est le cas de SUNU, qui signifie «Notre» pour qui, il faut implanter des sociétés d’assurances «financièrement solides et professionnellement reconnues».

Aussi, est-il recommandable pour la RDC, notent des observateurs, de privilégier l’éthique, la solidarité, …

Dans les conditions d’inexistence d’un cadre légal, opérer en RDC reviendrait à s’exposer à des tâtonnements sur le plan des procédures. La prudence dans les démarches et les approches permettent de sauvegarder sa réputation.

L’assureur de demain

La RDC ambitionne de libéraliser le secteur. Ce n’est pas une révélation d’autant que depuis un temps, des discussions se succèdent aux réflexions de tous genres pour apporter des remèdes appropriées.

Plusieurs pistes s’offrent pour mener à bien ce processus.

Il s’agit notamment de la prise des parts par un privé dans le but de consolider l’opérateur public avant l’ouverture du secteur. D’autre part, il est possible de céder le portefeuille «Vie» à certains privés et le volet «Dommage» à d’autres.

Dans le cas contraire, la Sonas risque d’être malmenée par la puissance de feu des opérateurs mieux outillés et dotés des moyens conséquents. L’assureur qu’il faut pour la RDC doit apporter la protection aux gens, industries, investissements, mobiliers et immobiliers, …

Le placement de l’épargne publique doit amener à la construction «d’une relation de confiance basée sur la loyauté avec les assurés». Les réformes dans l’assurance est un volet qui doit préoccuper les institutions, plus que les autres secteurs couverts par les entreprises publiques. Un défi de l’expertise et de la volonté politique de changement.

Le Potentiel


(CL/PKF)