Le Conseiller spécial de Barack Obama résume sa mission : « Nous continuons à soutenir les efforts, à mettre une pression militaire sur les Fdlr, mais aussi une pression politique pour qu’ils puissent rentrer chez eux au Rwanda. Et nous essayons aussi de mettre la pression sur les éléments de la diaspora qui offrent leur soutien aux FDLR. Il s’agit d’objectifs clés si l’on veut de la stabilité dans la région ».

Pour être sollicité, la Rdc l’est réellement. Les délégations étrangères se succèdent. Elles viennent de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique. Toutes s’intéressent à la Rdc et veulent l’accompagner dans ses efforts de reconstruction, chacun selon l’ordre de ses priorités. Alors que les traces de la secrétaire d’Etat française en charge du Commerce extérieur, Anne-Marie Adriac, sont encore fraîches, une délégation américaine s’est signalée en Rdc.


Elle est conduite par Howard Wolpe, Conseiller spécial du président américain, Barack Obama, pour la région des Grands Lacs. Si la Française a essentiellement parlé économie avec les autorités congolaises, l’Américain arrivé mardi dans le chef-lieu de la province du Sud-Kivu, vient parler paix à l’Est de la Rdc.

Conseiller spécial de Obama pour la région des Grands Lacs, il est à Bukavu pour s’imprégner de la situation dans cette partie de la Rdc. Il va de soi que le conseiller spécial du président américain a choisi le Sud-Kivu à cause des opérations de traque des Fdlr qui s’y déroulent. Beaucoup de choses ont été dites au sujet de ces opérations. Tout cela doit être arrivé jusqu’aux oreilles de Barack Obama qui voudrait en savoir plus en touchant du doigt cette réalité. La démarche est louable. Mais, dans une certaine opinion on croit savoir que son succès dépendra de ses interlocuteurs à Bukavu. S’il va rencontrer les Ong dites internationales afin de les entendre infirmer ou confirmer leurs rapports, on peut craindre cette mission se termine sur des condamnations qui n’aideront pas le pays à avancer.

Lorsqu’on connaît l’importance que le président Barack Obama accorde à la stabilité de la région des grands Lacs, on ne le voit pas envoyer son conseiller spécial faire du cinéma à l’Est. Même les Ong internationales dont on connaît le degré de négativité lorsqu’il faut parler de la Rdc vont compter parmi les interlocuteurs de l’Américain, on ne peut pas mettre en doute sa capacité de discernement. Rien ne dit qu’il n’écoutera pas également les dirigeants congolais.

Enfin, la mission de Howard Wolpe est différente de celle d’un ambassadeur ou d’un ministre en visite qui vient, rencontre des gens et rentre en parler dans son rapport. Il est Conseiller spécial de Barack Obama pour la région des Grands Lacs. Cela l’oblige non pas de rester en permanence dans la région, mais aussi d’écouter tout le monde. Dans une certaine opinion, on ne semble pas apprécier le fait qu’il débarque directement à Bukavu. Comme on l’a dit plus haut, il n’a pas le droit de chaque fois faire le protocole à Kinshasa avant d’aller dans la zone troublée. Pourquoi devrait-il agir autrement que le représentant de l’Ue pour les Grands Lacs qui va et vient dans ce pays à tel point que l’on ne sait même plus le localiser. C’est pour dire que certaines craintes exprimées n’ont pas de fondement.

Le Conseiller spécial de Barack Obama pour la région des Grands s’intéresse à la situation relative à l’après campagne contre les Fdlr sans oublier la situation humanitaire que l’on dit préoccupante, surtout dans les camps des déplacés. Dans son programme, il est prévu des rencontres avec les responsables de la Monuc. Outre la Monuc, il va rencontrer, apprend-on de bonne source, le gouverneur de la province du Sud-Kivu. On ne peut donc pas dire qu’il a évité les dirigeants congolais. Car, le gouverneur représente valablement le Chef de l’Etat et le chef du gouvernement congolais.

Après cette séance, Monsieur Howard va s’entretenir avec différentes couches politiques et sociales, à savoir la société civile, l’assemblée provinciale… Outre le gouverneur, il prendra langue avec les associations féminines de la province. Les autorités militaires de la 10ème région militaire sont également prévues sur l’agenda de l’Américain. Comme quoi, il n’aura pas un seul son de cloche. Après tout, son rôle n’est pas celui d’un juge, même si certaines associations ne ratent aucune occasion pour verser leur bile sur les dirigeants du pays. Son souci, celui du président Obama, c’est de trouver une solution définitive au problème des Fdlr. Avec ses interlocuteurs, il est question de leur faire savoir les efforts de Washington à ce sujet.

C’est le sens de ses propos rapportés par Okapinet : « Nous continuons à soutenir les efforts, à mettre une pression militaire sur les Fdlr, mais aussi une pression politique pour qu’ils puissent rentrer chez eux au Rwanda. Et nous essayons aussi de mettre la pression sur les éléments de la diaspora qui offrent leur soutien aux FDLR. Il s’agit d’objectifs clés si l’on veut de la stabilité dans la région ».

Joachim Diana G./L’Avenir


(DN/PKF/Yes)