Un projet d’appui spécifique aux femmes ex-combattantes vulnérables est en cours d’exécution à Kalemie, dans la Province du Katanga.
Ce projet de la Caritas-Développement Congo, mise en œuvre par la Caritas-Développement Kalemie, vise à renforcer la réussite de la réinsertion socio-économique des familles monoparentales vulnérables des ex-combattantes démobilisées dans le cadre du Programme National de Désarmement et Démobilisation (PNDDR) à travers le renforcement de l’accès aux possibilités d’emploi durable.
Il encadre 170 femmes ex-combattantes et filles associées aux forces et groupes armés ainsi que 60 membres des communautés comme bénéficiaires. Il bénéfice de l’appui financier de la Banque Mondiale à travers l’Unité d’Exécution du Programme National de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (UEPN-DDR), rapporte caritasdev.cd.
Ce projet prévoit notamment comme activités l’alphabétisation des bénéficiaires, leur formation en activités génératrices des revenus (AGR), le gardiennage de leurs enfants, la sensibilisation publique des communautés sur la lutte contre les violences sexuelles et le choix des activités génératrices des revenus à mener par les concernés.
Trois mois après le lancement du projet sur le terrain, affirme Monsieur Boniface Nakwagelewi, Coordonnateur des Urgences et Chargé de ce projet à la Caritas-Développement Congo, 118 bénéficiaires suivent des cours dans trois centres d’alphabétisation dont les élèves ont été repartis en trois degrés selon qu’ils n’ont jamais été à l’école ou ont dû interrompre les études à un certain niveau de l’enseignement primaire.
Il s’agit des centres de Katambwa, Kibwe et Uhodari Lubuye. « Ces bénéficiaires ont aussi été initiés aux activités génératrices des revenus (AGR) grâce à l’expertise des formateurs de la Coopération Technique Allemande (GTZ) venus de Kindu dans la Province du Maniema. Pour ce volet, ils sont au nombre de 187 bénéficiaires.
Les enseignements ont été dispensés en swahili et axés sur les compétences économiques pour la formation à l’esprit d’entrepreneuriat (C.E.F.E)», a précisé à caritasdev.cd Monsieur Boniface Nakwagelewi.
Les bénéficiaires et encadreurs du projet ont ainsi profité d’une formation articulée sur la définition du concept « C.E.F.E », les caractéristiques personnelles de l’entrepreneur, les compétences personnelles vendables de ce dernier, la tenue et l’utilisation des documents comptables, la création des associations et l’analyse « F.F.O.M » (ou Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces).
Par ailleurs, trois centres de gardiennage ont été mis en place par le projet et sont situés tout proche de chaque centre d’alphabétisation en vue de permettre aux bénéficiaires des cours de récupérer leurs enfants en toute quiétude à la fin de chaque séance d’enseignement. Ce sont 60 enfants qui sont ainsi encadrés chaque jour par deux encadreurs dans chaque centre de gardiennage.
Sur le volet de la sensibilisation publique des communautés sur la lutte contre les violences sexuelles, l’activité a débuté avec la formation du personnel du projet. Elle a été assurée par l’équipe de la Commission Justice et Paix du diocèse de Kalemie qui est aussi membre de la synergie de l’Initiative Conjointe de lutte contre les violences sexuelles dans le district du Tanganyika.
20 bénéficiaires, dont 12 animateurs communautaires partenaires oeuvrant dans le domaine des violences sexuelles et 8 encadreurs du projet, y ont pris part. Ils ont ainsi renforcé l’efficacité du projet sur le terrain et l’implication de tous dans l’exécution de ses activités. Cette activité s’est achevée par une descente sur le terrain dans cinq villages sur l’axe Moba à 25 Km de Kalemie pour une sensibilisation des communautés et l’orientation des victimes des violences sexuelles.
Actuellement, les encadreurs du projet s’adonnent au suivi des activités des bénéficiaires qui se sont lancés dans les six filières retenues par ce projet. Il s’agit de l’agriculture, la couture, la savonnerie, l’élevage, la coiffure et la boulangerie qui a attiré le plus grand nombre d’entre eux.
Le projet a ainsi réussi à ce jour à organiser 8 groupes solidaires en raison de 25 bénéficiaires par groupe sous la direction d’un encadreur. Ce dernier sensibilise et appuie les bénéficiaires par des conseils sur la gestion des activités génératrices des revenus et les sensibilise sur la notion d’épargne dans les coopératives de la place.
Le Potentiel
(CL/Yes)