L’information révélée le week-end de l’occupation par le Soudan des localités congolaises de la Province Orientale est démentie formellement par l’ambassadeur de ce pays à Kinshasa arguant que le territoire soudanais étant sous-peuplé, Khartoum ne peut nourrir d’ambitions expansionnistes vers la RDC.
Le Soudan ne se permettra jamais d’envahir une portion du territoire congolais, car il dispose des espaces terrestres énormes pour une population estimée à 40 millions d’habitants. Telle a été la réaction de M. Anthony KON, ambassadeur plénipotentiaire du Soudan en RDC, pour réfuter ce qu’il considère comme des allégations mensongères des médias internationaux relayées par la presse congolaise le week-end dernier. La circonstance de cette mise au point a été la conférence de presse tenue lundi au siège de l’ambassade du Soudan située sur le Boulevard du 30 juin à Gombe en face de la banque nigériane FIBANK.
De nombreuses sources concordantes avaient fait état de l’intrusion des militaires de la SPLA (armée de libération du Sud-Soudanà dans le village de Kimba situé à deux cents mètres à l’intérieur du territoire congolais. Ces sources ont repris les déclarations de nombreuses organisations de la société civile congolaise et surtout du chef coutumier des KAKWA du nom de LIKAMBO Araba qui avait dénonce les prétentions du commissaire de District soudanais de Morobu. Ce dernier avait en fait déplacé la frontière à plus de deux cents mètres à l’intérieur du territoire congolais au-delà de la route qui sépare les frontières communes. Et comme si cela ne suffisait pas, cette autorité soudanaise a poussé sa provocation jusqu’à construire un bâtiment administratif à Kimba, un village situé près de la ville d’Aru dans la Province Orientale.
Déjà l’année dernière et plus précisément au mois de juillet, des pourparlers avaient eu lieu dans la localité d’Ariwara entre les chefs coutumiers sous l’oeil vigilant des responsables des services de sécurité de deux pays liés par une histoire commune depuis des millénaires. Signe que des prétentions d’occupation des portions du territoire congolais étaient déjà perceptibles du côté soudanais.
Cependant, pour l’ambassadeur soudanais à Kinshasa, ce sont là des allégations mensongères qu’il faut rejeter et si jamais des frictions pour la délimitation des frontières survenaient, c’est la voie diplomatique qui règlera la question. Le Soudan, son pays, a-t-il fait savoir, concentre tous ses efforts pour renforcer les relations si heureusement excellentes avec la RDC, des relations implantées au coeur des habitants de deux Etats qui appartiennent à des tribus transfrontalières comme les AZANDE, les KAKWA, etc.
Il est hors de question donc pour le diplomate soudanais de gâcher ces relations de bon voisinage pour quelques mètres carrés de terre, alors que le Soudan est son peuplé, a-t-il noté, a trop de problèmes internes au pays pour que son gouvernement vienne en créer d’autres avec la RDC, s’est plaint M. Anthony KON indiquant que les frontières entre les deux Etats sont claires depuis la période coloniale. Si l’une des parties venait à remettre en cause la délimitation d’un lieu, a encore soutenu l’ambassadeur, il appartiendra aux diplomates de se mettre autour d’une table pour régler cette question. Raison pour laquelle il a déjà sollicité une audience auprès du ministre congolais des Affaires Etrangères pour démentir ces accusations qu’il juge « sans fondement ».
Vers la suppression des frontières
Le rêve qui hante les autorités de Khartoum, a encore souligné son ambassadeur à Kinshasa, serait de voir construit un chemin de fer de Matadi jusqu’au barrage d’Assouan en Egypte, une vision léguée par le Héros africain P.E. LUMUMBA et les pères fondateurs de l’Union Africaine. Le Congo doit être fort pour aider le Soudan à demeurer dans la paix rétablie de haute lutte contre la longue guerre civile qui l’a déchiré depuis des décennies. De sorte que les populations de deux pays puissent se déplacer librement sans passeport ou autres paperasseries inutiles pour des peuples frères liés par le sang et l’histoire commune.
Et pour preuve, les délégués de deux gouvernements se sont retrouvés récemment à Juba, capitale du Sud Soudan, pour discuter de la question des MBORORO, ces tribus nomades venues de l’Afrique de l’Ouest en passant par le Tchad et le Soudan. Reste que les déclarations de l’ambassadeur soudanais à Kinshasa sont contredites par celles claironnées par le gouverneur de la Province Orientale qui entrevoit des pourparlers entre les officiels de deux pays au sujet de la détermination des frontières au niveau du territoire d’Aru. Et un observateur d’ajouter que le coup de poker de Luanda avait commencé de la même manière pour finir par l’occupation des villages situés dans le territoire de Kahemba.
F.M./Le Phare
(DN/TH/Yes)
Last edited: 09/02/2010 16:06:22