La ministre belge des Affaires sociales et de la Santé a vu dans une salle d’hospitalisation des femmes dont les organes intimes ont été complètement détruits du fait de la cruauté des hommes en armes.
Mme Laurette Onkelinx, vice Premier ministre et ministre belge des Affaires sociales et de la Santé publique, en charge de l’intégration sociale, a rencontré vendredi à l’hôpital général de Panzi, dans la banlieue sud de Bukavu à l’Est de la RDC, plus de 250 femmes et filles victimes de violences sexuelles qui ont réclamé deux choses, à savoir, la paix et les médicaments.
La visite de l’hôpital de Panzi, à 8 Km du centre de la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud Kivu, a été la partie la plus pathétique du séjour en RDC de Mme Laurette Onkelinx qui a vu, dans une salle d’hospitalisation, des femmes dont les organes intimes ont été complètement détruits du fait de la cruauté des hommes en armes, essentiellement des rebelles Hutu rwandais des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda).
Le médecin directeur de l’hôpital de Panzi, le Dr Denis Mukwege, a indiqué que cet hôpital a un service de chirurgie suffisamment équipé pour prendre en charge les cas d’obstruction de l’appareil génital et les réparations des fistules. Mais le problème se pose pour les femmes et les filles qui ont subi une destruction méchante de leur appareil génital.
L’hôpital reçoit des femmes et des filles dont les parties intimes ont été brûlées avec de la matière plastique ou détruites quand on y tiré avec des balles réelles. Ainsi, sur 600 femmes qui vont subir une intervention chirurgicale majeure dans cet hôpital, il faut compter 5%, soit 30 femmes, considérées comme incurables, a expliqué le Dr Mukwege.
Ces femmes, a dit le médecin, refusent de quitter l’hôpital à l’idée d’être rejetées par les leurs dans leurs villages. Ces cas nécessitent une intervention chirurgicale très spéciale. Malheureusement, a déploré le Dr Mukwege, il n’y a pas sur place de spécialistes en urologie pour pratiquer ces interventions. Il a évoqué un vieux projet de l’hôpital de Panzi avec le Royaume de Belgique qui s’était engagé à envoyer à Bukavu des techniciens urologues belges pour former sur place des techniciens congolais. Mais ce projet, a-t-il constaté, tarde à se réaliser.
Le Dr Jean Paul Noterman de la Coopération Technique Belge (CTB) qui a accompagné la ministre belge des Affaires sociales et de la Santé publique à Bukavu, a expliqué que la difficulté rencontrée est qu’on n’a pas pu trouver des urologues qui maîtrisent les techniques chirurgicales indispensables pour les cas de ces femmes. Le Dr Mukwege a suggéré qu’on recourt aux cancérologues spécialistes de l’ablation de la vessie, étant donné que la pathologie qui affecte ces femmes victimes de violences sexuelles n’est pas rencontrée en Europe.
La ministre Laurette Onkelinx a promis de se pencher sur cette question à son retour en Belgique. Elle a dit qu’elle était venue dans cet hôpital, qui consacre 50% de ses activités à la prise en charge des victimes des violences sexuelles, pour se rendre compte de la situation. Il est question, a-t-elle précisé, d’essayer d’aider l’hôpital de Panzi à redonner espoir à ces femmes pour qu’elles construisent leur avenir.
L’hôpital de Panzi a déjà reçu et traité, depuis sa création en septembre 1999 par la Communauté des Eglises Pentecôtistes en Afrique (une communauté protestante), au moins 30.000 femmes victimes de violences sexuelles. Cet hôpital, qui a une capacité de 416 lits, reçoit en moyenne 10 cas de violences sexuelles par jour.
Tenant compte de la cruauté avec laquelle ces violences sexuelles se commettent, le Dr Mukwenge a dit qu’on a l’impression qu’il existe un plan de destruction de la population du Sud Kivu à travers la destruction des femmes. « Si éduquer une femme, c’est éduquer une nation, alors détruire une femme, c’est détruire une nation », a-t-il expliqué. Il a été constaté par ailleurs que 6% des femmes victimes de violences sexuelles soignées à l’hôpital de Panzi sont infectées par le VIH Sida.
L’archidiocèse de Bukavu sollicite l’appui de la Belgique en faveur de ses œuvres médicales
L’archidiocèse catholique de Bukavu, dans la province du Sud-Kivu (Est de la RDC) a demandé jeudi que le Royaume de Belgique apporte son appui aux œuvres médicales qu’il gère au profit de la population de cette province durement éprouvée ces dernières années par les conflits armés.
L’archevêque de Bukavu, Mgr François Xavier Maroy a exprimé cette demande à la vice Première ministre et ministre belge des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de l’intégration sociale, Mme Laurette Onkelinx, qui a séjourné à Bukavu jeudi et vendredi en compagnie du ministre congolais de la Santé publique, Auguste Mopipi. Le prélat a sollicité cet appui particulièrement dans le domaine des laboratoires qui pose d’énormes problèmes dans les hôpitaux et centres de santé gérés par l’Eglise catholique. Le Bureau diocésain des oeuvres médicales (BDOM) a présenté à cette occasion à Mme Onkelinx ses différentes réalisations accomplies dans un contexte de pauvreté généralisée.
La ministre belge des Affaires sociales et de la Santé publique a été impressionnée par l’initiative de création et d’organisation des mutuelles de santé au sein des structures sanitaires gérées par l’Eglise catholique. Ces mutuelles de santé permettent, grâce aux cotisations des membres et à la solidarité, aux personnes démunies d’accéder aux soins de santé. Il arrive que 80% des personnes qui apportent leur cotisation ne tombent pas malades.
Les cotisations profitent à 20% d’adhérents aux mutuelles qui, par leurs propres moyens, ne peuvent pas accéder aux soins de santé de qualité. Le BDOM de l’archidiocèse de Bukavu encadre actuellement 16 mutuelles de santé dans 10 zones de santé sur les 34 que compte la province. Actuellement, 2% seulement de la population du Sud Kivu, soit 11.000 personnes, sont couvertes par les mutuelles de santé.
Les cotisations dans ces mutuelles varient entre 2 et 5 dollars US par personne et par an. Les adhésions aux mutuelles encadrées par le BDOM se font par ménage et non par individu. Le Bureau diocésain des oeuvres médicales de l’archidiocèse de Bukavu est présent dans 10 zones de santé du Sud Kivu et gère 11 hôpitaux généraux de référence à travers cette province.
Mme Laurette Onkelinx s’est rendue jeudi après midi dans l’un de ces hôpitaux en compagnie du ministre de la Santé publique, Auguste Mopipi Mukulumanya. Il s’agit de l’hôpital général de référence Dr Rau de Ciriri, situé dans la périphérie de Bukavu, à 10 Km du centre de la ville. Créé en 2002 par le Dr Rau de Ciriri, il a une capacité de 130 lits. La ministre belge des Affaires sociales et de la Santé publique a reçu des explications sur le fonctionnement de la mutuelle de santé de ce complexe hospitalier.
ACP
(TN/TH/Yes)
Last edited: 09/02/2010 14:06:31