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Le projet de loi fort controversé portant organisation de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a été adopté lundi par le Sénat qui avait apporté des amendements substantiels à la copie adopté et transmise par l’Assemblée nationale

Par 76 voix pour, 6 abstentions et zéro voix contre sur les 82 Sénateurs ayans pris part au vote, le Sénat a adopté lundi le projet de loi portant organi­sation et fonctionne­ment de la Commis­sion Electorale Nationale Indépendante (CENI). Ensuite, la chambre haute a procédé à l’examen et au vote de trois autres projets relatifs à l’amélioration du climat des affaires en République démo­cratique du Congo. Les trois derniers projets de loi por­tent sur le régime du commerce, la publi­cation et notification des actes officiels ainsi que la révision du décret du Roi souverain de mars 1951.

Composé de 61 arti­cles au total, l’adoption dé­finitive de la Ceni au Sénat n’a pas causé beaucoup de problèmes. A part quel­ques huit articles où des amendements proposés n’ont pas été retenus par la commission spéciale. C’est le cas de l’article 9 de la loi où la commission avait en­registré 5 amendements parmi lesquels celui du Sé­nateur Nzege Aliambina. Ce dernier voulait qu’on admette les langues du mi­lieu ou vernaculaires pour faciliter la vulgarisation de la loi électorale au sein des couches populaires. C’est-à-dire outre le Français et les quatre langues natio­nales (Kikongo, Lingala, Swahili et Tshiluba) consa­crés dans la Constitution, l’ancien ministre de l’EPSP sous le régime du MPR ­Parti Etat voulait qu’on in­sère une incise admettant aussi les langues dites du milieu dans cette campa­gne de vulgarisation.

L’auteur a aligné quelques exemples pour démon­trer qu’il y a des contrées dans le pays qui ne sont pas desservies par les langues nationales. Rai­son pour laquelle, il faudra faire recours aux langues du milieu pour faciliter la compréhension. Ce que la commission a rejeté et son président Me Toussaint Ekombe a fait remarquer qu’admettre un tel amen­dement, l’on aura ouvert une brèche dangereuse parce que la Rdc compte plus de 274 langues et dialectes confondus. Alors lesquelles admettre, et lesquelles laisser ? S’est­-il interrogé, avant de faire voir qu’il n’y a pas de contrée où l’on ne peut pas communiquer avec l’une des 4 langues nationales. A ce sujet, le président de la plénière a voulu savoir si les langues vernaculaires étaient admises dans l’ac­tuelle loi électorale. Non, ont répondu en coeur les sénateurs présents dans la salle des conférences internationales.

Les revendications des femmes non satisfaites

Un autre article ayant suscité des expli­cations avant son adop­tion est le 10ème au sujet duquel la Sénatrice Eve Bazaiba a tenu qu’on admette le principe de la parité consacrée par la Constitution en son article 14.

Mais la commission a plutôt trouvé une formule recommandant aux re­groupements politiques et de la société ayant la mis­sion de designer les mem­bres de la Ceni de prendre en compte la dimension genre.

L’article 18 a aussi provoqué des réactions en rapport avec la neutralité dont devront faire preuve les membres du bureau de la Ceni.

Pour les auteurs de cet amendement, l’on ne voit pas comment des gens choisis par les regroupe­ments politiques doivent être neutres.

Line paritaire de facto

Au regard de la loi, une commission mixte paritaire Assemblée natio­nale–Sénat s’impose, car la loi a été adoptée dans des termes différents par les deux chambres. Parmi les divergences de fonds, figurent le nombre des membres du bureau. L’As­semblée nationale avait retenu 7 membres dont 4 provenant de la majorité et 3 de l’opposition institutionnelle pour la composi­tion du bureau. Tandis que le Sénat en a retenu 9 en y ajoutant 2 représentants de la société civile.

Il y a aussi la créa­tion de l’assemblée plé­nière de 26 membres que la Chambre basse n’avait pas prévue. Voilà autant de divergences majeures ou de fonds qui exigent la mise en place de la commission mixte paritaire.

Comme ce fut le cas pour l’adoption du budget 2010 en cours, les parlementai­res seront soumis au ryth­me marathon s’ils veulent que le pouvoir organisateur des élections se mette en place à temps. Il importe de signaler qu’une fois promulguée, la Ceni se mettra en place dans les six mois qui suivent.

Dom/Le Phare


(DN/Milor/Yes)



Last edited: 10/02/2010 15:53:03

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