Au lendemain des 70 ans, en 2008, de carrière mu­sicale du guitariste et « Poète » Lutumba Simaro célébrés au Grand Hôtel de Kinshasa, le projet de réalisa­tion d’un documentaire sur la vie et la carrière du patron du groupe Bana Ok et ex-bras droit du Grand Maître Franco a été lancé.

Les ministères autant national que provincial ayant en charge la culture ont été saisis à cet effet pour aider à la matérialisation du projet. Des sponsors égale­ment, notamment du secteur brassicole. Et pourtant.

S’agissant des spon­sors précités, on sait que Lutumba Simaro, tant aux cô­tés de Luambo Makiadi Franco qu’après la mort du Grand Maître, a eu à rendre des services appréciables à la Bralima. Il n’y a, à titre d’exemple, qu’à se souvenir du fameux spot sur « l’enve­loppe » à l’époque de Kimasa Wolf.

Faut-il attendre la mort de l’artiste pour élever des banderoles à sa mémoire et à sa gloire à travers la ville ? « Ces fleurs que vous mettrez sur ma tombe, c’est de mon vivant que je veux en jouir », disait encore un philo­sophe américain, Henry David Thoreau.


L’interpellation vaut aussi pour ces mécènes qui agissent à ciel ouvert ou dans l’ombre.

Didi Kinuani, Tchatcho Mbala, Baudelaire Kuyena, Djodjo Mandiki Mapata, Seke Mwadi et tant d’autres encore, sans parler des opérateurs politiques et d’autres secteurs de la vie socio-culturelle du pays.

Il faut dire que le do­cumentaire sur la vie et la car­rière du « Poète » Lutumba Ndomanueno alias Simaro Masiya vaut son pesant d’or.

Ceci au regard du déficit évi­dent de documents écrits et filmés sur les artistes ayant précisément marqué notre culture, en l’occurrence notre art du son.

En la matière, qu’a-t-on gardé de Kabasele Tshamala « Grand Kallé Jeef », Docteur Nico Kassanda, Abeti Masikini et plus près de nous, Kabasele Yampanya « Pépé Kallé » et Madilu System pour ne citer que ceux-là ? Juste des inter­viewes éparses, qui du reste ne renseignement pas suffi­samment sur leur carrière, les expériences qu’ils ont vécues personnellement... et des clips. Et pourtant, que n’aurait-on pas appris s’il avait été donné à Luambo Makiadi, Nico Kassanda, Pépé Kallé et d’autres encore de parler eux-mêmes de leurs propres vie et carrière, de leurs oeuvres les plus mar­quantes, des expériences vécues et de faire des témoigna­ges les plus inédits ? Avec Lutumba Simaro cette fois-ci et, demain, avec d’autres grands noms de la musique congolaise, on veut porter re­mède à la chose. Pour la pos­térité.

Ceux qui veulent aider à la matérialisation du docu­mentaire sur le « Poète » Lutumba Simaro peuvent prendre contact avec Kalonji Ngoy Kumbi Kumbi, réalisateur de l’émission  « Karibu Variétés » sur la Rtnc au n°099 99 59 539.

Il en est de même de tous ceux qui auraient des témoignages solides et intéres­sants sur la vie, la carrière, une oeuvre ou une autre de l’artiste. Le documentaire est un hommage à un artiste -Lutumba Simaro - d’excep­tion, un baobab de la musique congolaise, un modèle d’homme et de musicien par ailleurs doyen des musiciens congolais en activité avec ses 52 ans de présence ininter­rompue sur la scène musi­cale.

Aux grands hommes, la nation ne se doit-elle pas d’être reconnaissante ? Qu’en disent Teddy Kinsala, Médard Diamonika et Samy Serge ?

Kale Ntondo/Visa


(Tkm/BT/PKF)