Un prêtre de l’archidiocèse de Kinshasa, M. l’abbé Cola Lubamba Emmanuel qui vient de mettre sur orbite son nouvel album « Mandangamanga» propose aux fidèles à travers son oeuvre le recours à la tradition pour invoquer le nom de Dieu.
M. l’abbé Cola Lubamba Emmanuel, est l’un des prêtres de Kinshasa récemment ordonnés par Mgr Laurent Mosengwo Pasynya, l’Archevêque du lieu. Artiste- musicien complet, ce jeune prêtre qui a de grandes responsabilités au sein de l’Eglise surprend par la profondeur des thèmes qu’il exploite dans son œuvre et a à donner à la musique chrétienne congolaise qui connaît quelques problèmes d’éthique. La musique est pour lui une passion. Il a même gagné plusieurs prix au niveau national grâce à cet art. C’est pourquoi il l’utilise pour évangéliser le peuple de Dieu, éduquer sa société.
Pour revenir à l’évangélisation, il vient de lancer sur le marché « Mandangamanga », son deuxième album qui succède à « Bomoko ». Ce nom, en dialecte yombe du Bas Congo signifie, le Dieu Très haut, une interpellation, selon lui, aux chrétiens à louer Dieu chacun dans sa langue. Un album de 8 titres qui exploite plusieurs autres thèmes, les 4 langues nationales du pays, une façon pour lui de s’adresser à tous les Congolais, car l’évangile n’a pas de limites.
Dans cet album, il va encore plus loin en exploitant plusieurs autres styles de musique du pays et d’ailleurs et même associe le virtuose Kool Matope, un musicien chrétien non Catholique. N’est-ce pas là pour lui une façon de briser les barrières que certains chrétiens érigent inutilement entre eux, une façon de promouvoir l’œcuménisme, de dire que tous sont un et ont besoin du salut ? La rédaction de Digitalcongo a rencontré ce prêtre et vous invite à percer le mystère de «Mandangamanga » qui annonce- t-il, à peine sortie se vend très bien.
Multi média Congo(MMC) .- M. l’abbé Bonjour
Monsieur l’abbé Cola Lubamba(MACL) : Bonjour Boniface et Gisèle
MMC : Voulez -vous d’abord vous présenter aux visiteurs du site Digitalcongo.net
MACL : Oui je suis M. l’abbé Cola Lubamba Emmanuel, prêtre de l’Archidiocèse de Kinshasa, Président de la Corporation des musiciens chrétiens catholiques, initiateur et responsable de l’orchestre Symphonie céleste. J’assume également d’autres fonctions. Je suis cadre à la Télévision catholique Elykia.
MMC: Merci M. l’Abbé. C’est depuis quand que cet orchestre existe
MACL : Nous allons totaliser 7 ans cette année
MMC : Vous venez de lancer du disque un album. Il a comme titre «Mandangamanga». Que signifie ce vocable ?
MACL : « Mandangamanga »c’est mon deuxième album. Le premier album c’est « Bomoko ». « Mandangamanga » signifie Le Dieu Très haut. Et c’est en dialecte yombe. En Kiyombe. Pourquoi ce titre ? Je voudrai tout simplement éveiller la conscience des fidèles chrétiens surtout africains et précisément congolais à savoir dire le nom de Dieu en langue locale. Assez longtemps nous avons épousé les attributs de Dieu en langues étrangères, tel que El Shadaï… Mais maintenant nous devons également apprendre à prier Dieu dans nos langues. « Mandangamanga » j’ai choisi cela parce que nous avons déjà d’autres attributs en d’autres langues : Mvidi Mukulu, Maweja nangila, Mungu... Dans Mandanganganga qui signifie le Dieu très haut, j’ai voudrai que Dieu qui est notre créateur devienne notre référence à nous tous.
MMC : Vous voulez donc demander à chaque personne de louer Dieu dans sa langue. Mais M. l’Abbé, quel est le message principal de cet album ?
MACL : Cet album est essentiellement centré sur l’adoration et la louange au Dieu très haut qui est notre référence à tous. Quel l’on soit Catholique et ou on Catholique, on s’y retrouve. Et d’ailleurs, il y a quelques signes qui le démontrent, il y a un des featurings que j’ai pu réaliser avec le chant « Toyembela Mokonzi » avec Kool Matope. Donc un album qui met d’accord toutes les confessions religieuses.
MMC : M. l’Abbé, actuellement il y a tout un débat, une polémique diraient d’aucuns au sujet de l’aspect business qui caractérise votre milieu avec plusieurs musiciens qui, avec leurs albums qu’ils composent visent certains intérêts matériels ou fiananciers. Qu’en est –il de vous avec « Mandangamanga »
MACL : « Mandangamanga », je ne voudrai pas qu’il puisse constituer pour nous un gagne –pain. Mais, je voudrai d’abord à travers lui évangéliser car pour moi, en tant que prêtre, la musique est un instrument d’évangélisation. Mais qu’entendez vous par débat ou polémique et c’est atour de quoi
MMC : Oui M. l’abbé en parlant de polémique ou de débat on veut faire allusion à ce qui se raconte sur la musique des gens qui évoluent dans la musique chrétienne. Beaucoup de personnes qui auraient dû être dans l’autre camp, celui de la musique dite temporelle mais qui viennent dans la musique chrétienne pour tout simplement se faire des sous, Jésus se vend bien. Ce n’est pas le cas pour vous avec « Mandangamanga »
MACL : Je dirai qu’il y a une marque particulière. On trouve quand même l’adoration et la louange au vrai Dieu, le Dieu Très haut, le Dieu créateur. En tout cas pour moi ce n’est pas le cas. Et puis, je voudrai simplement aussi souligner le fait que la musique est une mais ce sont les thèmes qui changent. Je voudrai le prouver avec quelques exemples : nous jouons avec les mêmes instruments.
Nous entrons dans les mêmes studios, qu’on soit chrétiens ou non, qu’on joue la musique dite profane ou religieuse. En tout cas nous utilisons parfois les mêmes ingénieurs de son mais seulement c’est que nous chantons qui varie. Nous musiciens chrétiens, nous avons opté pour la musique qui loue Dieu. Alors, d’autres ont plutôt opté pour l’autre jo. Mais il fait noter qu’en ce qui me concerne, je ne fais pas seulement la musique chrétienne. Je fais également éducation civique et morale. D’autant plus que c’est une musique éducative qui aide notre société à aller plus loin. Donc qui fait au fait la promotion humaine.
MMC : Qu’est-ce que les mélomanes peuvent attendre de cet album
MACL : Chacun se retrouve. Mais je ne voudrai pas dire comment. Je dirai tout simplement que c’est une combinaison de plusieurs styles. Ceux qui aiment le folklore se retrouvent dans le folklore. Ceux qui aiment le slow, il y a le slow, ceux qui aiment du zook, il y a le zook. Mais seulement il y a chacun se retrouve alors comment rendre grâce à Dieu, comment on peut adorer, comment on peut rendre grâce à Dieu. Les rythmes que nous avons, selon les styles de musique que nous avons dans notre société.
MMC : M. l’Abbé, à lire la presse, dans votre dernière rencontre avec les journalistes, vous avez parlé de la para liturgie. Qu’est ce que cela veut dire, que veut dire ce vocable
MACL : C’est vrai. C’est une bonne question. Je voudrai souligner que je fais la promotion de la musique chrétienne populaire, qui n’est pas une musique liturgique. Parce que autrefois, on reconnaissait la musique catholique par rapport à la liturgie c'est-à-dire une musique qui était chantée pour la messe, pour accompagner la messe. Mais j’ai remarqué qu’en dehors de la messe, il y a d’autres espaces qui sont également des lieux de prière.
Par exemple, des moments de récollection, des moments de deuil, des moments fête. C’est pourquoi la musique qui s’écoute en ces moments- là en dehors de la messe est donc une musique para- liturgique. C’est ainsi que moi je fais la musique para liturgique. Cependant, je compose également des chants qu’on peut exécuter pendant la messe. Ma particularité, je voudrai faire quoi que ce soit le modèle de la corporation des musiciens chrétiens catholiques, le style d’orchestre. Nous voulons donc faire une musique paraliturgique qui longtemps n’a pas été exécutée dans l’Eglise catholique.
MMC : Vous dites que vous avez déjà composé des chants liturgiques, voulez- vous citer quelques titres de ceux qui sont exécutés au cours de la messe ?
MACL : Oui. C’est le cas de « Sukola ngai », une chanson qui est exécutée au moment de l’aspersion. Il y en a tant d’autres. Des chants de communion, des chants d’action de grâces, des chants dédiés à la vierge Marie. Il y a beaucoup de chants. J’en n’ai pris que l’exemple de « Sukola Ngai » pour dire que je compose également dans le domaine de la musique liturgique.
MMC : Monsieur l’Abbé dans quel studio avez vous enregistré « Mandangamanga » et quels sont le artistes qui ont accompagné
MACL : J’ai enregistré avec l’ingénieur J P Kis qui est connu, et j’ai travaillé avec mes musiciens, c’est-à-dire avec les membres de la « Symphonie céleste ». Mais seulement, il y a eu la présence d’un musicien qui n’et pas de notre obédience c'est-à-dire qui ne partage pas la même doctrine que moi. Il s’agit de Kool Matope. Il y a un chant, un zook que nous avons chanté ensemble, c’est-à-dire le featuring. Je peux aller plus loin par rapport avec la question, après l’album a été masterisé et dupliqué en Europe en France et nous sommes également membres de la Sacem.
MMC : C’est depuis quand cet album est sorti et où est ce que l’on peut s’en procurer M. l’Abbé
MACL : Officiellement l’album est sorti il y a une semaine. C’est à partir de la conférence de presse que j’ai tenu la semaine passée. C’est à cette occasion que j’ai présenté cet album au public. Mais il y a de cela déjà 2 semaines que cet album nous est parvenu ici et on peut le trouver dans toutes les maisons d’édition du lieu comme la Place Victoire, Kitambo- Magasin. Mais à l’étranger, l’album est encore au niveau de la France, nous avons besoin d’un co- producteur et nous sommes en pourparlers. C’est pourquoi nous lançons un appel à d’autres producteurs ou distributeurs qui aimeraient travailler en collaboration avec nous. Nous sommes disposés. Il suffit seulement qu’ils soient sérieux et de bons producteurs, nous pouvons travailler ensemble.
MMC : M. l’Abbé, vous ne pensez – vous pas que quelque part que vous pouvez rencontrer des obstacles avec votre vocation de prêtre en devenant musicien
MACL : Comme je l’ai dit au début de cette interview. La musique est pour moi un instrument d’évangélisation. Mon premier travail c’est le travail de prêtre. Et je l’ai dit également la semaine passée, comme je l’ai répondu à une des questions, la musique ne me prend pas beaucoup de temps. La musique ne me prend pas beaucoup de temps dans la mesure où elle est pour moi comme un don. Donc, je ne force pas. D’ailleurs, je viens de remplir l’une de mes tâches quotidiennes tout à l’heure.
Je suis Econome d’un grand séminaire (Ndrl :St André Kaggwa à Kintambo) et je suis également financier à la Télévision catholique. Donc, je continue à exercer mon travail de prêtre, prêcher la bonne nouvelle et tout le travail connexe au travail de prêtre, je le fais en bonne et due forme. Seulement la musique est pour moi un instrument d’évangélisation et je pense qu’à partir de ce que nous savons déjà de notre peuple, notre peuple congolais est un peuple qui aime beaucoup la musique et le message et bien véhiculé à travers le chant.
MMC : Peut avoir les premiers pronostics de vente de votre album, même provisoires quelques jours après la sortie de votre album ?
MACL : En tout cas je voudrai d’abord dire merci aux mélomanes, aux chrétiens pour avoir accepté cet album. L’album est bien vendu ici à Kinshasa. En tout cas nous avons de bons échos par rapport à la vente. Mais il y a beaucoup parmi eux qui préfèrent les casettes. Les cassettes viendront bientôt. Nous avons en tout cas tablé sur la qualité. C’est pourquoi nous avons d’abord privilégié les CD. Mais c’est dommage que nombreux n’ont pas encore d’appareils appropriés pour lire et auditionner les Cd. Nous allons très bientôt mettre à leur disposition des casettes.
MMC : Au niveau international, l’album n’est pas encore vendu et Kinshasa a déjà son lot. Quel message adresserait vous à ceux qui, à l’étranger, sauf en France aimerait se procurer de « Mandangamanga »
MACL : Qu’ils prennent patience parce que nous avons quand même préféré travailler avec une maison d’édition expérimentée et dès que tout sera au point leur album « Mandangamanga », « Dieu Très haut », est un album qui a beaucoup de particularités, beaucoup d’originalités par rapport au style. Et il y a beaucoup qui s’étonnent en voyant essayer un prêtre s’exprimer à travers un tel genre de musique. Alors je voudrais dire qu’il y a un nouveau message à apporter c’est-à -dire, nous devons apprendre à louer, adorer le vrai Dieu.
Pourquoi je dis Le vrai Dieu, c’est parce que dans une des chansons intitulées « Nzambe ya solo», je suis entrain a fait de formuler la remarque aux chrétiens que je nomme capitalistes, (qui ne voient que leurs intérêts) qui ne vont que vers un dieu qui ne répond qu’à leurs préoccupations et compare à un Dieu bouche trou, un « dieu quado ». Je voudrai que l’on puisse prier en vérité car « les vrais adorateurs adoreront en esprit et en vérité». Cela signifie on ne peut aller vers Dieu non seulement quand on a des problèmes mais aussi quand on est bien.
Aujourd’hui on retrouve il y a des chrétiens qui vont voir le prêtre ou le pasteur parce qu’il a besoin d’un visa ou du passeport pour que ces derniers puissent prier pour eux afin qu’ils aient ces documents mais quand ils ont ce qu’ils désirent ils ne vont plus à la prière. Ce qui veut dire qu’ils n’ont pas compris pourquoi Dieu agit dans leur vie. Dieu est bon, il résout toujours les problèmes des individus mais seulement, Il veut que cela soit dans des moments de joie que dans des circonstances de malheur.
Quand on manque de mars, on cherche alors le mariage, c’est vrai on peut demander à Dieu pour qu’Il donne un mari ou une épouse qui convient. Mais lorsque Dieu a agit, ce n’est pas pour autant que l’on ne doit plus avoir besoin de Lui. On a besoin de Dieu dans des moments de souffrance et de joie.
MMC : Nous proposons donc qu’on s’arrête par là pour ne pas vous voler tout votre temps compte tenu de vos multiples occupations mais on a une dernière préoccupation, voulez-vous nous dire combien de titres compte votre album, nous citer les titres et peut-être votre mot de la fin M. l’abbé
MACL : Oui. Cet album compte 8 titres. Mais au début, nous avons une prélude qui est une poésie dans laquelle je suis entrain de prier parce qu’un artiste, c’est d’abord un poète. Alors le premier titre c’est « Obongi na lokumu », un slow où j’exalte Dieu qui est l’Alpha et l’Oméga mais qui n’a pas de début, ni de fin. Il y a donc là une réflexion philosophique. Le deuxième titre, c’est « Mandangamanga », C’est en folklore et le troisième titre c’est « Nzambe ya solo », un afro zook, le quatrième c’est « Le Roi glorieux » qui est un slow, une adoration en français et après « Kembo na Yezu Kristu » qui est un slow mais qui se termine par le rythme bosa nova et le Mutwashi et un style Makosa qui est en swaili. Il y a d’autres titres.
Donc on y retrouve quatre langues nationales de la Rdc. Je voudrai ajouter que vous retrouverez dans la pochette de l’album un livret. Ce livret qui aide à découvrir les chansons. On peut donc chanter la chanson qui est écrite, apprendre la chanson à travers ce livret. Pour ce qui est du mot de la fin, je demande à la communauté chrétienne congolaise comme étrangère d’accepter l’album «Mandangamanga »et d’accueillir notre groupe « La Symphonie céleste»car nous oeuvrons pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Que Dieu vous bénisse Amen.
(Abbé Cola Lubamba : Colemlubamba@yahoo.fr, 0243818103044, 0243899332945).
Boni Tsala/Gisèle Tshijuka/MMC
(BT/PKF)
Last edited: 08/02/2010 14:53:18