Alors que les autorités provinciales et coutumières dénoncent l’occupation de Kimba par des militaires venus du Sud-Soudan, ces derniers revendiquent l’appartenance de ce village au territoire congolais.
La RDC n’est pas à l’abri d’un éventuel conflit de bornage en province Orientale avec, cette fois, le Soudan. Comme ce fut le cas, il y a peu, avec l’Angola à propos de Kahemba, dans la province du Bandundu.
Les médias ont rapporté qu’une partie du village Kimba, en secteur de Kakwa, territoire d’Aru, district de l’Ituri frontalier avec le Sud Soudan, est occupée depuis la semaine dernière par des militaires de l’ex-rébellion de l’Armée populaire de libération du Sud-Soudan (SPLA). Pis, ces Soudanais ont déjà érigé un bureau administratif.
Les autorités du district sud-soudanais de Morobu, frontalier avec la RDC, revendiquent la portion occupée de Kimba. « Elle fait partie du territoire soudanais », argumentent-elles. Non, rétorque le chef coutumier de Kimba : « le village est totalement en terre congolaise ; il se trouve à environ 200 mètres de la frontière entre le Soudan et la RDC ».
Une délégation du comité de sécurité du district de l’Ituri envoyée à Morobu, s’est entendue dire par la partie soudanaise que « la portion querellée du village Kimba se situe bel et bien en territoire soudanais ».
Que va-t-il se passer après ce dialogue des sourds ? Qui de la RDC ou du Soudan cessera de revendiquer sa souveraineté au profit de l’autre ? Kinshasa et Juba pratiqueront-ils la stratégie du pourrissement pour, en fin de compte, s’accommoder d’un règlement ficelé par les étrangers ?
Voilà un cas qui nécessite un traitement urgent, afin d’éviter des débordements et d’éventuelles interférences. Au nom de la politique du bon voisinage, il est indiqué de se saisir de ce litige au plus vite. La RDC héberge depuis des décennies l’ambassade du Soudan. Elle accueille depuis quelques années le Bureau de représentation du Sud-Soudan. Khartoum a accrédité les diplomates congolais.
Alors, qu’est-ce qu’ils attendent pour amorcer un dialogue fructueux et vider ce litige ? A quoi sert la commission mixte instituée en juillet 2009, au cours d’une bipartite Sud-Soudan/RDC, à Ariwara pour examiner ce problème de délimitation des frontières ?
Dans un passé récent, la RDC a dû affronter l’Angola autour de la même question du bornage de la frontière. Le différend portait sur le territoire de Kahemba, dans la province du Bandundu, frontalier de l’Angola. La revendication angolaise de ce territoire avait, on s’en souvient, provoqué une levée de boucliers dans toute l’opinion congolaise. Les passions s’étaient exprimées. Mais, pour finir, Kinshasa et Luanda avaient résolu de s’en remettre aux cartographies et archives coloniales belges et portugaises.
Face à l’inaction de la commission mixte, cette dernière voie devrait être explorée. Elle a l’avantage de contribuer à mettre définitivement un terme aux revendications réciproques avant les élections prévues prochainement au Soudan.
Le Potentiel
(CL/GW/Yes)