Le Secrétariat exécutif du Comité de suivi de la réforme de la Police (CSRP) poursuit la campagne d’information à travers le  pays. Après l’étape du Bas-Congo et celle de l’Inspection générale de la PNC, la jour­née du jeudi 4 février a été ré­servée à l’Inspection provinciale de Kinshasa. Cadre choisi : la salle de conférences du collège Boboto de la Gombe. La céré­monie a été présidée par l’auto­rité provinciale de Kinshasa. An­dré Kimbuta Yango.

A travers cette campagne, le CSRP est animé d’un souci, celui de sensibiliser et d’informer le personnel de la PNC et le pré­parer aux futurs changements prévus par la réforme. Une façon de permettre aux éléments de la Police nationale l’appro­priation et l’adhésion de toutes les parties prenantes à ce pro­cessus de transformation de lon­gue haleine dont le succès repose sur l’engagement de tous.

Dans son mot de circons­tance, l’Inspecteur provincial de la Police nationale congolaise de la ville de Kinshasa, le général Jean de Dieu Oleko, a déclaré : « Après le Bas-Congo, la ville province de Kinshasa est honorée de recevoir ce jour, l’équipe du CSRP qui a élaboré le projet relatif à la réforme de la PNC ». Avant de noter : « c’est un grand honneur pour la ville de Kinshasa d’être informé sur la nouvelle vision de la Police nationale congolaise ».

Pour le général Oleko, la police est un instrument par ex­cellence du maintien de l’ordre public en République démocrati­que du Congo. Le gouverneur de la ville de Kinshasa a, pour sa part, in­diqué que la protection des civils est « un palier important pour la reconstruction de la RDC ». En tant qu’axe prioritaire de l’exécutif provincial, elle ne peut pas se faire sans le concours de la police, a-t-il fait remarquer. Raison pour laquelle, la PNC doit être organisée, outillée, C’est-à­-dire « une police efficace ».

Dans le même registre, André Kimbuta a dit que cette réforme répond à des exigences d’efficacité. C’est pourquoi, il a salué le travail abattu par le CSRP. Prenant à son tour la pa­role, le secrétaire exécutif du CSRP, le général Elesse Yombentole, a remercié le minis­tre de l’Intérieur et autres parte­naires pour leur détermination et appui à ce projet d’intérêt natio­nal. Il a axé son exposé sur cinq points essentiels : le contexte his­torique de la réforme, la vision de la nouvelle PNC, le sens du CSRP, l’état d’avancement du processus de la réforme de la Police et les perspectives d’avenir.

Pour ce qui est de l’ac­tuelle Police nationale, le général Elesse a indiqué qu’elle est «  une mosaïque constituée d’anciens éléments et retraités de la Force publique, des polices urbaines coloniales, de l’ancienne PNC, des éléments de l’ex-gendarmerie nationale et Gardes civiles, d’anciennes factions belligérantes des  militaires de récentes dates ». Avant de noter que cette Police est porteuse dès sa naissance des limites quant à son efficacité, et par conséquent, elle ne peut pas assurer correctement sa mission traditionnelle, « celle d’assurer la protection des personnes et de leurs biens ».

Profil de la future PNC

Parlant du bien-fondé de la réforme en cours en RDC, le secrétaire exécutif du CSRP a fait remarquer que le gouverne­ment veut que la police devienne un « service public régi par les principes de transparence et de la  bonne gouvernance ». Et d’ajouter qu’elle devra être « une police apolitique et républi­caine ». C’est-à-dire une police au service de la nation et non « une force appendice de l’armée ».

Pour arriver à une police professionnelle, ce corps a besoin d’une formation. A en croire le général Elesse, la PNC ne devra plus être « une décharge de  rebuts de la société. Elle doit plutôt être un métier que l’on a choisi d’exercer  parc qu’on sent qu’on est destiné à l’exercer en toute fierté et qu’on possède les qualités requises ».Ce avant d’émettre le voeu de voir la nouvelle police devenir une «  police républicaine profes­sionnelle et rassurante ».

Parlant du CSRP, le Se­crétaire exécutif a fait savoir qu’il est un organe mixte de niveau international et de partenariat in­ternational. Il est le cadre unique de concertation de coordination et de suivi de l’ensemble de la réforme. Le CSRP a pour mis­sions « de coordonner les actions et les dialogues entre le gouvernement, les partenaires nationaux et les intervenants extérieurs ».  Il propose également « les ajustements, en vue « d’atteindre les objectifs fixés ». Cette structure est présidée par le ministre de l’Intérieur et est composé de 7 ministres (Dé­fense, Justice, Plan, Finances, Budget, Fonction publique et Droits humains). A noter qu’un débat enri­chissant s’en est suivi. Ce qui a permis aux participants de se faire une idée d’ensemble sur la nouvelle vision de la PNC.

Les camps militaires désormais dotés de certificats d’enregistrement

Les camps militaires, actuellement menacés de spoliation, vont être sécurisés par des certificats d’enregistrement, a promis mercredi à Kinshasa le ministre des Affaires foncières aux responsables militaires du site abritant le centre d’entraînement Kibomango, situé dans la commune de la N’Sele.

« En faisant un état des lieux de tous les camps militaires pour leur sécurisation, nous mettrons fin à l’anarchie qui prend des proportions inquiétantes avec des constructions s’accompagnant de ventes aux tiers », a expliqué Me Maj Kisimba à ses interlocuteurs réunis dans son cabinet de travail. A ce propos, il a demandé qu’on lui établisse « en urgence » un rapport détaillé sur la position des acquéreurs subdivisés en trois catégories, en collaboration avec l’Hôtel de ville de Kinshasa.

Il a signalé avoir adressé à tous les conservateurs des titres immobiliers (CTI) et chefs de bureau du Cadastre (CBC) des notes circulaires pour une prise de précautions relatives à la délivrance des documents des parcelles créées dans les domaines militaires. Dans la foulée, il a mis en garde les prétendus acheteurs qui s’empressent d’entamer des constructions dans l’objectif de mettre l’Etat devant un fait accompli.

En rapport avec les « petites maisonnettes » érigées au camp ex-Gendarmerie de Lemba, au niveau de l’avenue Kiyimbi, le ministre a exprimé la crainte de voir cet espace se transformer en terrains lotis et les bicoques vendues à des particuliers. Il a démenti une rumeur - qui serait alimentée par un groupe d’acquéreurs potentiels parmi lesquels des étrangers voulant s’installer au centre-ville - sur une prétendue délocalisation de certains camps militaires, dont le camp Kokolo. Au cours de la réunion, le ministre des Affaires foncières a stigmatisé la « réquisition anarchique » des hommes en uniforme placés souvent dans des sites à problème dans l’intention de couvrir les irrégularités.

Albert Tshambi/Le Potentiel


(DN/TH/GW/Yes)