Le retour paisible des réfugiés congolais est réalisable si la conjugaison des efforts pour y parvenir est parfaite comme cela se constate dans le rapatriement des réfugiés en Zambie suivant l’évaluation de la 6ème réunion de travail technique tripartite RDC-Zambie-HCR
M. Xavier Mirindi Kiriza, secrétaire général au ministère de l’Intérieur et sécurité a procédé jeudi, dans la salle de réunions du HCR, à Kinshasa, à l’ouverture des travaux de la 6ème réunion du groupe de travail technique tripartite RDC-Zambie-HCR, consacrée à l’évaluation de l’opération de rapatriement des réfugiés congolais installés en Zambie.
M. Mirindi qui parlait au nom du gouvernement congolais, s’est félicité de l’engouement observé dans les rangs des réfugiés congolais pour le retour au pays, avant de préciser que dix-sept mille (17.000) personnes ont été rapatriées en 2009, contre onze mille (11.000) en 2008.
Le secrétaire général de l’Intérieur et sécurité a attribué ce succès aux efforts déployés par le gouvernement congolais pour viabiliser les zones de retour. Selon lui, le gouvernement est parvenu notamment à stabiliser la sécurité à Moba, Pweto et Kalemie qui constituent des zones de retour des réfugiés, à créer des lotissements pour ériger des abris pour les rapatriés et réhabiliter les rapatriés fonctionnaires de l’Etat dans l’administration publique. Le gouvernement a également réhabilité dans leurs droits plusieurs rapatriés victimes de conflits fonciers, avant de procéder gratuitement à l’inscription de leurs enfants dans les écoles publiques qui ont été pourvues en bancs et de doter les hôpitaux de références des équipements appropriés et des produits pharmaceutiques de consommation courante.
En ce qui concerne l’enregistrement des réfugiés congolais installés spontanément dans des villages zambiens, le gouvernement de la RDC souhaite que cette opération se fasse d’une manière tripartite comme convenu lors de la 5ème réunion de Lusaka, en avril 2009, a rappelé Mirindi. Pour sa part, Mme Mutiti, secrétaire permanente du MHA, structure zambienne analogue à la CNR (Commission nationale pour les réfugiés) en RDC, a félicité le gouvernement congolais des efforts fournis pour la restauration de la paix dans les zones de retour des réfugiés. Elle a remercié les donateurs des fonds récoltés en vue d’assurer la réussite de cette opération de rapatriement, avant de lancer un appel à la communauté internationale à soutenir les efforts de la RDC, pays post conflit, afin qu’il améliore davantage l’accueil de ses ressortissants qui rentrent d’exil en Zambie.
Quant à Mme Mbaye Ndeye Ndour, représentante régionale adjointe du HCR en RDC, elle a renouvelé l’engagement de cette agence onusienne de soutenir les efforts des gouvernements congolais et zambiens pour une issue heureuse de cette opération. S’agissant de la suite des travaux, les participants ont suivi une série d’interventions, notamment sur la présentation de la situation sécuritaire dans les zones de retour par le gouvernement congolais, l’évaluation de l’opération de rapatriement en 2009 et l’examen du plan d’opération pour 2010. La clôture de ces assises auxquelles participe une forte délégation de la province du Katanga, principale zone de retour des réfugiés, intervient vendredi.
Pour les déplacés de Dongo, le sénateur H-T Lokondo recommande une tripartite HCR-RDC-Congo Brazzaville
La situation à Dongo, dans la province de l’Equateur, préoccupe toujours le gouvernement ainsi que des personnalités politiques. Il s’agit plus particulièrement du retour progressif des réfugiés congolais, actuellement dans certaines localités de la République du Congo, dans leur village.
Face à cette situation préoccupante, le sénateur Henri Thomas Lokondo, élu de l’Equateur, membre de la Commission des relations extérieures du Sénat, recommande la mise en place d’une tripartite HCR –RDC–Congo Brazzaville, avec l’appui d’autres partenaires, pour évaluer des voies et moyens susceptibles d’aider concrètement les réfugiés à effectuer un retour volontaire en RDC
Pour le sénateur Henri-Thomas Lokondo, les conditions à remplir pour le retour des réfugiés sont plus « psychologiques, et même psychothérapeutiques que sécuritaires… Car il y a des gens qui ont vécu des atrocités innommables, qui ont tout perdu et qui doivent donc avoir fondamentalement besoin aussi d’une thérapeutique pour troubles psychiques ou somatiques. Il faut penser aussi à la mise en place des structures y afférentes à Brazzaville et en RDC. Donc, il faut privilégier une forte opération psychologique de conscientisation ».
Le sénateur Henri-Thomas Lokondo qui s’exprimait ainsi dans l’émission de Radio Okapi « Dialogue entre congolais », en compagnie de M. Simon Englebert Lubuku, porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, l’honorable Jean-Marie Gapemonoko, député national élu de Kungu dont Dongo est l’un des secteurs, réagissait à la dernière déclaration du président Denis Sassou Nguesso. Le chef de l’Etat de la République du Congo, lors du dernier sommet de l’Union africaine à Addis Abeba, s’était indigné de la présence de plus de 110.000 personnes ayant fui les troubles à Dongo pour se réfugier dans la province de Likouala, au Congo-Brazzaville, qui ne compte que 100.000 âmes. Pour le président Sassou, « cela ne devra pas perdurer ».
A l’instar du ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende, et au regard de ce que la RDC a connu avec les réfugiés rwandais, le sénateur Lokondo dit comprendre la préoccupation du président Sassou. « La présence de plus de 100. 000 hommes dans une petite province d’un petit pays doit indubitablement créer des problèmes de tous ordres ; économiques, sanitaires, sécuritaires… Nous sommes mieux placés pour le comprendre parce qu’en 1994, nous avions eu les même problèmes à Goma avec les réfugiés rwandais, situation qui avait fait dire à l’ ONU que la RDC était une catastrophe humanitaire après la Deuxième guerre mondiale ».
Toutefois, le sénateur Lokondo a vite fait de rappeler que le droit international par la Convention de 1951 et le Protocole de 1967 relatifs aux réfugiés, consacre le principe du retour volontaire des réfugiés. C’est notre difficulté et celle du président Sassou », a-t-il relevé.
Aide à Haïti : solidarité humaniste
Mais contraint par un auditeur d’Uvira de se prononcer sur l’aide du gouvernement de l’ordre de 2.500.000 dollars après les événements qui ont endeuillé Haïti, le sénateur Lokondo a été sans équivoque : « C’est une question de solidarité humaniste. C’est aussi un geste symbolique de gratitude envers la communauté internationale qui nous a beaucoup aidés dans des moments très difficiles sur le plan humanitaire et continue à le faire. Nous devons aussi assumer notre vocation et notre leadership au cœur de l’Afrique même dans notre situation difficile. C’est très important sur le plan international. Dans nos coutumes, un frère ou un ami qui a un problème épouvantable à un moment précis, bénéficie toujours de la compassion et de l’assistance même des moins nantis que lui. Encore qu’Haïti est un pays plus pauvre que la RDC… 2.500.000 dollars et une somme importante pour un individu ou pour un groupe d’individus, mais pas pour un Etat comme la RDC. Il ne faut pas qu’on s’abaisse trop malgré nos problèmes et difficultés ».
ACP/Le Potentiel
(DN/TH/Yes)
Last edited: 08/02/2010 14:39:23