La crise des déplacés de Dongo dans le Sud-Ubangi, province de l’Equateur, ayant traversé le fleuve Congo pour se réfugier dans la Likouala au Congo-Brazza est gérée avec une telle circonspection par les autorités des deux Congo qu’il est mal venu de supputer une brouille autour de ce dossier
Un malentendu a failli s’installer dans les relations entre la RDC et le Congo-Brazzaville au sujet de la situation des déplacés Congo/Kinois vivant au pays de Sassou Nguesso. Cela à la suite des propos tenus par le Président CongoBrazzavillois dans un entretien avec RFI en marge du 14ème sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba.
Denis Sassou Nguesso déplorait, dans cet entretien, la situation des 110.000 ressortissants congolais réfugiés dans le nord du Congo Brazzaville avant d’exprimer son souhait de les voir rapatriés dans leur pays.
« Il y a une situation difficile dans la province de l’Equateur en RDC, et on a vu des populations traverser l’Oubangui pour trouver asile dans la préfecture de la Likouala », a affirmé Sassou Nguesso qui considérait que cette situation nécessite beaucoup de vigilance et de sérieux dans sa prise en charge. Le Président congo-brazzavillois craignait, par ailleurs, que les relations entre ces réfugiés et les populations locales se détériorent autour des questions de santé, de l’alimentation et de la sécurité. C’est là qu’il a souligné que cette situation ne devrait pas s’éterniser et qu’il faut à tout prix rapatrier les réfugiés dans leur pays, dans les conditions les plus humaines possibles.
Suite à ces propos, le Gouvernement de la RDC par voie de son porte-parole, Lambert Mende Omalanga, a tenu à rassurer le Chef de l’Etat congo-brazzavillois en disant comprendre son souci. Sassou Nguesso, a dit Mende, a évoqué le nombre massif de nos concitoyens qui sont la bas et qui représentent un nombre plus élevé que les autochtones ». Et d’ajouter: Nous avons déjà sécurisé les zones d’où sont partis ces con citoyens, et nous avons besoin simplement, qu’ils rentrent chez eux pour pouvoir mieux les aider à se reconstruire dans leur milieux d’origine. « Dans ce cadre, a ajouté Mende », une aide qu’on reçoit et qui ne vous permet pas de vous reconstruire, pour nous, c’est quelque part moins intéressant qu’une aide à la reconstruction. Comme pays, nous préférons que Dongo, que tout cet espace là soit reconstruit par ses habitants ».
En attendant, le Ministre de la Communication et des médias a assuré que 30% des habitants de Dongo qui avaient fui les troubles sont rentrés. Des efforts doivent être fournis pour poursuivre les rapatriements, car ce chiffre est encore insignifiant, a reconnu Mende. La France avait annoncé, le 9 janvier dernier, l’octroi d’une aide financière de 200.000 euros au Programme alimentaire mondial (PAM) en vue d’apporter une aide alimentaire d’urgence aux déplacés de Dongo. 200.000 autres euros ont été accordé à l’association Acted (Agence de coopération technique et de développement) chargé de distribuer, entre autres, des moustiquaires. Pour leur part, les Etats-Unis ont consenti une aide de 4,6 millions USD pour faire face aux différentes insuffisances d’ordre humanitaire.
De son côté, le Bureau des Nations unies chargé de la Coordination de l’aide humanitaire (Ocha) s’active pour améliorer les conditions humanitaires des retournés de l’Equateur. C’est, du moins, ce qu’a rapporté son porte-parole hier lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Monuc. A propos du retour de ces populations, Maurizio Giulani a décliné la responsabilité de OCHA dont le rôle ne consiste pas à sensibiliser les gens à rentrer dans leurs milieux, mais à rendre acceptables leurs conditions humanitaires à leur retour effectif.
JEK/Forum des As
(DN/TH/BT/Yes)