Une motion d’information présentée hier à l’Assemblée nationale fait l’amalgame entre ces incidents et la gestion de la province cuprifère
Au moment où les autorités nationales et régionales se mobilisent pour résoudre la crise qui a sévi au sein de l’Assemblée provinciale du Katanga, certains politiciens malintentionnés cherchent à remuer le couteau dans la plaie et à jeter l’opprobre sur le gouvernorat de la province cuprifère.
En effet, profitant des événements malheureux pourtant déplorés par tout le monde au Katanga et dans l’ensemble du pays, le Député national Banza Lupasa Buffon (Msr-alliés) a proféré des accusations gratuites à l’endroit du Gouvernement provincial du Katanga alors que les faits incriminés se sont déroulés à l’Assemblée provinciale et concernent le fonctionnement d’une institution autre que l’Exécutif provincial.
Le Député national sus mentionné a accusé, dans une motion lue à la tribune de l’Assemblée nationale hier lundi 1er février 2010, le gouvernement provincial d’entretenir un terrorisme d’Etat.
Il a poussé ses accusations jusqu’à soutenir que la Province du Katanga était mal gouvernée « contrairement au battage médiatique auquel on assiste ». Pour étayer ses fausses accusations sur la gestion de la province, il a donné l’exemple des certains territoires katangais qui n’ont vu aucun début d’exécution des travaux.
Les observateurs avertis de la classe politique katangaise ont vite compris les manœuvres politiciennes de bas étage qui se cachent derrière cette motion. Il ne suffit pas d’être branché au fait katangais pour comprendre que l’honorable Banza en veut au Gouverneur Moïse Katumbi et cherche, malicieusement, à entraîner le chef de l’Exécutif provincial sur un terrain glissant dans le but d’en tirer un bénéfice politique certain.
Cela ne peut en être autrement dès lors que le Député national sort d’un cas particulier pour généraliser. Les événements qui ont eu lieu à l’Assemblée provinciale du Katanga relèvent de la gestion d’hommes au sein d’une institution démocratique où les contradictions d’intérêts politiques sont permanents et où les conflits constituent le quotidien des rapports internes.
Sans aller jusqu’à excuser les affrontements intervenus entre Députés provinciaux, il y a lieu de relever que la police des débats au sein de l’hémicycle est assurée par le bureau. Le gouvernement provincial n’intervient qu’en cas de trouble de l’ordre public comme cela a été le cas.
Pour ce faire, il prend des mesures de police et de sécurité nécessaires. Et c’est exactement ce qu’a fait le gouvernement provincial. Dès lors, quels sont les liens de causalité entre ces incidents et la gestion du Katanga ? On n’en voit pas franchement.
La vérité dans cette affaire est que la visibilité de l’action politique de l’honorable-gouverneur du Katanga dérange plusieurs personnes. Ces derniers sont donc à l’affût d’un moindre faux-pas pour crier au feu. Cette attitude est la traduction d’un combat déloyal et un signe d’essoufflement politique. Il est malheureux de se servir de la tribune de l’Assemblée nationale pour régler des comptes politiques régionaux.
En ce qui concerne le battage médiatique incriminé, l’honorable Banza a du mal à comprendre que l’on ne peut parler que de quelqu’un qui travaille. Quand on travaille, on est suivi y compris par la presse.
Les actes parlent en faveur du gouvernorat provincial du Katanga qui, en dépit des difficultés financières dues à la faiblesse et au retard de la rétrocession, a réussi à poser des actes d’une ampleur telle que toute la nation est reconnaissante.
Certes qu’il y a des problèmes, comme partout ailleurs, mais il faut avoir l’honnêteté intellectuelle et politique de s’incliner devant le travail bien accompli.
Tout le monde semble l’avoir compris à l’instar du président de l’Assemblée nationale qui n’a pas voulu entrer dans ce jeu. Evariste Boshab a recadré les choses en informant la plénière de la démarche du Sénat qui a dépêché au Katanga une mission d’enquête. Ce qui est du reste normal dans la mesure où la chambre haute est l’émanation des Assemblées provinciales.
Boshab a, enfin, suggéré à la plénière d’attendre les conclusions de la mission d’enquête du Sénat et de celle diligentée par le gouvernement avant de se prononcer sur la question. N’est-ce pas là une proposition plus sage que les fléchettes empoisonnées de l’honorable Banza Buffon.
La République
(CL/Yes)