En marge des festivités du Cinquante­naire, l’asbl Kin La­bel projette une BD rela­tant les grands moments de l’histoire congolaise.

Un document de réfé­rence initié par le Musée de Tervuren en Belgique dans une collaboration étroite avec le Commis­sariat du Cinquantenaire de la RD Congo et dont la production est soute­nue par les Asbl belge Africalia et Afri-BD.

En­viron 17 participants ont pris part à l’atelier d’écriture de scénarii du 15 au 31 janvier 2010 au siège de l’Asbl Kin Label à Bandalungwa. Il avait pour animateur princi­pal, Alain Brezault, jour­naliste, écrivain et scé­nariste français résidant à Bruxelles, en Belgique. Un homme très expéri­menté avec à l’actif, une série de B.D. dont le tout récent: « La noce des Blancs cassés » paru en trois volumes.


Partant de l’atelier, Alain Brezault explique « Nous travaillons pour atteindre un scénario fini. C’est une des faiblesses dans l’expression écrite. Un scénario doit avoir un texte qui relate son imagi­naire, tout ce qu’on verra et tout ce qu’on entendra en détail. Au dessinateur de traduire ça en BD. Je ne fais que les aider à traduire leurs émotions. En ce qui concerne l’histoire, il fallait trouver un fil conducteur. Au départ, il était question de six histoires, puis on a ajouté deux autres pour six planches à comptabiliser dans un format habituel de 48 pages. Les planches doivent être achevées au crayonnage vers fin février 2010. Il faudra un mois de mise en couleur avant de I’envoyer chez l’éditeur ».

Pour sa part, le coordonnateur de l’Asbl Kin Label, Asimba Bathy, a précisé : « Nous avons divisé 50 ans en sept pé­riodes de 6 ans. Chaque artiste bédéiste couvre une période de 6 ans. Il est question de raconter les grands moments tant poli­tique, économique, culturel que social de la période... Cependant, pour y arri­ver, nous avons créé deux personnages qui sont des faux jumeaux (Fille et garçon, nés le 30 juin 1960). A l’aube de leurs cinquan­te ans, ils racontent leur évolution: comment ils ont frôlé les divers événe­ments de guerres civiles, des déplacés de guerres ils relatent leur témoignage sur les pillages et sur le changement de divers ré­gimes politiques, les mon­naies, les drapeaux et les hymnes nationaux... Il y a aura bien sûr une synthèse comme un écran qui relie l’Histoire ».

Du Contexte

En réalité, ce travail fait suite à une expérience vécue entre avril et mai 2007 pour la conception d’un album de 60 plan­ches par dix auteurs con­golais. Un travail qui avait été conçu dans le cadre de l’immigration légale et illégale par la Délégation de l’Union Européenne avec l’aide fondamentale de la Croix Rouge de Belgique et de la RDC. Parmi les dessinateurs de l’épo­que, il y avait le Bédéiste Pat Mansioni qui vient de réaliser un double album sur « Le soldat inconnu ».

Traitant de la guerre dans certains territoires afri­cains d’une façon très hu­manitaire, l’album récolte un grand succès, indique Alain Brezault.

C’est dans le prolongement du projet de l’UE. Il y a Eric qui s’est occupé de la profes­sionnalisation sur le dessin et de la mise en couleur. Puis, le croisement avec Asimba Bathy de Kin Label a donné naissance à l’ex­périence acquise au Fes­tival de Yambi 2007 dans une exposition organisée à l’Espace Tala Tala en Belgique. Une exposition prospective de tous ceux qui ont réalisé la BD en RDC. 125.000 exemplai­res de « Là bas na Poto » ont été distribués et redis­tribués dans les écoles Se­condaires pour sensibiliser les enfants contre les rêve­ries d’un certain paradis, affirme Alain Brezault.

Pour lui, le point commun entre ces projets est qu’ils sont restés en correspondance avec Asimba Bathy. « J’ai réussi à intégrer Kin Label comme un partenaire africain pour l’Afrique Centrale.

Avec Afri-BD, ils ont crée un por­tail pour l’Afrique franco­phone. Comme avantage: le décloisonnement des auteurs qui savent désor­mais avec qui travailler et avec quel éditeur! », conclut le scénariste Alain.

Eddy Kabeya/Le Phare


(TH/BT/PKF)