L’annonce par le Secrétaire général du ministère de l’Economie d’une hausse du prix notamment de l’essence qui est passé de 895 FC à 970 FC le litre crée la panique au sein de la population kinoise, pour ne pas dire congolaise ! La peur fondée du reste est de subir les effets d’entraînement de cette nouvelle hausse des prix des produits pétroliers. Il est redouté une surchauffe des prix sur le marché avec pour conséquence le renforcement de la paupérisation des Kinois.

Les produits pétroliers ont connu effectivement une nouvelle augmentation des prix le week-end dernier. Ainsi que l’a officiellement annoncé le Secrétaire général à l’Economie, le litre d’essence qui coûtait 895 FC est passé à 970 FC, soit une augmentation de 75FC, tandis que celui du gasoil est passé de 885 à 965 FC, soit une augmentation de 80FC.

Le laconique communiqué officiel indique que ce réajustement fait suite à plusieurs mois de pression exercée par les pétroliers qui n’en pouvaient plus de subir des pertes sèches en raison de la dévaluation du Franc congolais par rapport au dollar américain. C’est la dichotomie de la pratique des prix exprimés en monnaie locale alors que les pétroliers s’approvisionnent sur le marché international en devises étrangères.

D’autre part, la hausse du prix du baril de pétrole sur le marché international imposait également un réajustement à la pompe. Mais ce réajustement des prix du carburant risque de bouleverser les prévisions du gouvernement sur l’amélioration des conditions sociales de la majorité des Congolais qui vivent aujourd’hui comme des parias.

La hausse des prix de carburant a souvent entraîné le réajustement des tarifs de transport en commun, par ricochet une augmentation généralisée des prix des biens et des services. D’ailleurs, l’environnement socio­économique, cadre du présent réajustement du prix du carburant, paraît des plus inquiétants. Le pouvoir d’achat des Congolais déjà gravement effrité ne s’effondrera que de plus belle.

Cette donne de subite surenchère des produits énergétiques ne manquera pas de gêner le programme du gouvernement qui a décrété un plan d’austérité en vue d’atteindre le point d’achèvement. Jusque-là, rien n’a sensiblement changé ! Déjà, le Gouvernement subit une nouvelle pression, celle des transporteurs. Ils voudraient bien voir revu à la hausse les prix des transports en commun. Le peuple, par des soupirs qui en disent long, semble tirer le drap de son côté.

Toute la responsabilité incombe au Gouvernement. Il doit prendre des mesures d’encadrement pour éviter toute spéculation et tout dérapage. Il s’agit de protéger les consommateurs congolais qui attendent le renforcement de leur pouvoir d’achat. Cependant, dans des situations pareilles le Gouvernement s’est souvent montré impuissant face à la pression du marché. Très régulièrement les Congolais ont eu à déplorer le manque de mesures d’encadrement pouvant protéger les consommateurs de toutes sortes des spéculations.

Zéphy Vula/Le Palmarès


(DN/TH/Yes)