Dans les couloirs du Palais du peuple, on reproche à Bahati Lukwebo d’avoir des accointances avec le monde politique et d’inféoder la société civile, alors que celle-ci étant l’église au milieu du village, est de par sa nature une structure apolitique.
De plus en plus de voix s’élèvent au sein de la Société civile pour récuser la présence, au sein de la plénière, des hommes de l’initiateur de la Socico que l’on dit inféodée aux forces politiques.
Il ne faudra peut-être pas compter avec un quota de la Société civile conduite par Modeste Bahati Lukwebo. Mais l’intéressé, brandissant la casquette de la Société civile, fait un forcing qui, à défaut de déranger, fâche les membres de la Commission technique de la Chambre haute du parlement qui y travaille. En tout cas, dans les couloirs du Palais du peuple, siège du parlement congolais, le nom de Bahati Lukwebo sonnerait mal.
« Un quota pour la Société civile, oui. Mais surtout pas celle que prétend incarner Bahati ». Il semble que ce soit cette position qui ait été adoptée à l’unanimité au Palais du peuple. Mais l’intéressé ne l’aurait pas entendu de cette oreille. « Ne s’avouant pas encore vaincu, Modeste Bahati se bat bec et ongles pour faire entendre raison », nous a confié lundi, une source crédible du Sénat.
Selon ce qui se raconte dans les couloirs du Palais du peuple, on reproche à Bahati Lukwebo le fait d’avoir inféodé la société civile. Autrement dit, les organisations se réclamant de la Société civile de Bahati sont des structures politisées. Pourtant, la Société civile, entendue comme étant l’Eglise au milieu du village, est de par sa nature une structure apolitique.
Et, dans des pays organisés, la Société civile joue un rôle important de groupe de pression à équi distance par rapport à toutes les forces politiques en présence. Cela n’est possible que dans la mesure où les associations qui la composent doivent garder leur neutralité.
Une société civile atomisée
Ils sont très peu nombreux, des Congolais qui croient encore en l’existence d’une société civile digne de ce nom en RD Congo. Nombreux sont des opérateurs politiques qui opèrent sous la casquette Société civile alors qu’en réalité, ce sont des personnes infiltrées soit par l’opposition, soit par le pouvoir.
La preuve est le folklore observé pendant les derniers moments du régime Mobutu. Mais la perfidie a été manifestement observée après la chute de Mobutu. Précisément, lors des tractations préalables à la tenue du Dialogue inter congolais en 2002 en Afrique du sud.
L’opinion doit encore garder frais en mémoire, la chape qui a entouré la désignation des membres de la Société civile qui devaient participer aux assises dudit Dialogue de Sun City, en commençant par les travaux préparatoires de Gaborone au Botswana. A quelque chose, malheur est bon. C’est donc à l’occasion de ce forum que les Congolais les plus avertis ont découvert la vraie face longtemps cachée d’une société civile qui n’était en réalité qu’un cheval de Troie.
En ce qui concerne Bahati Lukwebo, on lui reproche des accointances avec le monde politique. Certaines langues enfoncent le clou et disent que c’est sur cette corde que Bahati avait joué lors du partage du Portefeuille pour placer ses hommes. « La Commission électorale nationale indépendante (CENI), étant une institution sérieuse et se voulant neutre au regard des missions qui lui sont assignées, il faudrait éviter, dès le départ, que ses membres soient douteux », nous a confié lundi, une source qualifiée ayant requis l’anonymat.
Le Rodhesic, la pièce de rechange ?
Evidemment, la neutralité de la Société civile actuelle est mise en cause. Néanmoins, on éviterait de tomber dans le piège des conclusions hâtives, si l’on n’admet pas que le vrai problème se situe au niveau des hommes qui conduisent ces associations apolitiques. C’est-à-dire une question de probité morale.
Forum des As
(TN/Milor/Yes)