Dans la suite de la vice-Premier ministre et ministre de la santé, Mme Laurette Onkelinx, il y a un passager spécial. Il s’agit de Louis Michel, ancien ministre belge des Affaires étrangères, ancien Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire. Aujourd’hui, il est tout simplement député européen et haut cadre, courant réformateur du parti politique belge, le Mouvement Réformateur, MR. Vient-il en renfort à la diplomatie belge et européenne au Congo ?

Louis Michel, actuellement député européen, est arrivé lundi à Kinshasa, en provenance de Bruxelles. Ancien ministre belge des Affaires étrangères et ancien Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire, il a usé de ces deux casquettes pour défendre la cause de la République démocratique du Congo et faire passer le message de la Belgique et de l’Union européenne.

Certes, certaines personnes n’appréciaient pas son style. Néanmoins, le « volubile » Louis Michel n’a pas raté une seule occasion pour maintenir les bonnes relations entre la RDC et la Belgique d’une part, la RDC et l’Union européenne de l’autre. Si cette dernière organisation a financé, quasiment, la totalité des frais inhérents à l’organisation des élections de 2006, soit près de 500 millions de dollars, les consciences sereines reconnaissent que Louis Michel y a été pour quelque chose.

Mais depuis son départ du ministère belge des Affaires étrangères et son remplacement à la Commission européenne par Karel De Gucht, aujourd’hui Commissaire européen au Commerce, les relations se sont détériorées entre la RDC et la Belgique, pendant que l’on observe des nuages gris au-dessus de la RDC et l’Union européenne. Il eut même un gel des relations diplomatiques pendant cinq mois entre les deux pays, avec fermeture des consulats belges à Bukavu et à Lubumbashi. La diplomatie de mégaphone doublée des propos discourtois et irrévérencieux de Karel De Gucht y étaient pour quelque chose.

Comme si cela ne suffisait pas, Karel De Gucht, aujourd’hui Commissaire européen, ne cesse d’importuner les dirigeants congolais. Pire, il n’ apprécie pas du tout l’attitude de son successeur, Steven Vanackere, allant jusqu’à le tancer pour avoir partagé un verre de bière avec le président Kabila.

Une mission spéciale ?

C’est dans ces entrefaites que Louis Michel revient à Kinshasa. Certes, il n’existe aucune ombre dans les relations entre Bruxelles et Kinshasa, malgré les « coups de gueule » de Karel De Gucht. Serait-ce pour maintenir ce bon climat que Louis Michel a été appelé en renfort pour soutenir la diplomatie belge en République démocratique du Congo ? Il est un fait que Louis Michel, peu avant de quitter Bruxelles pour Kinshasa, a répondu aux questions des journalistes belges.
S’il a refusé de commenter les déclarations de Karel De Gucht, il repousse sa « diplomatie de mégaphone », mais apprécie l’approche réaliste de Steven Vanackere, ministre belge des Affaires étrangères, dans cette perspective et cet élan de maintenir de bons rapports, de bonnes relations entre la RDC et la Belgique.

« La reconstruction de la RDC est un défi colossal. Certes, il est important de dire aux autorités certaines choses pour aller vers un Etat de droit, comme le fait si bien Steven Vanackere, que d’user de la diplomatie de mégaphone. S’il faut reconnaître qu’il y a encore des imperfections, il faut toutefois souligner des progrès qui ont été réalisés en République démocratique du Congo », a dit Louis Michel.

Le député européen n’a pas du tout précisé la nature de sa mission au Congo. Les médias belges soulignent tout simplement qu’il s’entretiendra avec le président de la République, Joseph Kabila Kabange.

Pour de nombreux observateurs, ils demeurent convaincus que Louis Michel est un atout important pour l’actuel ministre belge des Affaires étrangères dans sa volonté politique de consolider un partenariat adulte entre la Belgique et la République démocratique du Congo. Pas étonnant qu’il vienne en renfort à la diplomatie belge en RDC.

Mais aussi à la diplomatie européenne quand on sait que Louis Michel a été de tous les fronts pendant qu’il exerçait ses fonctions de commissaire européen en charge du Développement et à l’Aide humanitaire. Il n’est pas exclu que l’on recourt à son expertise, à ses réseaux auprès des responsables congolais pour dissiper tout malentendu et maintenir de bons rapports entre la RDC et l’Union européenne.

Freddy Monsa Iyaka Duku/Le Potentiel


(DN/TH/Yes)