Une véritable sonnette d’alarme a été agitée par le n° 1 du parti UDCO membre de la Majorité dans son message d’échange de vœux avec les cadres de sa formation politique quand il s’est permis de fustiger les écartements du cap de changement que le Chef de l’Etat imprime au pays
Le siège de la Fédération de Kinshasa du parti Union pour le Développement du Congo (UDCO) dans le quartier Masina de la Tshangu, la zone rouge de la capitale congolaise, a servi de cadre dimanche à la traditionnelle cérémonie d’échange des vœux entre la Direction politique de cette formation cher au leader Banza Mukalay Nsungu et sa base. Des moments palpitants ont marqué le chaleureux rendez-vous que se sont donnés à cette circonstance les membres de la Direction politique nationale et les cadres de la Fédération de Kinshasa que préside le député national Mpasi a Mbongo, tous emballés dans une exubérance des grands jours sous l’animation d’un trépident ensemble traditionnel, le ci-devant Groupe folklorique Mbudje-Nshimukulu Baluba-Kat.
Accueilli avec le Secrétaire général à ce dernier jour du mois de janvier de l’année nouvelle 2010 sous les vivats explosifs de l’incantation des slogans « UDCO ! Changement des mentalités ! Amour de la Patrie ! Travail, Travail, Travail ! », le leader Banza Mukalay que ses partisans présentent comme Coordonnateur et Porte-parole du parti, aura été la vedette de l’événement et de qui était attendu, au-delà des formalités protocolaires de l’échange des vœux, un message fort et d’une importante orientation politique tel que cela le lui est reconnu depuis qu’il a créé l’UDCO et qu’il en assume la haute direction.
Le président de la Fédération de Kinshasa a introduit son principal hôte du jour en relevant le sens élevé de l’événement présenté comme « un signal fort pour le parti qui, respectueux de sa parole et son programme n’accepte pas de distraction et dit non à la médisance ». La présence du Coordonnateur de l’UDCO parmi les partisans de Kinshasa représentant tous les militants de la formation tant du reste du pays que de l’étranger a été saluée comme la preuve du sens aigu de son suivi des affaires. Le contexte se prêtait donc à la transmission d’un massage politique d’importance et vivement attendu par les partisans de la part de M. Banza Mukalay qui n’est pas un politique ordinaire au regard de son passé. Que pouvait donc dire dans le contexte actuel du pays cet animal politique si rôdé de la scène congolaise et aux allures d’un increvable battant ?
Il y a tellement des questions, sujets et problèmes qui se posent au pays à l’actuelle période de veillée d’armes des prochaines perspectives batailles électorales. Le mandat législatif actuel courant à son terme, il n’y a pas de doute que le contexte se prête et à l’évaluation du récent chemin parcouru et au début des préparatifs des joutes politiques prochaines. Comme l’UDCO s’affiche toujours membre de la Majorité, sa perception de la situation est évidemment intéressante à comprendre au sein de cette coalition qui ne tient pas à lâcher sa prise du pouvoir. Comment donc conserver ce pouvoir et garantir au chef de file de la Majorité qu’est le président Joseph Kabila de gagner le prochain mandat salvateur pour tous ses alliés ? C’est là toute la question qui assurément constitue la majeure préoccupation de tous les coalisés de la plate-forme politique dont Banza Mukalay et son UDCO. Comment donc à ce parti croit-on pouvoir s’y prendre ? Telle est la question.
L’adresse du message de Nouvel An du Coordonnateur de l’UDCO a manifestement répondu à l’essentiel de cette préoccupation quand l’orateur du jour emboîtera le pas à son président fédéral de Kinshasa pour s’interdire la complaisance, tant l’heure est déjà celle de se regarder droit les yeux pour ne plus se tromper d’enjeux. Parce qu’il n’y a plus de droit à l’erreur. Toute stratégie de flatteurs ne cherchant qu’à plaire sans vouloir attaquer les vrais problèmes à résoudre est considérée de mal venue à l’UDCO. Banza Mukalay a donc choisi de prendre tout son courage de clamer la vérité et prévenir les erreurs qui consistent à signifier au chef de file que tout va pour le mieux, alors qu’il y a des dérapages flagrants à corriger d’urgence. C’est même dans ce sens que lui-même le chef de file n’a cessé de s’exprimer dans son indéniable souci e conduite des affaires à bon port.
C’est dans ce contexte qu’il faut percevoir tout le message de Banza Mukalay de même que toutes les positions qu’il défend dans cette adresse à l’échange des vœux. Il y a des décisions à prendre qui découlent souvent de la simple logique des options justes qui sont prises. En saluant le véritable exploit de la politique d’ouverture qui a toujours caractérisé l’action du chef de file de la Majorité dans tout le programme de réconciliation nationale et internationale qu’il poursuit depuis son avènement au pouvoir, cette logique conduit rationnellement à corriger des erreurs du genre du blocage avéré d’ailleurs inefficace de du signal de RFI en RDC, d’autant que le chef de la diplomatie s’est même autorisé d’y intervenir tout dernièrement. Il s’agit de ne pas vouloir une chose et son contraire.
Plusieurs autres sujets font la matière de pertinentes et identiques remarques dans le message des vœux du Coordonnateur de l’UDCO Banza Mukalay qui mérite bien de retenir l’attention. Voici pour s’en imprégner d’ailleurs correctement, et éviter de fausses compréhensions par des extraits non liés au contexte de leur diction, le texte intégral de ce message édifiant pour tout le monde tant il ressemble à une somme de conseils politiques d’intérêt évident.
Message des vœux de Banza Mukalay
Camarade Président fédéral,
Camarades membres de la Direction Politique Nationale,
Camarades Cadres et dirigeants de la Fédération de Kinshasa,
Chers amis,
Quelle joie, mais aussi quel privilège, de recevoir ce jour, au nom de la Direction Politique Nationale, vos vœux les meilleurs pour l’année 2010. Nous voudrions, à notre tour, au nom de la Direction Politique Nationale, vous réciproquer, avec chaleur, les vœux les meilleurs pour vous-mêmes ainsi qu’à chacune de vos familles respectives. L’occasion faisant le larron, nous saisissons cette opportunité pour marquer un arrêt, jeter un coup d’œil rétrospectif sur l’année qui vient de s’écouler, et un regard prospectif sur le futur. Voilà l’exercice auquel nous allons essayer de nous livrer.
L’année qui s’achève a vu notre Parti consolider son envol et son implantation à travers toute la République. De Kinshasa au Bas-Congo, du Kassaï Oriental au Kassaï Occidental, du Bandundu au Katanga, du Katanga au Sud et Nord Kivu, des efforts sont en cours pour nous confirmer d’avantage à l’Equateur, au Maniema et dans la Province Orientale. A l’extérieur du pays, nous sommes déjà représentés aux Etats-Unis d’Amérique, au Canada, en Belgique, en France, en Espagne, en Chine et en Afrique du Sud. Le moins que nous puissions dire aujourd’hui est que Dieu a véritablement béni son œuvre.
Nous nous félicitons de ce que l’UDCO se soit distingué, tout au long de l’année écoulée, par une justesse de vue dans ses prises de positions, qu’il s’agisse de la revisitation des contrats chinois, qu’il s’agisse des emplois réservés aux Congolais, qu’il s’agisse de la présence de la Monuc en RDC, de la politique gouvernementale de stabilisation des entreprises, qui en fait ne stabilise rien, au niveau de la Gécamines, de la SNCC, de l’ONATRA, et RVA, etc...
L’UDCO a toujours joué son rôle de sonnette d’alarme. Pour le pays l’année passée n’a pas été facile au plan économique .La grave crise économico-financière n’avait pas épargné La République Démocratique du Congo, notre pays. L’UDCO avait vu juste en recommandant au gouvernement de la république d’harmoniser ses rapports avec les institutions de Bretton Wood grâce aux queues le pays a pu tenir le coup.
L’année qui vient à peine de commencer est très importante, très importante aussi bien pour le pays que pour notre parti UDCO. Pour le pays d’abord, nous fêterons le 50ème anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté nationale et internationale. Un temps d’arrêt et de réflexion qui nous permettra de partir d’un bond nouveau, temps dont il faudra, à notre avis, impérativement mettre à profit pour créer une véritable réconciliation entre les fils et les filles de notre pays et entre nous et le monde, car nous ne pouvons prétendre nous développer en autarcie.
A cet égard, nous encourageons les efforts que déploie le Président de la République, Joseph Kabila Kabange, a ouvrir la RDC au monde. Nous saluons particulièrement le rétablissement des relation diplomatique avec le Rwanda et L’Ounganda et le réchauffement diplomatique avec la Belgique cette politique d’ouverture sur le monde devrait aussi conduire le Gouvernement de la République à rétablir le signal de RFI en RDC.
Pour l’UDCO, cette année est celle du parachèvement de son implantation et nous invitons, chacun et tous à se mobiliser pour les élections de 2011. En vous engageant à l’UDCO, vous êtes dans une équipe qui a l’ambition de gagner et qui va gagner ! Et quand nous aurons gagné, ce sera pour rendre à notre peuple sa dignité. A l’UDCO on considère qu’il y a de la honte à être heureux tout seul, comme disait Albert Camus, et qu’il y a de la honte a être un îlot de bonheur dans un océan de misère comme disait Nietzsche, océan réduit à recevoir des dons à l’occasion des fêtes.
Nous devons opérer une politique de changement, une politique de rupture dans notre façon d’agir et dans notre façon de voir. Nous devons avoir une vision de justice distributive, et de justice juste. L’UDCO lutte pour un Etat impartial et non partisan, un Etat au service de chacun et de tous. Notre parti s’élèvera contre la privatisation de l’Etat au profit d’un groupe d’individus.
Tout en étant de l’AMP, l’UDCO, selon la ligne de conduite qui est la sienne, continuera à exprimer les joies, les peines, les attentes et les inquiétudes de notre peuple. Mais en plus et mieux, l’UDCO continuera à faire des propositions pour le mieux-être de cette population. L’UDCO lutte et luttera contre la corruption, contre la concussion, le trafic d’influence, le détournement des deniers publics, l’enrichissement sans cause, la mystification, la démagogie et l’hypnotisation de notre peuple. Le peuple ne peut se développer que quand il connaît ses droits et ses devoirs.
L’UDCO s’emploiera à former et informer notre peuple sur ses droits et ses devoirs. A l’UDCO, nous encensons le culte du travail, nous célébrons le culte du beau, le culte du bon et le culte du bien, les trois B, afin d’asseoir le vrai. On sait que seul le travail est libérateur, comme disait Bernard Dadié. Pour nous, il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que des sottes gens. L’UDCO est un Parti Républicain et démocratique. Il n’accepte pas de pensée unique ni la langue de bois. Pour l’UDCO, il ne peut y avoir de démocratie sans démocrates. D’où, la nécessité de cultiver en son sein l’esprit des débats dans la sérénité, dans le respect et la tolérance de l’autre, tolérance envers les camarades, tolérance envers les alliés, tolérance et respect même envers l’opposition. Car, l’opposition est utile à la vie démocratique.
La politique pour l’UDCO, c’est l’art de gouverner 1’Etat selon un idéal éthique. La politique, ce n’est pas garder les yeux rivés sur le passé, la politique, c’est plutôt construire et s’ouvrir sur les solutions d’avenir. Cela demande des propositions, de l’imagination, de la générosité au-delà des lamentations, des jérémiades dont notre peuple commence à en avoir assez. L’UDCO se situera toujours sur le terrain des idées, et des idées à la hauteur de l’enjeu. « L’Enjeu » c’est la République Démocratique du Congo. « L’Enjeu », c’est l’avenir des Congolaises et Congolais, ne l’oublions jamais !
En terme clair, nous ne devons pas faire de la politique pour aligner en un temps record, des immeubles personnels, des Pajeros ou des Prados, ou encore prendre des parts pour nous-mêmes ou nos proches dans des sociétés qui s’installent, dont du reste, les sources de financement sont obscures, mais nous faisons la politique pour répondre aux attentes de notre peuple. La politique est, à nos yeux, un sacerdoce, un travail au service des autres, un travail où l’intérêt général doit toujours primer sur l’intérêt particulier. Autrement, la politique n’aurait plus de sens, ce serait le pouvoir pour le pouvoir. A l’UDCO, on doit faire de la politique et non vivre de la politique
Notre Parti s’est assigné, entre autre, pour mission, d’informer et de former notre peuple sur ses droits et ses devoirs. Devoir par exemple de consolider la paix, l’unité nationale, l’intégrité territoriale, la démocratie, et les institutions issues des élections. S’agissant des droits du citoyen, nous évoquerons particulièrement ceux lies à la propriété privée garantie par notre Constitution. Il est, à nos yeux, déplorable que l’ETAT, sous un prétexte ou un autre, exproprie des populations sans aucune compensation. L’ETAT ne devrait-il pas être le premier à respecter ses propres normes ?
L’Un des 5 chantiers du Chef de l’ETAT est le chantier Emploi. Mais, quand on voit des mesures qui sont prises au niveau des entreprises publiques et au niveau de l’administration publique, on peut se poser des questions si vraiment il y à la volonté d’accompagner le Chef à réaliser le chantier Emploi avant les élections générales de 2011. Tenez : il y a un plan de dégraissage dans beaucoup d’entreprises publiques.
Dans l’Administration publique, par exemple, près de 5.000 fonctionnaires ont été remerciés. Alors que, pour leur remplacement, seuls 500 sont prévus pour l’exercice budgétaire actuel. Encore faut-il que ceux qui ont été remerciés perçoivent leurs droits sans faire trop de marchandages ! Dans l’espoir que chacun de nous fera de son mieux pour accompagner le Président de la République Joseph Kabila à remporté les élections de 2011, nous réitérons nos vœux les meilleurs à chacun de vous. Si DIEU est avec nous, qui sera contre nous ? Je vous remercie.
Daniel Nzuzi/MMC
(DN/Th/Yes)
Last edited: 01/02/2010 17:12:00