Secrétaire Général Adjoint en charge des opérations de maintien de la paix de l’Onu, Alain le Roy, a donné au cours d’une interview accordée à Rfi des précisions en rapport avec la diminution du nombre des casques bleus en Rdc et a fixé l’opinion sur le désengagement de la Monuc.
Au Congo-Kinshasa, les autorités souhaitent que la MONUC commence à se désengager le 30 juin prochain. Qu’en pensez-vous ?
Nous sommes tout à fait d’accord sur la reconfiguration de la MONUC. Nous faisons de la reconfiguration avec l’essentiel de nos forces basées à l’Est. Deuxième point, il faut continuer bien sûr à assister la réforme des services de sécurité. C’est-à-dire la professionnalisation de l’armée congolaise. Troisième point, continuer le renforcement des institutions du pays à l’Est.
Les autorités ne sont pas hostiles pour que vous restiez à l’Est du Congo à condition que vous participiez plus activement aux opérations militaires contre les FDLR ?
C’est ce que nous faisons pour le moment .Tout simplement, la seule limite que nous mettons, c’est le respect des droits de l’homme et le comportement des forces qui sont chargées dans cette opération.
Justement, il y a trois mois, pour répondre aux critiques des organisations humanitaires, vous aviez retiré votre soutien à une unité des FARDC qui avait commis des atrocités sur le terrain. Est-ce que ce n’est pas de la poudre aux yeux ?
Non. C’est montrer les lignes rouges. Nous examinons les litiges unité par unité. Donc, si d’autres cas se présentent, nous pouvons être amenés à suspendre également notre soutien à telle ou telle autre unité. Evidemment, c’est une question d’exigence de la loi.
Depuis un certain temps, vous réclamez que les militaires congolais qui ont commis des tels crimes soient poursuivis et condamnés. Mais où en est-on justement ?
Il y a beaucoup de progrès. Il y a un procureur militaire qui a été nommé à Goma qui fait un travail important. Il traduit des chefs militaires en justice. En tout cas, des efforts sont faits.
Concrètement, qu’allez-vous faire pour protéger les populations civiles qui sont victimes d’atrocités dans l’Est du Congo?
Là, nous allons développer tout un plan plus sophistiqué que nous améliorons chaque jour avec ce que nous appelons des bases temporaires. C’est-à-dire, chaque fois que nous apprenons que dans un village il y a un conflit ou les villageois sont en danger, nous installons une base temporaire pour rassurer la population et pour dissuader ceux qui voudraient semer des troubles d’intervenir.
Nous avons même des fois distribuées des téléphones portables aux chefs des villages pour qu’ils puissent nous appeler dès qu’ils sentent qu’il y a un danger particulier.
Donc nous développons un mécanisme à des différents avantages chaque jour parce que nous devons protéger dans les Kivu, je le rappelle, près de 10 millions de personnes. Seulement pour le Kivu. C’est énorme et nous ne pouvons pas être partout. Mais nous essayons d’être plus mobile que possible.
Est-ce qu’il est mieux que vous vous désengagiez ou au contraire, vous renforciez les casques bleus qui sont autour de 20.000 hommes aujourd’hui ?
Pour le moment ça nous paraît suffisant. Mais, évidemment, nous devons surtout développer la mobilité de ces hommes pour qu’ils puissent intervenir le plus rapidement possible lorsqu’un village ou une communauté est menacée.
En clair vous ne souhaitez pas un désengagement à partir du 30 juin ?
Oui, nous sommes prêts. Nous avons dit que la situation s’est très bien améliorée par rapport à l’année dernière. Nous venons par rapport à la volonté des autorités congolaises de réfléchir à une réduction de nos forces. Simplement, nous sommes en discussion avec elles pour mettre un accent sur la protection de la population civile.
Et de façon progressive et pas vite. C’est ça ?
Bien sûre. Nous ne parlons pas de retrait. Nous parlons de diminution progressive.
(TN/Yes)
Last edited: 01/02/2010 13:37:14