Sous l’intitulé « Ressaisissons-nous, Appel pathétique de Monsieur l’Abbé Oswald Bagaza Bala, Ambassadeur Humanitaire, aux Equatoriens », un vibrant appel sous forme d’un alarmant message S.O.S. est lancé par l’auteur ci-dessus indiqué à l’intention des ressortissants de l’Equateur sans considération de leurs tendances politiques et qui sont ainsi interpellés pour sauver leur province. Il s’agit d’un saisissant document qui présente une situation dramatique de l’Equateur plaçant cette province carrément à la queue de la marche de la RDC, selon le prêtre séculier Bagaza lui-même originaire du milieu sur lequel il attire l’attention.

Pour l’Ambassadeur Humanitaire officiel de la RDC, il est temps et urgent que les ressortissants de l’Equateur regardent la réalité de leur province en face, et arrêtent de se distraire dans des querelles byzantines et de clocher qui les déchirent souvent autour des fauteuils politiques ou autres et quelconques préséances. Le spectacle trop offert public de ces déchirements frise un scandale intolérable même pour la jeunesse de l’Equateur que l’on risque de pousser à la révolte contre leur establishment régional, surtout les affichés acteurs politiques aux ambitions qui ne s’avèrent pas coller avec les attentes concrètes des populations dont la paupérisation s’étale au grand jour.

Le comportement apparemment distrait qu’affichent donc les cadres équatoriens détourne en fait leur attention des cruciaux problèmes qui se posent dans la province de ce fait vouée à sombrer au bas de l’échelle du développement du pays. M. l’Abbé Bagaza prend le courage de dresser le sombre tableau de l’état des lieux de l’Equateur presque sans état d’âme, non pour simplement choquer les esprits, mais pour éveiller ceux qui s’abandonnent à la perte de vue et à l’oubli inconscient de la réalité.

Compte tenu de l’importance et de l’intérêt de l’alarment document, Digitalcongo.net le publie dans son intégralité en dépit de sa redondance, parce qu’il est utile que le grand public saisisse aussi la gravité de la situation présentée, de sorte que l’interpellation éveille aussi plus de sens de responsabilité dans les cercles de ceux qui prétendent prendre conscience et être investis de mission de conduire les populations auprès desquelles ils ont conquis des suffrages pour les diriger. Voici donc le sulfureux dossier dont l’intérêt dépasse d’ailleurs le seul cadre de la province de l’Equateur pour déborder sur l’espace national de toute la République du Congo, tant ce qui concerne une partie du pays le touche aussi dans son ensemble.

 
« Plaidoyer auprès des Ressortissants de l’Equateur, des Hommes et Femmes de bonne volonté pour la concorde et pour un meilleur avenir de la Province de l’Equateur, commence par écrire l’Ambassadeur Humanitaire Abbé Oswald Bagaza dans son message pour poursuivre comme suit : Nous nous sommes posé les questions que voici : Où se trouve cette province, dans quel état et dans quelles conditions ? Où se classe-t-elle par rapport aux autres provinces du Congo ? Pourquoi se classe-t-elle à telle ou telle Place ? Que pouvons-nous faire aujourd’hui pour notre Province, chacun dans son milieu de Vie et à son niveau ? Que pouvons-nous et devons-nous faire ensemble ? » S’interrogent nos Evêques de l’Equateur

Liminaire

0.    Depuis Janvier 2008, la suspension de son Gouverneur élu, José MAKILA,  est venue mettre à nu le malaise qui couvait au sein des institutions de la province de l’Equateur. La déchéance de ce dernier doublée des accusations de mauvaise gestion  des deniers publics portées contre le Vice- Gouverneur et Gouverneur  a.i. et le Bureau de l’Assemblée Provinciale, ont rendu le climat  davantage sulfureux.

1.    Bien d’incidents ont honteusement émaillé le déroulement de la législature actuelle dans la province : de rixes publiques entre certains membres des institutions provinciales, des insultes et voies de faits que se sont proférées les uns et les autres dans les médias, des candidatures en ordre dispersé au sein d’un même parti frisant l’indiscipline et le désordre laissant ainsi perplexes les sympathisants, des alliances contre nature etc… ont  terni l’image du citoyen « équatorien ».

2.    Il est vrai que par essence, la démocratie alimente et encourage la divergence d’idées en ce qui concerne la gestion de la res publica, mais lorsque le débat cortical d’idées pour le développement de la Province a été supprimé et remplacé par la force musculaire, la capacité de nuisance politicienne ainsi que des querelles puériles de positionnement…, il y a lieu de nous arrêter momentanément pour nous interroger sur ce que nous voulons faire de notre province, notre alma mater.

3.    Nous restons convaincu que l’organisation de l’élection du nouveau Gouverneur avec tout ce qui a entouré ce processus jusqu’au jour d’aujourd’hui, mais, marquant un tournant décisif de l’histoire de notre Province,  nous offre ici une occasion en or de taire nos intérêts individuels et/ou partisans pour penser aux intérêts de l’ensemble des fils et filles de la province.

4.    Il est temps que l’élite de l’Equateur parle d’une même voix et agisse pour le bien de nos frères et sœurs qui croupissent dans une misère indescriptible. Que chacun de nous, à son niveau de responsabilité et quelle que soit son appartenance politique privilégie la restauration de l’image de notre chère province.

5.    Voilà pourquoi, subsidiairement à notre double qualité de prêtre, faisant échos du Magistère ainsi que des déclarations de la CENCO ( Conférence Episcopale Nationale du Congo) et de l’AEPM (Assemblée Episcopale Provinciale de Mbandaka) en vertu de la mission prothétique de l’Eglise, mais aussi et surtout en notre qualité d’Ambassadeur Humanitaire redoutant les crises humanitaires auxquelles pourraient conduire d’éventuels dérapages, assumons solennellement nos responsabilités pour nous adresser à vous.

6.    Cessons de nous administrer des coups bas mais attaquons-nous aux vrais défis relatifs au développement de notre province. Le reste de la nation et du monde nous observe et nous n’avons plus aucune excuse.

Sens de la Nation, Raison d’être de la politique et défi du développement

7.    L’un des mérites les plus unanimement reconnus et acclamés de la deuxième République, c’est celui d’avoir réussi à briser les barrières tribalo-ethno-régionalistes très accentuées à la veille et au lendemain de l’indépendance et d’avoir forgé l’unité nationale. Aujourd’hui, il est indéniable que la nation congolaise est une et indivisible. Nous devons préserver cet acquis qui nous a permis jusque là de faire échec aux multiples velléités de balkanisation du pays même de la part des grandes puissances.

8.    Cette vérité doit également être vécue au niveau de nos provinces. Autant nos provinces doivent continuer à se montrer hospitalières envers les congolais de quelle origine que ce soit, autant elles doivent s’efforcer, par un niveau de développement acceptable, de réduire autant que possible les écarts entre elles pour offrir aux congolais les mêmes conditions partout à travers le pays. En d’autres termes, le congolais qui quitte sa province d’origine pour une autre, devrait y trouver les infrastructures et facilités similaires. C’est le rôle des dirigeants politiques d’assurer que ceci soit chose faite.

9.    L’art de gouverner la cité ne peut être réduit à une simple opportunité à se remplir les poches et à servir les membres de sa famille biologique et/ou politique. Faire la politique c’est avant tout avoir une vision progressiste pour sa Nation et pour sa Province. Il est immoral en démocratie de chercher le vote des citoyens pour servir ses intérêts égoïstes. L’action du politique doit avoir comme but ultime le progrès de la communauté, celui de la collectivité et celui des hommes et femmes qui y vivent.

10.    En effet, depuis la nuit des temps, l’homme, créature par excellence de Dieu a toujours aspiré à des meilleures conditions de vie. Des premières tentatives d’organisation des sociétés primitives à l’émergence de l’Etat moderne, l’amélioration des conditions de vie des populations a toujours été le point de mire de toute action politique. Le développement constitue donc  la raison d’être et la finalité de l’action politique.

11.    Le politicien qui accède au pouvoir devrait avoir comme ambition première celle d’apporter des solutions aux multiples problèmes de sa collectivité. Ainsi, devrait-il se poser chaque fois, statistiques à l’esprit, la question de savoir combien de personnes de plus, sous son mandat, ont eu accès à l’eau potable, à l’électricité, aux soins médicaux adéquats, à l’éducation, au transport, aux emplois rémunérateurs, aux logements décents, à une alimentation saine et équilibrée ….

12.    C’est cela à notre point de vue, le sens de la nation, la raison d’être de la politique et le défi du développement dans le contexte de la situation socio-économique qui prévaut dans la Province de l’Equateur et qui devrait interpeler  et guider quiconque aspire à détenir ou détiendrait  une parcelle de pouvoir ou encore pouvant positivement influencer le cours des événements dans cette partie du pays.

14.     Voila pourquoi l’Eglise pense que : « Tous les chrétiens doivent prendre conscience du rôle particulier et propre qui leur échoit dans la communauté politique : ils sont tenus à donner l’exemple en développant en eux le sens de responsabilité et du dévouement au bien commun ; ils montreront ainsi par les faits comment on peut harmoniser l’autorité avec la liberté, l’initiative personnelle avec la solidarité et les exigences de tout le corps social, les avantages de l’unité avec les diversités fécondes. En ce qui concerne l’organisation des choses terrestres, qu’ils reconnaissent comme légitimes des manières de voir par ailleurs opposées entre elles et qu’ils respectent les citoyens qui, en groupe aussi, défendent honnêtement leur opinion. Quant aux partis politiques, ils ont le devoir de promouvoir ce qui, à leur jugement, est exigé par le bien commun ; mais il ne leur est jamais permis de préférer à celui-ci leur intérêt propre. »

Rappel de la situation socio-politique de la province de l’Equateur

15.    Sans commentaire de notre part, nous voulons ici rappeler à la sagacité de l’esprit la situation sociopolitique de la Province ayant fait l’objet de plusieurs analyses, messages, débats à travers la presse tant audiovisuelle qu’écrite
16.    La situation politique de la Province de l’Equateur se résume mieux dans ce constat amer fait par les  Evêques de la province ecclésiastique de Mbandaka dans leur déclaration  du  1er  mars 2009 : d’une part « …il est étonnant de constater que par rapport aux autres provinces du pays,  la Province de l’Equateur est la dernière ou l’avant-dernière des toutes et en tout point de vue. En d’autres termes, la pauvreté de la Province de l’Equateur dépasse celle des autres provinces …. Dans toute la République Démocratique du Congo, l’Equateur est la Province la plus touchée par la pauvreté monétaire. Le taux de pauvreté y est de presque 94% »  et d’autre part … Certains parmi ceux qui détiennent le pouvoir n’aiment plus s’associer aux autres dans la recherche de la promotion de l’Equateur. Leurs défauts : la jalousie, la haine, la déloyauté, la duplicité, le mensonge, les critiques mutuelles, la calomnie, le commérage, le fait d’inoculer dans le peuple le sentiment de division entre le Nord-Sud, l’exclusion, l’assassinat etc…

17.    Comme dit en liminaire, cette situation s’est empirée avec la crise institutionnelle multiforme qui y a élu domicile depuis la motion de défiance contre le Gouverneur sortant José MAKILA. En effet, à la lecture de la presse nationale, à l’écoute des diverses opinions depuis « la crise Makila » sus évoquée, commencée par la création d’une commission d’enquête  parlementaire de l’assemblée nationale  dont les conclusions ont fini par l’incriminer, suivi de la motion de défiance contre lui par une frange de Députés provinciaux ayant conduit à sa démission, la situation ne fait qu’aller de mal en pis.

18.    L’intérim du Vice Gouverneur qualifié d’anti constitutionnel par certains n’a été de tout repos, de tout apaisement et de toute concorde. D’un côté, les efforts des uns pour asseoir  le « nouveau régime » et les contre attaques des autres pour le déstabiliser l’ont été de bonne guerre ; à ce jour l’on assiste tour à tour à des plaidoyers, à des publicités et à des campagnes médiatiques tous azimuts de soutien. De l’autre côté, des démentis, des dénonciations, des contre vérités ont été déployées de toute part comme pour remettre la pendule à l’heure. La ferme détermination de part et d’autre a fini par prendre corps, se formaliser et s’incarner socialement et politiquement.

Des langages et des pratiques politiques rappelant une certaine époque de triste mémoire ont vite fait de ressurgir  tels : clivage Nord-Sud Equateur, tribu majoritaire et tribu minoritaire, peuple civilisé et peuple arriéré, des pro et anti Bemba, des pro et anti Kabila, des traitres, des « vendeurs » de la Province, avec comme corollaires des incriminations et des accusations gratuites de tous ceux taxés d’accointance avec l’une ou l’autre tendance…

19.    La radicalisation de cette crise sur le plan institutionnel n’a pas tardé d’éclater au grand jour. En effet, le remaniement de l’Exécutif provincial qualifié d’anti constitutionnel à tort ou à raison par  les uns et les autres, la reconfiguration au grand jour au sein de l’Assemblée Provinciale avec l’émergence d’un ensemble éclectique dit « Groupe  des Députés acquis au changement », la gestion de la Province considérée comme étant concentrée entre les mains d’une frange du personnel administratif inféodé et des Députés favorables au « nouveau régime », les rancœurs continuellement entretenues, les frustrations subies par les uns et les autres se sont vite muées en des dénonciations, des diffamations, des attaques personnelles, des injures et grossièretés, des blasphèmes… L’occasion faisant le larron, des commissions d’enquêtes, des missions d’audit ont été vite initiées et n’ont fait que se succéder à toutes fins utiles.

20.    Par voie de conséquence, la Province de l’Equateur a fini par être la première à brandir au grand dam de la communauté locale,  nationale et internationale les pires spectacles de gouvernance : bagarre publique entre Membres de l’exécutif provincial et de l’Assemblée provinciale ; Actions et entreprises contraires à la dignité et à l’honneur de leurs fonctions ; disputes et injures sans vergogne à l’Assemblée provinciale entraînant une intervention musclée des forces de l’ordre et sa fermeture momentanée par voie de conséquence, controverse et bras de fer entre l’Exécutif provincial et  le Sénat dans une diatribe sans pareille et dans un cafouillage sans merci autour de la mission d’enquête de ce dernier dans la Province, des actes dits d’abus de pouvoirs et de règlements de compte savamment rangés n’ont pas tari de susciter des commentaires en tout sens. Il faut malheureusement reconnaître que la guerre médiatique à laquelle les protagonistes se sont livrés et se livrent encore soit personnellement, soit par personnes interposées, ne contribue guère à l’apaisement que nous appelons de tous nos vœux.

21.    Des simples citoyens, militants des partis politiques aux illustres personnalités, personne n’a été épargnée dans ce rocambolesque cinéma. Manipulées, instrumentalisées voire ciblées à tort, des confessions religieuses et autorités morales de l’Eglise n’ont pas non plus été ménagées. Dans ce contexte, même des voix se sont levées pour  accréditer la thèse de la déstabilisation de la province à partir de Kinshasa soutenue par quelques observateurs 

Que devons-nous faire : Assez-Assez-Assez, nous devons nous ressaisir et le temps est notre plus grand ennemi

22.    Si le conflit interethnique entre deux petites tribus,  « Enyele et Munzaya » a replongé la Province dans le spectre des conflits armés, à plus forte raison des tensions entre grandes personnalités, partis politiques, Institutions et j’en passe…

23    Aux uns et aux autres nous recommandons, sans autre forme de procès de faire leur ce proverbe mongo : «  Nsukea lilako oo tsika » (il n’y a pas de meilleur conseil que la recommandation d’arrêter, de cesser, de stopper).
C’est seulement, pensons-nous, qu’en observant scrupuleusement ce proverbe que nous épargnerons le pays de voir sa balkanisation se matérialiser à partir de notre Province et d’assister à diverses pertes même en vies humaines que préfigurent malheureusement toutes ces escalades.

Au Gouverneur élu de l’Equateur

24.    A une année et demi de la fin de la législature et au regard de tout ce qui précède, le Gouverneur élu, désormais Père de la province, doit répondre au critère de Rassembleur et devra s’attaquer aux tâches les plus essentielles dont :
-    mettre fin aux clivages ethniques, tribales, polaires (Nord-Sud) et multi générationnels (nouvelle génération et vieille gloire), tout en encourageant les diversités d’opinions politiques. Ici, le premier geste le plus éloquent attendu de lui dans ce sens est celui d’un Gouvernement de large ouverture qu’il a proposé et qui doit se matérialiser dans des ramifications plus profondes ;

-    convoquer un forum qui aura deux principaux objectifs :
1°. La réconciliation des fils et filles de l’Equateur
2°. La tenue des états généraux sur la province qui déboucheront sur des recommandations sous forme d’un cahier de charge duquel les Gouvernements provinciaux successifs puiseront leurs programmes

-    jeter les bases du développement durable et créer un climat propice à l’investissement par la réhabilitation de l’administration provinciale,  la mise sur pieds des instruments indispensables à une gestion saine, transparente et efficiente, l’instauration de la bonne gouvernance, la lutte contre l’impunité, la corruption et le détournement des biens et deniers publics…Le désenclavement de la province par rapport à elle-même et par rapport au reste du pays doit être inscrit parmi les priorités.

Aux députés Provinciaux

25.    Confiant et croyant en votre « dynamicité » de personne humaine, capable d’incarner le Bien Suprême dont vous êtes porteurs  en germe, nous ne pouvons que vous accorder de nouveau des préjugés favorables en espérant que vous allez vous ressaisir et faire œuvre utile subséquemment à votre mandat et conformément à la volonté de vos mandants. Vous portez la lourde responsabilité de faire toujours de votre vote  « le vote utile » tant attendu de vous pour donner à la Province des Personnes et des Instruments dignes de bonne gouvernance, porteurs d’espoir et du renouveau. L’occasion vous est désormais offerte de vous débarrasser d’étiquettes impropres  vous collées pour ne rapporter ici que ce qui se dit négativement de vous et dont vous n’êtes pas ignorants.
Chers Honorables, ressaisissez-vous et rejouez à plein votre rôle

Aux Ressortissants et Sympathisants de la Province de l’Equateur et aux Habitants de la Ville de Mbandaka

26.    A nous tous, toutes catégories, toutes tendances politiques et confessionnelles confondues, l’occasion nous est offerte de réévaluer nos actions passées, d’en tirer les leçons qui s’imposent impérativement à nous  au regard du passé tumultueux que nous venons d’évoquer afin d’envisager l’avenir avec sérénité à travers les actes que nous devrons désormais poser. L’activisme des uns, la léthargie, la résignation et l’indifférence des autres nous ont immanquablement conduit au résultat que nous déplorons tous aujourd’hui. Il y a encore lieu et davantage de chance pour capitaliser tout ce qui peut nous unir et nous aider à aller de l’avant.
Ressaisissons-nous et attelons-nous-y sans relâche

Aux Autorités du pays

27.    Nous exprimons toute notre profonde gratitude pour tous les efforts fournis et sacrifices consentis. Des sources crédibles, il nous revient que la Province de l’Equateur serait, si pas la première, parmi les toutes premières à bénéficier du pourcentage le plus élevé de la rétrocession, soit 20 % ; elle est en outre l’une des rares à faire l’objet d’une attention particulière de la part des Institutions centrales en matière de stricte application des mesures d’encadrement. Point n’est besoin de rappeler ici que c’est l’unique Province à avoir reçu les missions d’enquête et d’audit de toutes les Institutions nationales compétentes au moindre chuchotement de dénonciation :

-    Commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée Nationale sur le Présumé détournement du Gouverneur sortant José MAKILA
-    Commission d’enquête parlementaire du Sénat sur la mauvaise gestion présumée du Vice Gouverneur et Gouverneur Ad intérim Jean Claude BAENDE
-    Mission d’audit de la Cour des Comptes
-    Mission de contrôle de l’Inspection Générale des Finances

28.    La stricte application des prescrits de la constitution sans atermoiement, déguisement ou manœuvre dilatoire ou fioriture comme préfiguration à la tolérance zéro:
-    Acceptation de la motion de défiance contre le Gouverneur sortant, suivie de sa démission ;
-    Organisation de l’élection du Nouveau Gouverneur  etc …

29.    Curieusement et paradoxalement, la Province de l’Equateur reste la Province la plus pauvre avec un taux de pauvreté estimée à 94 % et la moins gouvernée avec des institutions instables et déstabilisables ad notum.
30    Que Chaque Institution nationale administre ces dépendants dans la Province à travers les canaux et mécanismes administratifs classiques avec un esprit républicain et non par procuration à travers des personnes interposées, prenant en otage ou divisant la population. Le jeu démocratique doit se pratiquer à fond, dans la transparence et dans la tolérance mutuelle. Que soit considéré comme révolu le temps du clientélisme, du népotisme, du trafic d’influence, du régionalisme, du tribalisme, du Kabilisme, du Bembisme… de triste mémoire.

31.    Le pays sort d’une longue épreuve des conflits déchirants dont la Province n’a pas été épargnée, le conflit interethnique entre « Enyele et Munzaya » nous y a replongés et nous colle encore à la peau. Des élections démocratiques ont été organisées et dont tout le monde a reconnu les résultats. Même le Sénateur Jean Pierre BEMBA, candidat malheureux à l’élection présidentielle avait  promptement reconnu les Institutions en place. Il est ici l’occasion de sortir des clivages, de la personnalisation du pouvoir et du culte des individus, mais aussi de respecter la volonté populaire qui se traduit à travers le vote de ses représentants.

32.    Le pays s’est doté d’un Chef d’Etat démocratiquement élu et reconnu par tous, donnons-lui la chance de gouverner correctement le pays et de donner à chaque citoyen, de quelle province qu’il soit, de quelle tendance politique fût-il, de se sentir sécurisé et administré. Il y a une opposition reconnue constitutionnellement  et en voie de structuration, donnons-lui aussi la chance d’user des moyens légaux mises à sa disposition pour faire démocratiquement le contrepoids du pouvoir. Et qu’enfin, le Peuple, Souverain Primaire, soit mis dans les conditions idéales de  savourer la démocratie et l’Etat de droit ainsi que d’apprécier objectivement la réalisation du projet de société pour lequel il avait librement souscrit par son suffrage.

D’où le secours nous viendra-t-il ?
- De nous-mêmes.
Souvenons-nous de la déclaration de notre Doyen : « …Nous, les Ressortissants de l’Equateur nous avons le mérite d’être considérés par les autres comme des Grands politiciens, mais ce qui nous fait défaut ce sont nos divisons internes. Il ne nous reste plus qu’à  transcender nos clivages. Ressaisissons-nous et transcendons nos clivages

- De la Sagesse traditionnelle
« Mwana Moke abetaka mbonda pe bakolo babinaka ». (Les adultes peuvent danser au rythme du tam tam du cadet) ; « Monoko ya mokolo elumbaka solo kasi ebimisaka maloba malamu » (La bouche du vieillard sent mauvais, mais elle prononce des bonnes paroles). Ressaisissons-nous, revenons à nos sources et transcendons nos conflits de générations

- Des nos Pères les Evêques
Par la « Conscience Equatoriale je veux dire : d’où qu’on vienne, qui qu’on soit, qu’on ait comme finalité dans tout ce que l’on peut entreprendre que L’Equateur et la promotion de ses Filles et de ses Fils » Ressaisissons-nous et reforgeons notre conscience

- Du Magistère
Ceux qui sont, ou peuvent devenir, capables d’exercer l’art très difficile, mais aussi noble, de la politique, doivent s’y préparer ; qu’ils s’y livrent avec zèle, sans se soucier de leur intérêt personnel ni des avantages matériels. Ils lutteront avec intégrité et prudence contre l’injustice et l’oppression, contre l’absolutisme et l’intolérance, qu’elles soient le fait d’un homme ou d’un parti politique ; et ils se dévoueront au bien de tous avec sincérité et droiture, bien plus, avec l’amour et le courage requis par la vie politique.  Ressaisissons-nous et faisons du bien commun le point de mire de nos actions politiques

- De la Bible
Aux jeunes turcs, pleins d’énergies et débordant d’ambitions, l’épitre aux Hébreux nous recommande ceci : «  Souvenez-vous de ceux qui vous ont dirigés, imitez leur foi » (He 13, 7 …)
- Souvenons-nous du Président Joseph KASAVUBU avec son sens élevé du Bien commun
- Souvenons-nous du Nationalisme de Patrice Emery LUMUMBA
- Souvenons-nous du Président Joseph Désiré MOBUTU sa détermination pour consolider l’unité nationale
- Souvenons-nous du Président Laurent Désiré KABILA pour son amour indéfectible de la Patrie, ne jamais trahir le Congo et pourquoi pas sa Province
- Souvenons-nous du Feu le Cardinal ETSOU NZABI BAMUNGWABI, initiateur de la Conscience équatoriale pour son attachement indéfectible à sa chère Province

Aux Vieux loups, l’Ancien Saint Pierre déclare : Je m’adresse à ceux qui exercent parmi vous les fonctions d’anciens, car moi aussi je fais partie des anciens … Soyez le berger du troupeau qui vous est confié ; veuillez sur  lui, non par contrainte, mais de bon cœur, comme Dieu le veut, non par une misérable cupidité, mais par dévouement, sans commander en maître à ceux dont vous avez la charge … » (1 P 5, 1-4)

Enfin, Avec Saint Paul, « je vous exhorte donc, mes frères, par la miséricorde de Dieu, à vous offrir vous-même en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu… Et ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui est parfait, ce qui est capable de plaire à Dieu » (Rom, 12, 1-3). Ressaisissons-nous, dépassionnons nos débats et avançons ensemble dans la concorde vers le bonheur éternel

Conclusion

33.    Chers frères et Sœurs politiciens de l’Equateur toutes tendances et générations confondues et principaux acteurs ou courroie de transmission de la crise politique actuelle dans la province, Chers frères et Sœurs Ressortissants, sympathisants  de la Province de l’Equateur et Habitants de la Ville de Mbandaka, Chers frères et Sœurs Hommes et Femmes de bonne volonté, de tout ce qui précède, cette crise interpellatrice et non insurmontable, nous invite à assumer notre responsabilité pour concrétiser le renouveau de notre Province comme à travers une douleur d’enfantement et avec Saint Paul allons-y avec détermination, courage, foi et espérance dans la charité, car comme il le dit :
34.    « J’estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous. Car la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu : si elle fut assujettie à la vanité, -non qu’elle eut voulu, mais à cause de celui qui l’y a soumise, - c’est avec l’espérance d’être elle aussi libérée de la servitude de la corruption ou entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu.

Nous le savons en effet, toute la création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement. Et non pas elle seule : nous même qui possédons les prémices de l’esprit, nous gémissons nous aussi intérieurement dans l’attente de la rédemption de notre corps. Car notre salut est l’objet d’espérance ; et voir ce que l’on espère, ce n’est plus l’espérer : ce qu’on voit, comment pourrait-on l’espérer encore ? Mais espérer ce que nous ne voyons pas, c’est l’attendre avec constance. Pareillement l’Esprit vient au secours de notre faiblesse car nous ne savons que demander ou prier comme il faut ; mais l’esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables, et celui  qui sonde les cœurs sait quel est le désir de l’esprit et que son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu. » (Rom, 8, 18-27)

YES, WE CAN
Paix à la RD CONGO
Prospérité à la Province de l’Equateur
Et que Dieu nous bénisse Tous
Fait à Kinshasa le 22 Janvier 2010
Abbé Oswald BAGAZA BALA, Ambassadeur  Humanitaire

Texte présenté par Daniel Nzuzi/ MMC


(DN/Yes)