Le coordonnateur adjoint du Comité scientifique du Commissariat général du Cinquantenaire (CGC) de l’indépendance de la RDC, ci-devant M. Jean-Pierre Mutamba, parle de l’organisation de ce jubilé d’or du Congo démocratique ainsi que l’édification que l’on tient à faire tirer de cet événement
1. En tant que coordonnateur adjoint du Comité scientifique, pouvez-vous expliquer le contexte de la création du Commissariat général du Cinquantenaire ?
Jean Pierre Mutamba : Comme vous savez, tout anniversaire se fête. A chacun de donner le sens qu’il veut à cet anniversaire. Mais il y a un trait commun aux anniversaires tel que celui que nous allons célébrer qui est un jubilé d’or. 50 ans dans la vie d’un homme ou d’un Etat est un moment extraordinaire pour un questionnement, un positionnement et une projection. Et ç’est justement ce que nous voulons faire.
2. Une telle célébration exige quand même beaucoup de moyens que le pays n’a pas, particulièrement en moment de crise internationale ?
Justement l’avantage d’avoir ces difficultés est que vous avez une piste de solutions. Quand quelqu’un a des problèmes et qu’il ne sait pas d’où viennent ces problèmes comment ils se présentent, il lui sera difficile d’y trouver des solutions. Or nous, nous disons que notre pays a des problèmes, que notre histoire est difficile et que notre passé est douloureux... Aujourd’hui, nous disons que la célébration de cette année jubilaire ne va pas nous servir que de fête. Bien au contraire c’est une période que le chef de l’Etat a voulu qu’il soit un moment de questionnement.
Donc pendant une année, nous allons nous poser des questions du genre : qu’est-ce qui s’est passé ? Où sommes-nous ? Sommes-nous sur la bonne voie ? Devons-nous changer de voie ? Les gens doivent se poser réellement des questions pour dire s’ils sont réellement contents de leur état et comment faire pour changer leur état. En réalité, nous sommes en train de préparer les 50 autres années qui vont suivre. Qu’est-ce que nous allons léguer à ceux qui seront vivants dans les prochains 50 ans. Et peut- être au 60ème anniversaire, soit dans dix ans, nous ferons un autre bilan pour voir si les résolutions que nous allons prendre à l’occasion du cinquantenaire nous auront permis de faire un vrai bond vers le futur.
3. Ça ne sera pourtant pas la première fois que les Congolais se questionnent sans succès?
Cela fera aussi partie des questionnements. Nous allons nous demander pourquoi la Conférence nationale souveraine, les tables rondes, les négociations et rencontres, le Dialogue inter congolais… n’ont pas pu donner les résultats escomptés ? Aujourd’hui, la question est justement à ce propos. A mon humble avis, si on ne réussissait pas, c’est parce que les politiciens ne se mettaient pas à réfléchir pour trouver des solutions en ayant des avis de la population. Mais aussi parce que les gens ne cherchaient pas à savoir si le président, le premier ministre, le ministre, le gouverneur a bien travaillé.
Cette fois-ci, ce n’est pas le cas. Nous voulons que les politiciens, les journalistes, les médecins, les ONG, les enseignants, les infirmiers, les fonctionnaires… tout le monde s’interroge sur lui, sur son bilan, sur son travail et non sur ce que les autres ont fait. Que les gens se disent qu’est-ce que nous avons fait ? Car le Congo ne devrait pas continuer, 50 ans après, à dire que si ça ne va pas, c’est parce que les Belges nous avaient mal colonisés que c’est la faute de la Banque Mondiale.
Nous devrons désormais nous poser la question de savoir ce que nous avons et ce que nous n’avons pas fait pour montrer que nous avons telle ou telle autre richesse... Le questionnement est ici une autocritique et un point d’arrêt à tous les niveaux. C’est pourquoi, le Commissariat général du Cinquantenaire a été créé en dehors de tous les systèmes qui existent à ce jour. Il est en dehors du gouvernement et même la Société civile.
4. Quelles sont alors ses missions?
Les missions assignées au Commissariat général du Cinquantenaire sont de jeter les bases du développement futur de la République du Congo dans tous les domaines, d’assurer l’organisation des manifestations officielles relatives au cinquantenaire de l’indépendance du Congo, de coordonner les initiatives publiques, privées et communautaires relatives à la célébration du cinquantenaire et enfin, et c’est très important, de reconstituer la mémoire collective du peuple congolais.
5. Quels sont les organes du Commissariat général du Cinquantenaire ?
Le Commissariat général du Cinquantenaire comprend trois organes : le Comité d’honneur composé du président de la République, du premier ministre ainsi que de certaines personnalités congolaises ou étrangères désignées par le chef de l’Etat. Il a pour mission de fixer les orientations générales de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance nationale et d’en évaluer l’exécution par tous les autres organes du Commissariat général du Cinquantenaire. Ensuite vient le Comité scientifique, organe délibérant, chargé d’élaborer, de valider et d’assurer le suivi du programme général des manifestations.
Il est composé d’un coordonnateur assisté d’un coordonnateur adjoint et de membres. C’est ici que se fait le gros du travail, qui est enfin envoyé au Comité exécutif ou d’initiative pour application. Celui-ci est chargé de poser tous les actes matériels relatifs à l’organisation du cinquantenaire, en exécution des orientations et options levées par le Comité Scientifique. En réalité, compte tenu de l’impératif du temps qui ne joue pas en notre faveur, nous travaillons tous ensemble, Comité scientifique et Comité exécutif en attendant que l’un et l’autre organes soient totalement composés. Mus par la même volonté de réussir, nous le faisons dans un parfait esprit d’équipe.
Tirées De Pendro/Le Potentiel
(DN/Th/GW/Yes)