Quels sont les centres d’in­térêt du Crasa dont vous êtes le directeur au Congo ?
Les principales activités du Crasa consistent en la fabrication de masques et la formation à l’art du théâtre avec la possibilité de résidence des artistes.

« Nous for­mons des jeunes afin de mener le théâtre vers la population pour qu’il serve de moyen d’éducation populaire et de développement. Le Crasa ouvre un chantier de pré­servation des objets d’art du théâ­tre et surtout les objets anciens. Au lieu du théâtre écrit, nous utili­sons les matériaux comme les masques qui sont les éléments premiers de notre identification africaine ».

Que représentent les mas­ques et les marionnettes ?
Les masques et les marion­nettes symbolisent un personnage permanent. Dans certaines tribus, le masque se rattache a des com­portements et a certaines élites.

C’est une sorte de personnifica­tion des caractères sociaux. Il n’y a pas de société ni de civilisation sans masque. L’homme a depuis longtemps vécu avec le masque comme représentation de son univers.

Les masques ne sont pas une importation de la colonisation. Au contraire, lorsque les colons sont arrives, ils ont considéré ces objets de notre culture comme des fétiches. Au Congo au 18ème siè­cle, les colons ont emporté plu­sieurs masques et autres objets pour brûler.

Un siècle plus tard, ces objets dits primitifs ont été retrouvés exposés au musée de Tervuren en Belgique, à la section baptisée musée de l’Afrique cen­trale.

Les Africains accordent-ils encore de l’intérêt aux masques et marionnettes ?

Les Africains y accordent de l’intérêt, comme objet religieux, mais pas comme objet d’art, ils le considèrent comme une partie d’eux-mêmes.

Chez certains, les masques sont des objets fonction­nels, ils ont des fonctions socia­les liées à l’agriculture, à la vie du village, à la pêche.

Dans certai­nes régions, un masque planté en forêt est une invocation à l’abon­dance de cultures, pour éviter les disettes. C’est à partir du 19ème siècle, avec la création des éco­les d’art par les colons, que le masque a été considéré comme objet d’art.

Quel est le véritable pro­blème rencontré dans la promo­tion des oeuvres d’art africain ?
Il y a un gros problème de financement. Dans nos pays, il n’existe pas de budget pour la pro­motion des masques et marion­nettes.

Il n’y a pas de musée pour préserver ces œuvres  qui portent notre culture, et empêcher sa dis­parition afin qu’elles servent aux générations futures.

Mathias Mouendé Ngamo/Uhuru


(Ern/BT/PKF)